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 loubane #2 + nothing's ever wrong

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Lou Aberline
Lou Aberline
l'indomptable
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ÂGE : 33 ans (29/10/88), ironique de se dire qu'elle risque de battre Jésus au jeu de la longévité
SURNOM : Aberline, avec un soupir d'exaspération.
STATUT : S'il approche de trop près il pourrait bien finir comme Anakin, sauf qu'elle tient plus de Palpatine que de Padmé.
MÉTIER : Boss @the Hive since 2019. Toujours entre le BB-8 et l'arrière de la voiture de Sol.
LOGEMENT : #302 orchid street, redcliffe : un duplex avec vue juste pour elle et Tiny, le chien aux gros problèmes d'agressivité qu'elle vient d'adopter (elle est juste incomprise, elle vous dira)
loubane #2 + nothing's ever wrong 679ae78f2537abc0a22a623f3712c4655c548f76
POSTS : 3643 POINTS : 0

GENRE : Je suis une femme
ORIENTATION SEXUELLE : J'aime tout le monde.
PETIT PLUS : Son vrai nom est Grimes, comme le cabinet d'avocats. Tombée dans la drogue à 16 ans. Ses parents lui ont coupé les vivres après une overdose. Ex-escort, ex-dealeuse pour le Club. Sous protection policière de 2015 à 2018. Désintox en 2017. Crée la Ruche en 2019. Tue une de ses mules en 2021. Depuis, c'est l'escalade (vers le bas). A un demi-frère, Lawrence, né d'une infidélité de son père. Teigne bornée manipulatrice et revancharde, junkie à temps plein, rêve de grandeur en creusant sa tombe.
RPs EN COURS : Mitchell #4 (fb) - Joseph #5 - Lawrence #3 - Albane #2 - Prim - Anwar - Lawrence #4 - 7/7

loubane #2 + nothing's ever wrong ImKlFTg
STRANGERLINE ► You can drink, you can feast, There's beauty in your beast, The flesh in the fruit and the blood in the wine

loubane #2 + nothing's ever wrong VTfCQef
SOLOU ► You are a dangerous flame there's no end to the fall, You keep on getting better, I keep forgetting there's no love in the end, I hope you will come I keep on losing feathers, I keep forgetting there's no love in the end

loubane #2 + nothing's ever wrong 2S314cq
LOURENCE ► He told me I belong in a churchyard, Hate followed him gently, Black seeds in his heart, Roots tearing the love in him apart
RPs EN ATTENTE : James #3 - Solas #4 - Mitchell #9
RPs TERMINÉS : 2022. ~

2021. Victoire #2 - Jet #2 - Solas - Mitchell #6 - Solas #2 - Lawrence - Raelyn #3 - Alec - James #2 - Victoire #3 - Garrett - Gabrielle - Joseph #4 - Mitchell #7 - Albane - Solas #3 - ft.Lawnika - Mitchell #8

2020. Finn #5 - Joseph #2 - Ichabod - Mitchell #3 - Jet - Amos - Alice - Victoire & Jet - Raelyn & Amos - Finn #6 - Amos #3 - Danika - Joseph #3 - Ichabod #2 - Finn #7 - Mitchell #5 - James

2019. Mitchell #2 - Lene #3 - Raelyn - Doherty's - Joseph

2018. Anwar - Cole - Liam - Finn #3 - Lene #2 - Jack - Aisling #2 - Finn #4

2017. Finn - Lene - Cole&Nathan - Street Cats - Finn #2 - Mitchell

2016. Archer - Archer #2 - Jimmy - Aisling

(sujets pris en compte dans la chrono uniquement)
AVATAR : zoe kravitz
CRÉDITS : loonywaltz
DC : jamie keynes, kelly ward & marcus leckie
PSEUDO : loonywaltz (léa)
Fluide/non-binaire (iel/ellui)
INSCRIT LE : 16/05/2015
https://www.30yearsstillyoung.com/t6890-lou-cause-there-s-no-other-way-out-on-this-lonely-town https://www.30yearsstillyoung.com/t11382-love-who-loves-you-back https://www.30yearsstillyoung.com/t7613-lou-aberline#272600 https://www.30yearsstillyoung.com/t38723-lou-aberline

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Message(#) Sujet: loubane #2 + nothing's ever wrong loubane #2 + nothing's ever wrong EmptyLun 7 Fév 2022 - 20:28



► nothing's ever gonna change
@Albane Dumas
& LOU ABERLINE

I was always running by myself on fire I was always searching for a bigger liar And it's not my fault Cuz nothing's my fault



