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 jamie + well there's just an empty space

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Norah Lindley
Norah Lindley
les histoires de fantômes
les histoires de fantômes
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ÂGE : 35 ans (15.09.1984)
SURNOM : Beaucoup l'appellent Nono, ses collègues ont toujours adoré l'appeler par son nom de jeune fille "Leckie".
STATUT : veuve depuis 2016.
MÉTIER : infirmière en service de réanimation. fait régulièrement des remplacements dans d'autres services, histoire d'arrondir les fins de mois.
LOGEMENT : #57, logan city (depuis décembre 2018)
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POSTS : 1203 POINTS : 485

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les beaux garçons.
PETIT PLUS : mère de deux enfants, Julie, née en 2009 et Aidan, né en 2015 + excellente pâtissière + force tranquille, sait gérer les urgences avec sérénité + a un frère jumeau et deux frères aînés + sort à peine du deuil de son mari + adore les histoires de fantômes + franche, n'hésite pas à recadrer (plus ou moins correctement) lorsque c'est nécessaire + plus discrète depuis le décès de son mari
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : anwar #3 + alfie #3 + yasmine #4 + mitchell #2 + tommy #2 + juliana #2 + jasper #3 + jamie + justine (9/10)

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Message(#) Sujet: jamie + well there's just an empty space jamie + well there's just an empty space EmptyLun 11 Nov - 12:44


WELL THERE'S JUST AN EMPTY SPACE
agains all odds
La tête posée contre le torse de sa mère, le petit Aidan était parvenu à somber pendant qu'elle lui lisait une histoire sur les pirates. Un des livres qu'elle était allée emprunter à la bibliothèque où travaillait Juliana pendant que sa fille cherchait sa nouvelle flopée de romans à ramener à la maison. Aidan, lui, n'était pas vraiment adepte des temps calmes, sauf quand il était fatigué. Il avait eu une journée bien remplie et s'était assoupi avant même que son oncle ne vienne. C'était avec un enthousiasme qu'il n'avait même pas cherché à dissimuler que Caelan avait accepté de garder les enfants de sa jumelle lorsque celle-ci lui avait avancé l'envie de se faire une sortie cinéma toute seule. Juste pour déconnecter. Etant sujette aux insomnies depuis quelques semaines (et ça n'allait pas en s'arrangeant), elle s'était dit que ça pourrait être sympathique de se permettre une sortie, comme ça. Caelan n'était pas dupe, il avait bien remarqué que Norah n'était pas au meilleure de sa forme et qu'elle mentait  (et se mentait à elle-même aussi) lorsqu'elle disait que tout allait bien. Ca va. Deux mots qui sortaient par automatisme dès qu'on lui posait la question. Elle se passait donc bien de lui dire que les heures de sommeil commençaient à cruellement lui manquer. Et si jamais elle ne se sentait pas de s'allonger après le cinéma, elle se disait qu'elle pourrait demander à Alfie s'il était partant pour aller courir un peu. Elle savait qu'il ne dormait pas beaucoup non plus, la faute à son hyperactivité non diagnostiquée. Norah, bien qu'elle n'était pas médecin, était assez sûre de son coup quand elle le disait hyperactif. Mais au moins, elle savait qu'elle pouvait compter sur lui à toute heure de la journée et de la nuit quand elle avait une disponibilité pour le voir et se changer les idées. Et à chaque fois, ça lui faisait un bien fou. Il avait un talent pour ça, pour lui faire penser à autre chose. Arrivée au cinéma, elle s'achetait son billet. Elle n'était même pas tentée de prendre du pop corn, alors que c'était quelque chose qu'elle adorait. Norah s'était contentée de s'installer dans son fauteuil et d'attendre, jetant de temps en temps un oeil sur son téléphone. Elle avait entendu parlé du film par le biais d'un de ses collègues médecins, qui n'en faisait que des éloges. Un thriller palpitant, dont le dénouement n'était absolument pas prévisible. La salle enfin plongée dans l'obscurité, Norah s'enfonçait dans son fauteuil avec l'espoir de se changer les idées et d'être divertie. Dans un premier temps, elle