“Laisse-moi faire.” Prise de pitié, Lou s’accroupit et libéra les mains de la jeune femme face à elle qui ne semblait plus se souvenir de son nom. Pour beaucoup, elle n’en avait plus, c’était tout comme. Elle là, la junkie, la camée, la clodo ; Aberline les avait tous connus avant elle, les passants les pensaient si fort qu’ils traversaient les parois de leurs crânes. Le fait était qu’elle ne connaissait pas plus son nom, à la demoiselle en détresse, et qu’elle y était indifférente. Pour elle, c’était une cliente. Et elle avait besoin de sa dose. Elles étaient dans une allée, perpendiculaire à la grande avenue. Assise parterre, la jeune femme lui tendit le bras avec mollesse. Lou connaissait tous les gestes par coeur, ils étaient aussi naturels que de respirer ; machinalement, elle serra le garrot, prépara l’aiguille et parvint à trouver l’une des rares veines exploitables dans laquelle piquer. La substance fit son effet en un rien de temps. La tête de la cliente roula le long du mur, derrière la benne, et elle l’intercepta avant qu’elle ne glisse jusqu’au bitume, la cala sur son épaule. Il y avait une bien meilleure manière de lui venir en aide, pour sûr, mais l’australienne n’avait pas considéré l’option ; pas même en constatant sa maigreur, en découvrant ses dents manquantes, en constatant qu’elle ne tenait debout que pour acquérir sa dose. Qu’elle était une ombre vivante, au final, une ombre sans prénom. Au lieu de cela, elle l’avait piquée de son venin, le poison personnel de la Ruche. Elle mourrait probablement dans le mois, la cliente. Elle avait décrété que ce n’était pas son problème. Sa conscience, elle, la rongeait de l’intérieur comme un chien maltraitait son os. C’était ce produit qui avait bien failli tuer Joseph, que fallait-il de plus pour qu’elle comprenne l’ampleur du désastre qu’elle abattait sur sa ville, sa région ? Elle n’y touchait pas elle-même, il y avait bien une raison.

La junkie avait rejoint les invisibles sur le trottoir, ceux que l’on regarde sans voir. Lou s’en détourna, rejoignit l’artère du centre de Brisbane et reprit son chemin comme si elle ne venait pas s’accélérer des funérailles pour la millième fois. Un rail de poudre dans les toilettes du Starbucks, la vie continuait pour elle. Et un deuxième, parce que le premier ne suffisait plus depuis longtemps. Elle le savait pourtant que c’était généralement à ce moment-là que les choses prenaient un virage tordu. Son pas de pirate la recracha sur l’avenue où le soleil était devenu trop brillant et les sons trop forts. Lunettes opaques sur le nez, elle reprit sa route le long des façades des buildings, au milieu du monde qui vrombissait. Au fond de sa poche, la liasse de billets était douce au toucher, rêche sur le cœur. Les vitres miroir illustraient si bien son impression d’être à côté d’elle-même, de se regarder marcher en spectatrice de sa vie. Où allait-elle, au juste ? En chemin pour ruiner une vie de plus pour son profit ? Sans doute. Lorsqu’elle apparaissait sur le pas de n’importe quelle porte, c’était que les ennuis venaient pour vous. Le reste du temps, elle était son propre enfer.

Est-ce que ce n’était pas un peu elle qui glissait l’aiguille dans la chair d’Albane à chaque fois que celle-ci embrassait son propre échappatoire ? Lou savait détourner le regard un certain temps mais n’était pas aveugle pour autant. La morphine endormait son deuil, c’était l’excuse. La morphine la gardait docile, c’était la vérité. “Tu me vengeras jamais, tu sais.” Je sais. Sa promesse, la jeune femme l’avait trahie depuis longtemps, de la même manière que la confiance placée en elle et toute forme de principes qu’elle pouvait prétendre avoir. Blanche la détestait sans doute, de là-haut, ou qu’importe le lieu de son repos éternel. Elle assistait à la mascarade, la manipulation de sa sœur, les drames causés par celle qu’elle avait essayé d’arracher d’un inexorable retour au caniveau. “C’est à peine si tu te venges toi-même.” C’est vrai. Qui de mieux placé que ce cher Jimmy pour savoir qu’elle n’avait pas la volonté nécessaire pour se dresser contre Strange ? Il avait eu sur elle l’influence, le magnétisme que l’américain avait exercé à son tour lorsqu’elle avait rejoint le Club. Elle usait et abusait à son tour, comme ils avaient joué avec elle, mais lorsque l’occasion se présentait d’arracher ses ficelles, elle n’en avait pas la force. “Tu rechutes, c’est pitoyable.” C’était écrit, quelque part dans son ADN, dans sa tête qui ne tournait plus très rond. C’était bien la peine qu’Asher en perde son travail, hein. C’était bien la peine d’avoir cru qu’elle était capable de rester sobre après sa dernière cure. Elle louchait sur les emballages des entrepôts des abeilles plus souvent qu’elle ne l’admettait en ce moment. C’était tentant, juste pour savoir ce que cela faisait. Cela la rendait presque jalouse de toutes ces gens qui pouvaient planer plus haut qu’elle. “De toute manière t’as jamais été taillée pour tout ça.” Nope, en effet. Lou pouvait le prétendre autant qu’elle le voulait, bomber le torse, lever le menton, se percher sur des talons toujours plus haut, se rendre plus cruelle que son mentor, cela n’était qu’une armée de boucliers autour de l’animal apeuré, les pattes en rond dans un coin de sa poitrine.

“Regarde.” Quoi ?
Paupières lourdes, Lou leva les yeux et observa la masse informe du reste des passants, cette bande anonyme allant et venant. Lorsqu’elle tourna la tête, elle s’aperçut dans le reflet d’une vitrine, elle et sa Cour de fantômes. Il n'y avait rien d’autre à voir que les visages de ceux qu’elle avait trahis, déçus, abandonnés, persécutés et le poids de leurs yeux perçants sur ses moindres faits et gestes. Une adolescente à la nuque brisée à sa droite, Victoire et son crâne troué posant une main froide sur son épaule. Une soudaine nausée lui donna le vertige.

“Regarde.” Putain.
C’était Amos. Lorsque Lou observa enfin au-delà de son reflet, de l’autre côté de la vitrine, elle le reconnut. A côté de lui se tenait une poussette. Et soudain la rumeur de la grossesse de sa Némésis, puis de la naissance de son enfant, prirent tout leur sens et s'ancrèrent dans la réalité, juste là, sous ses yeux. Une météorite venait de s’écraser près d’elle -du moins, ce fut le sentiment de ses jambes, tremblantes, engourdies. Un séisme par battement de cœur qui la secoua toute entière. Sa main se posa sur la vitre, comme pour frôler la joue du bambin du bout de ses doigts bagués. “Quel adorable bébé.” Adorable comme un gremlin nourri après minuit. Le monstre en couche-culotte babillait gaiement, les mains boudinées enfoncées dans sa gueule baveuse et dégoulinante. Ses globules éternellement stupéfaits ridaient son crâne chauve. Ses pieds pédalaient dans le vide et donnaient à Lou l’envie de l’avertir de pas aller trop vite en besogne ; elle avait toute la vie pour ramer comme eux tous. C’était répugnant et fascinant. Au moins autant que cette espèce de… bonheur, sur le visage d’Amos creusé de valises de jeune père. "Ça te donne pas envie de taillader son sourire ?” Pas qu’un peu. De quel droit ils souriaient quand elle se sentait marcher sur un fil ? Comment pouvaient-ils être heureux quand rien ne savait la contenter ? Derrière cette vitre, c’était comme un autre monde. L’inaccessible. L'inatteignable. “Tu pourrais.” J’pourrais.
“Tu devrais.” Quoi ?
“Butte le bébé.”


Sursaut, pas en arrière, prise à contre-courant d’un businessman vissé à son portable, volte-face dans le chemin du caddie d’une mère-grand, le lampadaire la réceptionne, essoufflée. Le tambour de son rythme cardiaque chantait un hymne de guerre de ses tempes à son estomac jusqu’au bout de ses doigts. A son front chaud et ses pommettes cramoisies, quelque chose s’était mis à brûler dans sa poitrine. Elle croisa une dernière fois le regard de la gosse avant de fuir sur le trottoir d’en face sous la mélodie des klaxons. Ses jambes la portèrent, elle ne savait vers où. Le bébé était la clé, c’était évident, mais voulait-elle laisser un murmure pareil prendre le dessus sur toute décence ? Ah les abrutis ; donner corps à son amour était bien beau jusqu’à ce que l’on réalise que l’on a jeté dans la jungle de ce monde une partie de soi. Elle pouvait les toucher au coeur en leur arrachant cette moitié d’eux. Elle pouvait les mettre à genoux et les faire supplier. Elle le pouvait, si elle lui mettait la main dessus. Et à partir de cet instant, ce fut son unique obsession.

La bouteille de tequila était apparue dans sa main à un moment donné de l’après-midi et l’avait suivie depuis. Dieu seul savait si Lou célébrait la perfection de son ultime plan pour annihiler Raelyn ou l’enterrement de sa santé mentale. Une chose était certaine, depuis que l’idée lui avait été soufflée, il n’y avait plus grand chose à sauver chez elle. Elle avait tout essayé pour faire taire ses pensées, et tout la ramenait à cette conclusion. Si un nourrisson devait mourir, il fallait un sacré monstre pour y penser, et un plus grand encore pour mettre la menace à exécution. Les chuchotements relevaient du harcèlement, une torture intérieure qu’elle ne devait qu’à elle-même et qu’elle mettait sur le compte d’elle ne savait quelle armée d’ectoplasmes ligués pour la rendre folle, la pousser à bout. “Tu te souviens quand tu aurais pu en avoir un, d’adorable bébé. Quand toi aussi t’aurais pu avoir ça avec l’homme que tu aimais.” Maintenant Raelyn avait tout ce qu’elle n’aurait jamais. Et ça méritait bien encore une goulée. Elle se prit les pieds dans la moquette du couloir plus d’une fois tandis qu’elle rampait, le flanc écroulée sur le mur, jusqu’à la porte familière. Bordel que ce couloir semblait long. L’écho de ses reniflements réguliers résonnait jusqu’à la cage d’escalier, le dos de sa main libre accueillait la trace d’un saignement vieux de quelques heures. Ses pas étaient rythmés par le son de son sac à main heurtant ses chevilles régulièrement. Là, le numéro de l’appartement. Lever le coude n’était plus un effort, excepté pour appuyer sur la sonnette. Merde, elle ne savait même pas si Albane avait un shift. Tout son poids appuyé sur le battant ne manqua pas de la faire trébucher vers l’intérieur du logement lorsque la porte s’ouvrit. Lou se rattrapa toutes griffes dehors sur la française. “Hey cupcake.” fit-elle dans un gloussement pathétique. Se redresser nécessita tout ce qui lui restait de volonté. Elle se soutenait d’une main sur l’épaule d’Albane, agrippée comme si elle la tenait au-dessus du vide. “Je crois que je perds les pédales.” Les yeux sombres d’une brillance inhabituelle imploraient une aide que ses lèvres ne sauraient articuler. Cependant, il leur faudrait plus que de la sauge et des bougies pour espérer l’apaiser.