y parvenait. Elle finissait par être vraiment prise dedans, un peu trop même. Durant l'une des scène, deux inspecteurs (parce qu'il faut toujours que ce soit un duo) se lançaient à la poursuite d'un suspect en fuite. Quand ils arrivaient au coin d'une rue peu recommandable, l'un des deux policiers eut à peine le temps de réaliser l'arme pointée en sa direction qu'il fut criblé de balles. Norah avait cru sentir son coeur s'arrêter. Non, elle ne s'y attendait pas, personne d'autre dans la salle ne s'y attendait. La rapidité des images, de l'action, tout surprenait. Norah avait sursauté, mais pas de surprise. C'était de l'effroi, de la panique, une véritable crise de tétanie car elle aurait juré avoir vu le visage de Frank à la place de celle de l'acteur qui interprétait l'inspecteur désormais mort sans que son coéquipier ne puisse faire quoi que ce soit. La brune eut un véritable flash et voyait désormais, avec précision, le moment où Frank avait été tué. Du moins, son interprétation, sa vision des choses avec les données dont elle disposait. Mais, à la place de l'écran, elle voyait son époux allongé sur le sol de l'épicerie, noyé par son propre sang car l'une des balles avait perforé un de ses poumons. Anwar qui tentait désespérément de comprimer une autre plaie dans l'espoir d'arrêter les saignements. Frank qui voyait sa vie défiler devant ses yeux sans pouvoir bouger, ni même respirer. Son regard bleu tétanisé, il ne réalisait pas la douleur. Tout ce qu'il savait, c'était que la vie lui échappait. A quoi pensait-il à ce moment précis ? Avait-il peur ? Avait-il réussi à échanger un dernier mot, un dernier regard avec Anwar ? Ce devait être les plus longues secondes de sa vie. Du moins, de ce que Norah s'imaginait, c'était une éternité. C'était insoutenable. Pourtant, elle ne pouvait pas détacher son regard de cette scène qu'elle s'imaginait. Et un autre flash. Frank n'était plus là. Ni Anwar, ni le sang, ni l'épicerie. Elle était de nouveau au cinéma, ayant manqué une bonne dizaine de minutes de films, ses joues traversés par des larmes qu'elle n'avait même senti couler. Bon Dieu, que la douleur était vive. Elle lui traversait la poitrine, lui martyrisait les entrailles. Sa main plaquée devant sa bouche, Norah avait l'impression de suffoquer et hésitait à quitter la salle tant elle se sentait mal. Prenant de profondes inspirations, la jeune femme tentait désespérément de chasser ces images de sa tête en se recentrant sur le film. En vain. Comme si l'épée de Damoclès venait de s'abattre sur elle. Pourquoi l'officier dont elle s'était occupée à l'hôpital avait survécu ? Pourquoi lui, et pas Frank ? Ce trop plein d'émotions l'empêchait de suivre la fin du film, si bien que dès que les lumières s'étaient rallumées, elle était bien la première à s'être levée et se diriger le plus vite possible vers la sortie, ayant la sensation de manquer d'air. Une fois qu'elle se retrouvait dans le hall, ses jambes lui semblaient tellement dépourvus de force qu'elle ressentait le besoin de s'asseoir au plus vite. Il n'y avait pas grand monde pour le moment, ce pourquoi elle se permit d'évacuer ce trop plein d'émotions par des pleurs brefs et étouffés par une main à nouveau disposée devant sa bouche. Norah ne se reconnaissait pas, elle n'était pas du genre à flancher comme ça. Mais c'était bien plus fort qu'elle, prenant totalement possession de son corps pendant quelques secondes. Les autres spectateurs du film commençaient peu à peu à sortir, et de constater un peu d'animation autour d'elle encourageait Norah à reprendre un peu contenance. Elle avait pris un mouchoir en papiers, séché rapidement ses larmes, s'était raclé un peu la gorge, arrangé un peu ses cheveux en y glissant ses doigts. Quand elle relevait ses iris bleus et encore injectés de sang, elle croisa un regard qu'elle n'avait plus vu depuis un moment déjà. Pas qu'elle n'était pas contente de le revoir, loin de là, mais Norah avait une sainte horreur d'être en situation de faiblesse face à quelqu'un qu'elle connaissait. Encore moins devant un de ses anciens patients. Il lui arrivait d'en recroiser quelques uns, au supermarché