Oh, I'm sorry, you hate me, but you're just as crazy Don't mean to be shady, but, to be honest I just wanna see you in tears Punch your face and break your veneers







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Albane Dumas
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SURNOM : bane, babe pour les intimes, banane pour les affectueux
STATUT : célibataire à la dérive
MÉTIER : infirmière à l'hôpital sur les journées, numéro qu'on appelle à la ruche au moindre pépin médical
LOGEMENT : #49 james street, fortitude valley. une colocation avec einstein le chat et depuis peu, eleonora. le chaos, donc.
loubane #2 + nothing's ever wrong 71
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GENRE : Je suis une femme
ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les jolies filles.
PETIT PLUS : Boule de gentillesse, trop naïve et trop sensible ≈ A pour vices secrets la cigarette, l'alcool en trop grande quantité et la morphine ≈ Pourtant intègre et remplie de valeurs, elle trafique des ordonnances médicales et vole des stocks de médicaments pour le compte de la Ruche ≈ Homosexuelle planquée dans son placard ≈ Passionnée de plongée ≈ Française à l'accent bien prononcé ≈ En roue libre depuis le décès de sa petite soeur en 2019.
RPs EN COURS : loubane #2 + nothing's ever wrong Angry-birds-puppy-eyes

Lou #2 + Leo #4 + Hugo + Wine #5 + Reese #2 + Noor +

UA:
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RPs TERMINÉS : Winston + Lou + Jake + Asher + Winston #2 + Jordan + Deklan + Winston #3 + Eleonora #2 + Lara + Eleonora & Reese + Jake #2 + Jordan + Jake & Melchior + Leo #3 + Drew + Winston #4 + Dani + Eliot +
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loubane #2 + nothing's ever wrong Empty
Message(#) Sujet: Re: loubane #2 + nothing's ever wrong loubane #2 + nothing's ever wrong EmptyMer 16 Fév 2022 - 12:42



nothing's ever wrong

Far outside of the gates where the emptiness waits. Nothing left here to lose, gone in the flames, feeling the weight, the weight of it all. We built an empire, we thought was never ending. We tried to stop the fire but now there's no pretending beauty to dust. Paradise is lost.

Les yeux dans le vague, Albane laissait la fumée de sa cigarette lui brûler les poumons. Un geste devenu mécanique avec le temps, même si elle le cachait bien. Ses paquets de clopes étaient planqués, le cendrier et les preuves de cette nouvelle tendance disparus avant que son colocataire ne rentre. Comme le reste, finalement. Elle était devenue douée à cacher ses vices, quand bien même elle les sentait la tirer vers le bas un peu plus chaque jour. Parce que de toute façon, ce n’était pas si grave. C’était son problème à elle, personne n’avait besoin de la retenir de tomber dans sa spirale infernale. Elle avait fait un shift de nuit, ce jour-là, traîné les pieds dans les urgences où presque personne n’y arrivait vraiment par hasard. Les accidents stupides, souvent liés à la drogue, l’alcool, aux soirées qui tournent mal. C’était le lot quotidien qui l’animait d’un mélange complexe d’exaspération et de pitié. En rentrant, elle s’était offerte une pseudo nuit, des heures de sommeil comateux aidées par des cachetons de morphine. Juste ce qu’il fallait pour la plonger dans un état d’euphorie, la faire planer un peu jusqu’à ce qu’elle s’endorme. Un peu de répit avant de retourner à la réalité, affronter les conséquences de ses actions. Elle était dans un piètre état, depuis, se prenant de plein fouet les effets secondaires de cette drogue partiellement légale. Nauséeuse et la tête dans le brouillard, à côté de ses baskets, des sensations qui lui faisaient à chaque fois se dire qu’elle allait arrêter, que c’était la dernière fois qu’elle avait recours à ce poison pour fuir son humanité. Une résistance qui ne durerait que quelques heures. Après cela, son corps réclamerait. Et il y avait beaucoup de choses qu’elle se savait capable d’encaisser, mais certainement pas la rechute, la dépression, l’anxiété, ou cette sensation de péter les plombs. Comment en était-elle arrivé là, au juste ?
Dans le jardin en face de l’immeuble, le parc s’animait de gosses et de parents, faisant parvenir les cris et les rires jusqu’aux oreilles de la française. Elle leur enviait cette naïveté innocente en les voyant jouer de la sorte. Et si au début, cette vision avait le don de l’attendrir, aujourd’hui, cela l’amenait surtout à repenser à sa propre vie des années plus tôt. Quelque part en 2010, quand elle avait déménagé avec ses parents, qu’ils s’étaient retrouvés dans cette nouvelle maison en banlieue lyonnaise. Il y avait ce parc qui leur servait de repère avec Blanche dès qu’elles avaient fini les cours. Elles avaient leur banc, celui qui avait accueilli un nombre incalculable de secrets, qui s’était retrouvé gravé de leurs initiales, celui qui les avait ironiquement vu s’étouffer avec leur première cigarette. Celui qu’elles délaissaient pour aller s’envoler sur les balançoires dès qu’elles en avaient la possibilité. Juste parce que c’était drôle, qu’elles n’avaient à se soucier que du regard des autres -encore que la cadette n’en avait cure, maîtrisait le regard insolent comme personne. Qu’est-ce qu’elle dirait si elle la voyait aujourd’hui ?

Le bruit de la sonnette la tira de ses pensées, lui arrachant un sursaut salvateur. Dans un soupir, elle écrasa la cigarette dans le cendrier, referma la fenêtre. Il était trop tôt pour que Reese rentre, et il n’aurait pas sonné. Ce devait être un colis ou un voisin. Pendant une seconde, elle fut tentée d’ignorer l’intrus, mais finit finalement par aller ouvrir la porte. Peut-être qu’il aurait été judicieux de regarder par le judas avant, que cela lui aurait permis d’appréhender le poids mort qui lui tomba dessus à peine la porte ouverte. Elle manqua de basculer, entoura le corps instable de ses bras par réflexe. « Lou ? » Les sourcils se froncèrent, le signal d’alarme interne s’alluma. Elle tenait à peine debout, avait ce regard vitreux et ce sourire hagard. Cette perte de contrôle que la française ne lui avait encore jamais vue. Elle n’avait pas besoin de poser de questions pour réaliser à quoi cet état était dû. L’odeur d’alcool qui émanait de sa personne, se mélangeant au parfum et au tabac froid, ainsi que la bouteille bien trop entamait qui pendait au bout du bras donnaient les indices nécessaires. Et lentement, l’incompréhension fut remplacée par la peur. Il y avait bien des choses qu’Albane voyait en la brune, aussi bien en qualités qu’en défauts. Mais la faiblesse n’en avait jamais fait partie. Lou était supposée être la femme de glace que rien ni personne ne fait ployer. Pas l’ombre d’elle-même incapable de même tenir sur ses pieds. « Hey, tout va bien. » Vraiment ? Laborieusement, elle l’entraîna vers le salon pour la faire s’échouer sur le canapé, lui retira la bouteille de la main pour la poser sur la table basse. Elle n’avait clairement pas besoin de cela à en juger par son état. Mais entre elles, ce n’était d’habitude pas à la française de garder son sang-froid, de prendre le contrôle de la situation. Elle ne connaissait pas ce rôle. Et c’était par pure paranoïa naissante qu’elle vint fermer la porte à clé, chercher un verre d’eau qu’elle déposa ensuite face à la brune. Puis, elle s’assit à ses côtés, cherchant ses mots, l’attitude à adopter. Elle n’avait jamais eu l’impression d’être l’égale de la Aberline durant ces dernières années, habituée à être le maillon faible qui se cache, s’appuie, fuit. Pourtant, à n’en pas douter, elle faisait face à une personne humaine et faible, ici. Qu’est-ce qu’il avait fallu faire pour causer cela ? « Qu’est-ce que je peux faire ? » finit-elle par souffler, impuissante.

@Lou Aberline


 
© GASMASK



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Cause it's so hard for me to be honest these days, I tell myself I'm doing okay. I don't want the world to think I'm weak, and so i repeat it 'til I believe it. Everything's going great! Just don't ask me how I really feel. • sheepirl.

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Message(#) Sujet: Re: loubane #2 + nothing's ever wrong loubane #2 + nothing's ever wrong EmptyJeu 14 Juil 2022 - 21:50


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& LOU ABERLINE

I was always running by myself on fire I was always searching for a bigger liar And it's not my fault Cuz nothing's my fault


C’était pas qu’une impression ; Lou était en roue libre et tout foutait le camp, rien d'étonnant à ce que son mental y passe, même sa perception de la réalité. Peut-être qu’elle avait rêvé le nouveau-né, que rien de tout cela n’existait, qu’elle fantasmait une nouvelle bonne raison d’être en colère et de crier vengeance parce qu’elle ne connaissait pas d’autre moteur à sa vie. Pourquoi ses jambes molles comme du coton l’avaient portée jusqu’à Albane ? Son inconscient, sûrement, l’avait trainée en lieu sûr. Si elle s’était rendue chez Solas, il aurait encore voulu la sauver, lui répéter un demi-million de fois qu’il l’aimait et même si elle aurait eu bien besoin de ses talents pour la ramener sur terre, ce n’était pas lui qui comprendrait sa douleur. Car c’en était une, froide, tranchante, qu’elle avait tenté de noyer au fond de la bouteille. Les pensées, c’est un corps gras ; ça flotte, ça colle, ça tâche, c’est poisseux. Ou c’est un peu de tequila qu’elle avait renversé en se vautrant sur la française. « Hey, tout va bien. » La tête lourde d’Aberline pendait au bout de son cou comme ces poupées en plastique qu’on trouvait sur le tableau de bord des camionneurs. Ses bras mous glissaient comme des spaghettis sur les épaules d’Albane qui la redressait tant bien que mal -mais plus mal que bien. La voix rauque de Lou, encrassée par de trop nombreuses cigarettes et cette huile de moteur qu’elle s’enfilait dans le gosier depuis des heures en brûlant sa trachée au passage, marmonnait pour elle-même plus que pour l’autre jeune femme. “... oui, tout va bien… ou non, non, pas encore. Mais ça va aller. Ça va aller mieux. Tu verras.” On pourrait aisément dire que cela ne pourrait pas être pire, cependant, ce serait une fort mauvaise estimation des capacités autodestructrices de l’australienne. Il suffisait de la mettre au défi, elle ferait pire volontiers.