ou dans les couloirs de l'hôpital quand ils avaient une consultation. Le seul patient avec qui elle avait parfois laisser pointer le bout du nez de sa fragilité (et encore, c'était un gros mot), c'était avec Alfie. Mais même avec lui, elle avait toujours su garder la tête relativement haute. Et Alfie n'était vraiment pas du genre à remuer le couteau dans la plaie, à y chercher la petite bête. Mais là, Jamie était bel et bien présent, contre toute attente. L’infirmière faisait des remplacements réguliers aux urgences depuis plusieurs années, et parmi ceux qui avaient apparemment pris un abonnement, il y avait Jamie Keynes. Quoi qu’il lui semblait que ses visites se raréfiaient depuis quelques temps. "Ca, pour une surprise." finit-elle par dire en laissant échapper un rire nerveux. Il n'avait pas non plus été des plus faciles à prendre en charge, mais Norah ne l'en blâmait pas. Le britannique ne se montrait pas des plus loquaces et patients envers les soignants et elle mettrait sa main à couper que son passif était loin d’être tout rose. L’une de ses collègues lui avait raconté en long, en large et en travers, les raisons pour lesquelles le nom de Jamie figuraient sur l’ensemble des tabloids. Après une période où l’on pointait allègrement du doigts ce type de comportement, les médias avaient soif de ce genre de dramas et ils ne lésinaient pas sur les moyens. Surprenant tout de même de le voir se rendre à un lieu public, au risque de se faire blâmer par des personnes qu’il n’avait jamais rencontré de sa vie. Elle ne savait pas grand chose de sa vie, à dire vrai. C’était pas ses oignons et même si Norah aimait discuter avec ses patients, jamais ne s’était-elle montrée intrusive. S’il refusait, elle n’allait pas non plus lui arracher les poils un par un dans le but d’avoir une réponse.  "Vous en avez pensé quoi, du film ?" Norah se passait bien de la question typique "ça va ?", car elle pensait que ce n'était pas franchement approprié dans son cas et elle n'aurait pas aimé qu'on lui demande la même chose en retour. Ca leur permettrait, espérait-elle, d'ignorer l'éléphant dans la pièce. De toute façon, aborder les dernières actualités ne devaient plaisant ni pour Norah, ni pour lui. Impossible de se défaire de ces images de Frank, impossible d'oublier la terreur qu'elle avait ressenti. "J'ai pas trop suivi la fin, j'avoue." Son regard humide trahissait le rire nerveux tout juste lâché. Elle secouait la tête et ajoutait, avec un geste de main. "Mais c'est pas grave. Ca finit toujours un peu pareil, de toute façon." Le méchant était arrêté, ou peut-être tué. Si les producteurs avaient l'espoir de voir un sequel naître, il y aurait eu une ouverture à la fin du film, sinon, une fin douce-amère, suffisante à satisfaire le spectateur. Norah relativiser au possible pour masquer le véritable impact du visionnage sur son état mental. "Ca me fait plaisir de vous revoir. En dehors de l'hôpital, je veux dire. Je me disais bien que vos visites se raréfiaient depuis votre dernière hospitalisation. Je me disais que c’était de bonne augure" Un arrêt cardiaque, tout de même. A trente-six ans. “Pas trop dur pour vous de continuer à prendre un traitement ?” Lui qui était si réfractaire au début de gober la moindre petite gélule, qui avait fini par céder, puis par abandonner. Accepter d’avaler des cachetons quotidiennement à un si jeune âge n’avait rien de réjouissant, ça, elle pouvait clairement l’entendre. Norah trouvait qu’il restait un homme mystérieux. Elle sentait qu’il tenait à préserver sa vie privée autant que faire se peut. Les médecins urgentistes, eux, le résumait souvent en un ours mal léché. L’infirmière savait que le Dr. Winters s’était beaucoup occupé de lui et que ça n’avait pas été une mince affaire. Elle travailalit régulièrement avec lui mais elle ne se serait pas permise de faire son indiscrète concernant le cas Jamie Keynes. C’était pas son genre. Encore moins de se montrer chagrinée en public, comme ça. Elle essuyait rapidement la dernière larme qui avait fini par s'échapper de sa paupière. Allez, reprends-toi, Norah. Mais elle n'y arrivait pas. Elle n'y parvenait plus.


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Jamie Keynes
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le sextoy de joanne
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ÂGE : 38 ans (05/06)
SURNOM : Jay, le petit Weinstein
STATUT : Marié à Joanne (14/02/18). Papa de Daniel, 4 ans (13/02/16) et de Louise (16/06/19).
MÉTIER : Fraîchement forcé à démissionner de son poste de rédacteur en chef de GQ Australia pour scandale sexuel et abus de pouvoir. Déchu de ses fonctions auprès des associations WWF et SANE. Philanthrope auquel personne ne souhaite être associé. Vaguement président de la fondation Oliver Keynes pour jeunes en détresse.
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ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : Anglais, né à Londres. Fils de Lord, et l'est lui-même. ≈ A recueilli deux chiens abandonnés: Ben, un golden retriever, et Milo, un teckel. ≈ Végétarien. ≈ Pas technophile pour un sou. ≈ Grand passionné d'art. Il est peintre et mécène. ≈ Sanguin, ses poings dépassent parfois sa pensée ≈ 2015 > Diagnostiqué borderline ≈ 2017 > sous traitement à la demande du juge suite à sa condamnation pour violences domestiques ≈ S'est fait tatouer la date de naissance de ses enfants sur l'omoplate gauche.
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Oh, these three worn words that we whisper like the rubbing hands of tourists in Verona. I just want to love you in my own language.
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Message(#) Sujet: Re: jamie + well there's just an empty space jamie + well there's just an empty space EmptyVen 21 Fév - 1:58


Avoir la paix, voilà le but ultime de ce petit ticket de cinéma ratatiné au fond de la poche arrière de mon jean. S’il faut m’enfermer dans une salle obscure et demeurer assis pendant deux heures pour l’obtenir, ainsi soit-il. Mais je ne peux plus rester chez moi à tourner en rond, me murer dans ma peur du regard du monde extérieur. L’ironie est difficile à accepter pour une personne qui n’a jamais supporté les réunions à rallonge et à qui l’on reprochait de travailler de trop longues journées. Les conditions sont nouvelles, et il faut bien s’y adapter. Ma paix, je l’installe au fond de la salle de cinéma, dans un fauteuil rouge à peu près au milieu de l’une des dernières rangées. Pas de boisson, pas de friandises pour accompagner le film qui débutera bientôt. Une oeuvre choisie un peu au hasard, avec dépits face au reste de la programmation qui balance entre blockbusters, énièmes remakes et films d’horreur à petit budget -et aussi petit scénario. Au mieux parviendra-t-il à accompagner mes pensées dans une cavalcade hors de la réalité ; au pire, j’aurais uniquement cassé mon rythme quotidien des dernières semaines et me serais sorti de cette impression d’être dans une prison. Les lumières baissent. Les bruissements des pop-corn saisis du bout des doigts tentaculaires accompagnent les premières minutes du film. Se prendre au jeu d’un polar est aisé ; la quête des indices, les interrogations autour des témoins, les hypothèses et les déductions moulinent dans l’esprit du spectateur comme dans celui des détectives avec connivence. Au final, l’intrigue fait son effet et je me laisse m’avachir dans le fauteuil sans plus songer au reste. Une mise entre parenthèses de mes tracas qui est particulièrement bienvenue. Et quand je quitte la salle, à contrecoeur, je peux ressentir les bienfaits de cette bouffée d’air frais -en intérieur. L’évasion fut de courte durée, mais assez efficace pour me revigorer. Je dois bien avoir quelques minutes devant moi avant que cette dopamine s’estompe et que le cours de mon existence me saute à nouveau à la gorge. Pour certains, le scénario est tout autre ; je le devine dans les larmes de crocodile qui se déversent sur les larmes de cette jeune femme écroulée dans un coin du hall. Agitant un mouchoir