La masse sans structure osseuse que lui paraissait être son corps retomba dans une autre masse moelleuse sans qu’elle ne sache vraiment comment -et cela n’était pas important. Sa nuque élastique s’étira en arrière et déposa sèchement son crâne sur le dossier du canapé. La bouteille avait disparu ; la pensée la traversa et elle n’y songea plus. Ses mains étaient si lourdes qu’elles lui paraissaient s’enfoncer dans le textile, un doigt à la fois, et elle s’imagina se faire engloutir toute entière par le sofa jusqu’à faire partie de l’assise. Parfois, elle réalisait soudainement le mécanisme régulier de sa propre respiration et trouvait cela fabuleux. « Qu’est-ce que je peux faire ? » A part s’assurer que Lou respirera toujours quand le soleil se lèvera, Albane ne pouvait rien faire. Parfois, il n’y avait rien à faire. “Shhhhhh…” siffla la jeune femme entre ses dents tandis que le silence régnait déjà. Pour elle, le mouvement imperceptible du tournoiement sur elle-même de la Terre sur laquelle elle se trouvait était assourdissant. Ca, et le tambourinement de son coeur qui avait migré entre ses deux oreilles. Ses yeux grands ouverts fixaient le plafond jusqu’à devenir secs ; la surface blanche était la parfaite toile sur laquelle revivre son après-midi. Le bébé était réel. La douleur était réelle. La nausée aussi.

“T’sais ce que m’a dit ta soeur quand elle m’a engagée à la pâtisserie ?” demanda-t-elle rhétoriquement au bout d’un certain temps. Elle ne pouvait pas le savoir, elle n’y était pas, alors Aberline répondit d’office ; “C’était une connerie d’adage à la con du genre si tu fous tout ton coeur dans un truc alors tu peux y arriver. Un truc comme ça.” Elle le lui avait dit parce que Lou était parvenue à lui faire croire qu’elle voulait en sortir, autant qu’elle s’en était persuadée elle-même. Comment avait-elle pu croire une seule seconde à pareille bêtise ? Blanche était tombée dans le panneau, comme elle, parce qu’elle y croyait dur comme fer à l’époque. Faut dire que les histoires de rédemption font toujours leur petit effet. On veut toujours croire qu’il y aura une fin heureuse. Les mots de Blanche n’étaient pas plus importants que l’intention derrière ; l’optimisme, le courage, la foi. C’était cela qui avait eu une bonne influence sur Lou. “J’suis nulle en pâtisserie, j’sais pas si j’te l’ai dit. Mais c’était pas grave. Pas pour elle.” Avec patience, elle souhaitait l’aider à s’améliorer, lui prouver qu’à force de pratique et de persévérance, on pouvait s’améliorer. En y mettant du sien, on pouvait même devenir une meilleure personne. Blanche y avait cru pour elles deux et, maudite soit-elle, était parvenue à contaminer Lou avec cette pensée positive à trois cents. “Une fois, on avait fermé la boutique et on nettoyait tout, et elle avait mis de la musique, se remémora-t-elle, les images défilant devant son regard fixe. C’était les chansons des Misérables, t’sais le film avec le gars qui joue Wolverine, là. Et on a chanté toutes les deux, ça faisait…” Vaguement, elle marmonna la mélodie telle qu’elle lui revenait, de cet écho dans l’air en provenance du passé. Do you hear the people sing… Et la musique se résorbait dans les murs, emportant avec elle les mots et les voix. “Je sais plus les paroles.” Tant pis. Ce n’était pas important. “C’est mon meilleur souvenir avec elle.” Elles étaient montées sur les chaises avec balais et rouleaux à pâtisserie pour micros. Le store baissé, personne ne pouvait les voir recréer la Révolution dans leurs têtes -mais on pouvait sans doute les entendre s’époumoner. Dès qu’elle pensait à Blanche, c’était cette image qui lui venait en tête.