sur son visage, elle essuie les marques de son chagrin dans l’urgence face à la vague de spectateurs quittant la salle. Nos regards se croisent pendant ce qui ressemble à de longues minutes -le temps pour moi de situer où nous nous sommes croisés auparavant. Le souvenir serre soudainement ma poitrine ; ah, oui, l’hôpital. Une chambre claire dans le service de réanimation. Un bip régulier de moniteur témoignant du rythme de mon coeur. Une sensation de vertige après avoir été arraché à une longue chute vers les limbes. C’est là que cette chevelure rousse est apparue. Une partie de moi me pousse à passer mon chemin, tournant le dos à l’infirmière de même qu’à cet épisode de ma vie auquel je ne souhaite plus penser. L’autre ne peut plus prétendre être passé à côté de cette profonde peine qui émane d’elle, et trouverait bien trop cruel de la laisser là sans rien faire. Alors, mains dans les poches, j’approche sans savoir si je me ferais rembarrer deux mètres avant de l’atteindre. Elle m’adresse un vague sourire, au contraire. "Je ne pensais pas vous croiser un jour hors des couloirs de l'hôpital." dis-je en le lui rendant tout aussi maladroitement. Norah doit régulièrement croiser des patients, je suppose ; Brisbane est une grande ville, mais certains ont des allées et venues relativement fréquentes à l’hôpital, au point de se reconnaître l’un l’autre dans la rue. D’une certaine manière, c’est étrange. On imagine difficilement que le personnel hospitalier a bel et bien une vie en dehors de cet endroit à l’atmosphère si particulière, qu’ils existent au delà de ces murs et demeurent des humains comme n’importe qui. Il y a quelque chose de déshumanisant dans la blouse, l’uniforme, à mes yeux. Quelque chose qui efface la personnalité, l’individualité, et fond ces hommes et ces femmes dans les fondations mêmes de leur établissement de travail de la même manière que le reste des meubles. Alors Norah est soudainement très réelle, même sans les larmes. "Distrayant." je réponds à propos du film, haussant les épaules, tandis que la jeune femme choisit ni de partager, ni de justifier sa peine -avec raison. Peut-être a-t-elle reçu une mauvaise nouvelle, un texto, un appel, quelque chose de frustrant, contrariant, angoissant ; dans tous les cas, ce genre de choses se partagent rarement avec un inconnu rencontré une poignée de fois au travail et croisé au hasard au cinéma. "Les gentils gagnent, tout ça." Je n'étais pas vraiment là pour le film de toute manière, alors l’altitude du scénario n’importait vraiment pas pendant toute la durée de la projection. Ce que je sais, en revanche, c’est que le tout ne volait pas assez haut pour que je plaigne Norah de ne pas en avoir suivi de dernier quart d’heure. Mes mains restent logées dans mes poches, les épaules crispées par la gêne. L’infirmière peut être polie en prétendant apprécier d’avoir de mes nouvelles, mais pour moi, évoquer mon dernier séjour à l’hôpital et tout ce qui en a découlé n’a rien de plaisant. "Je fais avec." dis-je simplement. Il le faut bien. Je ne serais bientôt plus à un médicament près, puis mon organisme s’usera face à autant de chimie. Ce genre de lucidité n’aide pas vraiment mon moral. Cependant, celui de Norah n’a pas l’air au beau fixe non plus. "Vous savez, je reprends, hésitant, après avoir vaguement pesé le pour et le contre de ma suggestion, dans ma lointaine contrée, on dit qu'il n'y a aucune peine qu'un thé ne saurait adoucir. Vous avez l'air d'en avoir besoin, d'une grande tasse. Et il y a un café de l'autre côté de la rue. Si ça vous dit." Du chagrin d’amour à la fuite d’un évier à trois heures du matin, du décès du chat au petit bobo à vélo ; s’asseoir avec un thé permet de souffler, réunir ses esprits et prendre du recul. Avec un scone pour remplir l’estomac creusé par les larmes, le tour est joué, dans la plupart des cas. Du moins, en Angleterre, c’est le cas.




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Message(#) Sujet: Re: jamie + well there's just an empty space jamie + well there's just an empty space EmptyLun 24 Fév - 7:26


WELL THERE'S JUST AN EMPTY SPACE
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Il y avait tant de visages parmi la foule que Norah avait déjà croisé. Bien qu'elle avait bonne mémoire, elle ne se souvenait plus de la plupart. Et puis, il était toujours plus perturbant de voir quelqu'un en dehors du cadre hospitalier. Habillés en civils, sans avoir le teint blâfard et en prêtant un peu plus d'attention à son apparence, on devenait parfois méconnaissable, qu'importe si l'on est patient ou soignant. Norah aimait bien voir certains visages qu'elle connaissait et qui la reconnaissaient, avec leur expression incrédule comme s'ils ne pensaient jamais la revoir un jour. Brisbane était une grande ville, certes, mais le monde restait petit. C'était ce qu'elle se disait lorsqu'elle avait croisé le regard vert d'un de ses anciens patients. Difficile d'oublier Jamie Keynes. La semaine suivant, certaines de ses collègues restaient plongées dans les actus people en scrutant le moindre article le concernant, afin d'aspirer chaque détail, chaque information complémentaire qu'elle pourrait trouver. Les qualificatifs qu'elles utilisaient pour le décrire étaient des plus péjoratifs. Norah n'en avait rien à cirer, de ce genre de trucs. Il fallait faire couler l'encre, beaucoup y trouvaient une satisfaction et il y avait forcément l'appât du gain derrière. Comment cette information s'en était retrouvée là et pourquoi, Norah s'en fichait totalement. Elle ne cautionnait pas ce qu'il avait fait mais elle suspectait que les journaux en rajoutent des caisses pour mieux se vendre. "Non mais Norah, tu trouves pas ça dingue qu'il profite comme ça de nanas ? Il a du charme, il sait l'utiliser et en abuse clairement. C'est dégueulasse." s'exaspérait l'une de ses collègues alors que la brune préférait discuter d'autre chose pendant sa pause café. Elle ne lui avait répondu que par un soupir las. Elle était ailleurs, pensive, et surtout, exténuée. De voir l'homme concerné en face d'elle ne lui faisait ni chaud ni froid. Il avait même l'air plutôt dépité. Pas étonnant, après un pareil fiasco. Elle s'inquiétait peut-être de son mariage. D'après les tabloids, le Keynes était père de deux enfants en bas âge, et marié. Ca ne devait pas être drôle, à la maison. Quel gâchis. "Il paraît que j'ai une vie en dehors du boulot." ironisa-t-elle avec un léger sourire, malgré ses yeux humides. "Croyez-moi, je suis la première à en être surprise." Les heures supplémentaires continuaient à se cumuler, mais c'était pour la bonne cause. Cause apparemment pas assez importante pour ses supérieures comparé à la santé mentale de la jeune femme et ils avaient particulièrement raison. Il n'y avait qu'elle pour ne pas le voir. Et encore, elle commençait doucement à entre-apercevoir à quel point elle était endommagée. Jamie devait avoir ses raisons pour se permettre une sortie dans les salles obscures tout seuls; et à raison. C'était le premier sujet de conversation qui était venue à l'esprit de la jeune femme, afin de tenter de faire ignorer au brun les larmes qui séchaient sur ses joues. Qu'est-ce qu'elle n'aimait pas pleurer. Ca la contrariait