Retour dans son corps engourdi. Lou redressa douloureusement sa tête, souleva sa petite main et se pencha périlleusement pour attraper le verre près d’elle. La tequila avait soudainement un goût étrange. Oh well. “Tu crois aux fantômes, aux esprits ? Tu crois qu’elle nous regarde, qu’elle est là ? Qu’elle nous suit, qu’elle nous parle ?” Ou n’était-ce qu’elle qui était hantée ? Est-ce que Blanche la haïssait depuis l’autre côté ? Est-ce qu’elle cherchait à la rendre folle ? Enfin, est-ce que Lou avait vraiment besoin de l’aide d’on ne savait quelle intervention surnaturelle pour perdre pied ? “Je sais pas, je crois que, peut-être… Je sais pas. Peut-être...” Elle repartit, quelque part, dans un coin sombre de son esprit ; là où elle avait entassé les morts pour ne plus avoir à y penser ; là où elle avait laissé pourrir tous ses regrets et sa culpabilité depuis des années et des années ; là où se nécrosaient toutes les blessures qu’elle n’avait jamais pansées, aujourd’hui boursouflées et suintantes. C’était l’antre du monstre sous le lit, l’ombre par-dessus son épaule, la répression de tout ce qui l’avait un jour heurtée et qui avait donné naissance à ce besoin maladif de rendre tous ceux qui l’entouraient aussi misérables qu’elle. Son enfer, son propre cancer. “On est amies, cupcake ?” demanda-t-elle tout bas, parce qu’elle en avait bien besoin, d’une amie. “Tu sais garder un secret ?”



Oh, I'm sorry, you hate me, but you're just as crazy Don't mean to be shady, but, to be honest I just wanna see you in tears Punch your face and break your veneers







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Albane Dumas
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PETIT PLUS : Boule de gentillesse, trop naïve et trop sensible ≈ A pour vices secrets la cigarette, l'alcool en trop grande quantité et la morphine ≈ Pourtant intègre et remplie de valeurs, elle trafique des ordonnances médicales et vole des stocks de médicaments pour le compte de la Ruche ≈ Homosexuelle planquée dans son placard ≈ Passionnée de plongée ≈ Française à l'accent bien prononcé ≈ En roue libre depuis le décès de sa petite soeur en 2019.
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Message(#) Sujet: Re: loubane #2 + nothing's ever wrong loubane #2 + nothing's ever wrong EmptyMar 26 Juil 2022 - 16:23


nothing's ever wrong

Far outside of the gates where the emptiness waits. Nothing left here to lose, gone in the flames, feeling the weight, the weight of it all. We built an empire, we thought was never ending. We tried to stop the fire but now there's no pretending beauty to dust. Paradise is lost.

Il y a des années de cela, quand Albane avait décidé de devenir infirmière, elle avait juré d’aider son prochain. Parce que c’était dans sa nature, parce que cela avait du sens. Mais à peine ses yeux s’étaient-ils posés sur Lou qu’elle savait qu’elle n’aurait jamais dû ouvrir. Elle n’aurait pas dû s’infliger cette vision d’une femme brisée, ou bien même cette soudaine angoisse du pire scénario. Car c’était ce qui leur pendait au nez, n’est-ce pas ? Avec la Ruche, avec ses affaires illégales, ses partenaires dangereux. Ce rouage fragile qui déraillerait inévitablement, un jour. Pour Albane, c’était sans doute le pire qui puisse arriver, elle qui était trop bien, trop sage pour être entraînée dans des histoires pareilles. Elle n’avait jamais volé par le passé, jamais enfreint la loi, à peine menti. Elle n’avait pas à être mêlée à des affaires de gang, de près ou de loin. Pourtant, il y avait Lou sur son canapé, Lou qui semblait peiner à faire le lien avec la réalité. Elle sentait l’alcool, avait les yeux rouges, le regard hagard. L’éthanol était-elle la seule substance impliquée, pour en arriver là ? La française n’en avait aucune idée, était probablement mieux sans réponse. Car on ne terminait pas dans cet état par accident. Ce n’était pas une fête poussée trop loin, une mauvaise décision sociale. Elle avait voulu se mettre hors-jeu, Lou. Temporairement, en tout cas. Mais ça ne fonctionnait pas toujours, n’est-ce pas ? Sinon, elle ne serait pas venue jusqu’ici. Elle n’aurait pas cet air torturé. « Qu’est-ce qui va aller mieux ? » Elles ne pouvaient pas prétendre se connaître, encore moins s’aimer. Elles étaient reliées par Blanche, qui n’était plus là pour leur faire croire que c’était une raison suffisante désormais. Parce que Albane ne parvenait plus qu’à voir ce qui pourrait encore se dégrader, ce qui risquait de tourner au vinaigre et lui faire se mordre les doigts un peu plus. Peut-être que fut un temps, les choses auraient vraiment pu aller mieux si Lou s’était fait une raison, n’avait pas troqué la vengeance pour la convoitise. Il y avait néanmoins certaines choses qui ne pouvaient pas se réparer.