plus qu'autre chose. "A défaut d'avoir un quotidien difficile, autant se distraire avec des films qui finissent bien." Norah ignorait si elle parlait pour elle ou pour lui, ou tout simplement eux deux. La fin du film lui avait échappé et les seules images qui s'étaient gravées dans sa mémoire était la vision de Frank, vidé de son sang sur le sol froid de l'épicerie. Elle savait d'avance que si elle arrivait à s'endormir, cette image viendrait hanter ses pires cauchemars. Alors autant ne pas dormir. La soignante en profitait pour prendre des nouvelles du coeur indéniablement fragile de son ancien patient. Elle avait souvenir qu'il n'était vraiment pas enthousiaste à l'idée de devoir prendre des médicaments tous les jours en se levant. Ces comprimés devaient bien être le cadet de ses soucis dernièrement. S'en suivait un silence qui aurait pu aboutir à des au revoir. Jamie aurait pu tourner les talons après l'avoir salué poliment et reprendre sa vie là où elle s'était arrêtée avant qu'il ne mette les pieds au cinéma. C'était le scénario que Norah envisageait alors qu'elle serrait entre ses mains le mouchoir qu'elle avait, pour qu'il prenne la forme d'une boule bonne pour finir à la poubelle. Elle relevait ses yeux en sa direction alors qu'il lui proposait de boire un thé en sa compagnie. Norah était surprise. Il était vrai que l'accent de Jamie trahissait ses origines britanniques. Quoi qu'il ne semblait pas vouloir les cacher. "Eh bien..." dit-elle après un soupir. "Allons voir si ce célèbre remède est tout aussi efficace dans ce coin du monde." Elle se levait de son banc et se débarrassait de son mouchoir dans la poubelle la plus proche d'elle avant qu'ils n'entament leur marché en direction du café que Jamie avait indiqué. "Je suppose que vous en avez besoin aussi, d'une grande tasse." Ils marchaient d'un pas lent. Ils n'étaient pas pressés. Du moins, pas elle. Norah supposait que sa vie devait être un véritable enfer, depuis les révélations. Elle supposait que c'était la dernière chose dont il voulait parler. Seulement Norah ignorait trop quel sujet aborder avec cet homme qu'elle ne connaissait qu'à peine. Mais ne pas en parler était comme ignorer l'éléphant dans la pièce, alors... "Ces fameuses de thé vous suffisent, à vous ?" lui demanda-t-elle alors, en croisant les bras par nervosité. Il n'y avait pas grand monde présent au café. Une aubaine pour Jamie, sûrement. Ils choisirent une table où ils espéraient pouvoir être tranquille, loin des vitres de la devanture. "J'avoue que j'en bois pas très souvent. Je ne fais que confirmer ce mythe des infirmières qui ne boivent que du café. Mais je suis pas aussi greffée à ma tasse que d'autres." s'amusa-t-elle à dire. "Parfois une tasse de temps en temps avec mon mari devant la télé le soir quand on avait le temps. Mais avec deux gamins en bas âge, j'avoue que c'est un luxe dont je me passe bien. Mais çe me manque pas trop." admit-elle avec un sourire plus franc. "J'espère que vous ne vous en sentez pas offusqué. Je suppose que ce genre de discours doit être quasi blasphématoire pour un Anglais." ajoutait-elle d'un ton taquin, pendant que ses yeux parcouraient la carte du café et sélectionner sa boisson. Son coeur balançait entre le thé au jasmin et le thé vert du Japon.


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