Alors quel était le rôle de la française, ici ? Devait-elle se préparer à devenir un dommage collatéral, ou à ravaler ses valeurs et ses rancœurs une énième fois ? Sacrifier ses états d’âme, puisqu’ils se feraient de toute manière piétiner ? Assise sur le bout du canapé, l’infirmière observait le corps épuiser s’affaler, perdre de sa stature au profit du confort et à la recherche du repos. Le silence était lourd, insoutenable. Donnait envie à Albane de le briser à tout prix. Elle avait besoin de réponses, de savoir à quel point elle devrait s’inquiéter. Pourquoi terminer ici ? Que s’était-il passé ? Tout autant de questions qui se perdaient contre sa mâchoire sortie, refusaient bien de sortir. Elle ne pouvait pas se détacher de l’idée que cela devait être grave. Depuis la création de la Ruche, Lou avait mis un effort considérable à la tenir éloignée, à ne lui dire que ce qu’elle avait réellement besoin de savoir. Jamais plus. Et peut-être que parfois, le silence était d’or. Car quand Blanche fut mentionnée par la brune, la Dumas sentit son cœur sombrer instantanément. Elle ne connaissait pas les obstacles, sa petite sœur. Elle n’avait jamais pris non comme réponse, n’avait jamais compris la définition du mot impossible. Elle avait des rêves à n’en plus savoir quoi faire et avait ce don pour laisser croire qu’ils étaient réalisables. C’était ainsi qu’elle lui avait vendu cette année en Australie à Albane, la promesse de l’aventure d’une vie. Puis, elle avait investi tout ce qu’elle pouvait dans cette petite pâtisserie, ignorant cordialement le fait qu’elle aurait pu se planter au moindre mauvais pas. Rien n’était jamais trop réfléchi avec Blanche ; tout ne tenait qu’à la spontanéité et un optimisme dur comme fer. C’était aussi ce qui l’avait tuée, au final. « Je sais que tu étais nulle. Elle n’aimait pas jeter de la nourriture. Souvent, elle rentrait le soir avec un tas de pâtisseries invendables et immangeables. Ça la faisait toujours rire d’essayer de les manger malgré tout. » Elle ne riait jamais si fort que quand le résultat était si désastreux qu’elle se demandait comment ce succès avait été possible. Inévitablement, elle finissait par charrier son aînée en lui disant que ce n’était sans doute pas pire que ce qu’elle pouvait cuisiner. A écouter Blanche, on pouvait tout apprendre, accomplir n’importe quoi. Elle était ce genre de jeune femme solaire, magnétique. Albane n’avait aucun mal à visualiser cette scène dans la pâtisserie, le son trop fort, les gestes grandiloquents, le cœur dans les paroles qui ferait pâlir n’importe quel acteur de Broadway. Comme si le temps de quelques minutes, sa pâtisserie pouvait être la scène du plus grand spectacle qui soit. La française non plus ne se souvenait pas des paroles. C’était peut-être normal ; tout comme pour Blanche, quand il s’agissait des souvenirs, les sons partaient avant les images. Si pour Lou, ce moment représentait le meilleur souvenir qu’elle avait, pour l’infirmière, cela ne faisait que faire ressurgir une haine qu’elle avait tenté d’enterrer. Si elle n’avait jamais pris ce boulot dont elle ne connaissait rien, Blanche serait encore en vie. « Elle serait contente qu’on se souvienne d’elle de la sorte. » En théorie. Est-ce que cela fonctionnerait si cela venait de la personne qui l’avait indirectement tuée ?

La brune s’enfila enfin le verre d’eau quand Albane aurait prié pour avoir de la téquila à son tour. Le fait est qu’elle ne savait plus trop en quoi elle pouvait bien croire. Elle était juste certaine que si Blanche était là, elle serait sans aucun doute profondément déçue et en colère. Elle voudrait la secouer, lui botter le cul pour se reprendre en main. Quant à Lou… elle considérerait probablement que cette femme n’y était pour rien. Accepterait le fait qu’au moins, elle aurait essayé de se prendre en main et de sortir de son monde fait de noirceur. « Qu’est-ce que tu penses qu’elle te dirait ? » Si elle était là ? Jusqu’à quel point te sens-tu coupable, Lou ? Parce que tu l’es. Même indirectement, il fallait bien que quelqu’un prenne le blâme de ce qui s’était passé, jusqu’à ce que Mitchell soit réellement mis hors-jeu. Peut-être qu’au fond, Albane était la seule à haïr la Aberline. Le sentiment était bien plus facile à gérer que la compassion ou l’empathie. Plus destructeur aussi, probablement. Elles étaient aux antipodes de l’amitié, cela allait sans dire. Mais d’un autre côté, elles étaient inexorablement liées par ce qu’elles gardaient enterrés, seules détentrices de ce secret trop lourd à porter. D’une certaine manière, elles avaient besoin l’une de l’autre, au moins pour se souvenir de Blanche et ne pas laisser sa mort juste être un mauvais concours de circonstances. « Tu peux compter sur moi. » Elles n’étaient pas amies, non. Pour autant, elle pouvait lui faire confiance. « Parle-moi, Lou. » Avant de l’entraîner dans sa dérive.

@Lou Aberline


 
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Cause it's so hard for me to be honest these days, I tell myself I'm doing okay. I don't want the world to think I'm weak, and so i repeat it 'til I believe it. Everything's going great! Just don't ask me how I really feel. • sheepirl.

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