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 i'll never let them take the light behind your eyes + aisling

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le tatoueur au coeur tendre
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ÂGE : vingt-sept ans, né le 26 janvier 1990.
STATUT : célibataire
MÉTIER : tatoueur, propriétaire de son propre salon, wild ink.
LOGEMENT : #55, pine rivers [appartement], avec son colocataire

POSTS : 548 POINTS : 115

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime tout le monde.
PETIT PLUS : Il a un chat noir et blanc. + Il adore lire et regarder des documentaires. + Il a une sœur cadette. + Il déteste qu’on le prenne en photo. + Il fume, boit et se fiche de ce que les gens pensent, mais il n’a jamais touché à la drogue. + Il se spécialise dans les tatouages personnalisés. + Il adore dessiner. + Il aime les chats, la crème glacée à la pistache, les musées, les livres de recettes. + Il n'aime pas les épinards, les huîtres, le marron, les imbéciles et les gens bornés.
UN RP ? : Où tu veux quand tu veux.
RPs EN COURS : aisling #3 + lisbeth + gio
RPs TERMINÉS : adaline #1 | #2 + kenny + harley #1 | #2 | #3 | #4 + aisling #1 | #2 + kane + isaac #1 | #2
AVATAR : andy biersack. ♥
CRÉDITS : alegria
DC : aucun pour l'instant.
INSCRIT LE : 01/03/2016
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MessageSujet: i'll never let them take the light behind your eyes + aisling   Ven 9 Juin - 5:19


i'll never let them take
the light behind your eyes
Aisling + Sid

Le couteau glisse avec facilité sur la planche de bois. La lame tranche nettement les légumes à chaque va-et-vient. Tout en préparant son repas, Sid chantonne au rythme de la musique rock qui sort du petit haut-parleur portatif qu’il a posé sur le comptoir. Une fois qu’il a terminé de préparer les ingrédients, il sort un gros poêlon, y verse un filet d’huile d’un mouvement de poignet et allume le feu. Il avale une gorgée de sa bière, qu’il avait un peu oublié en se concentrant sur le dîner, et grimace en constatant qu’elle a tiédit à cause de son inattention. La sonnerie de son téléphone retentit dans la pièce, le distrayant de son dégoût. Il attrape l’appareil pour jeter un coup d’œil à l’écran. Dès qu’il voit qu’il s’agit d’Aisling, il s’empresse de répondre. Ça faisait un petit moment qu’il n’avait pas eu de ses nouvelles. Assez longtemps, en tout cas, pour qu’il commence à se demander s’il ne l’avait pas froissée sans faire exprès la dernière fois qu’ils s’étaient vus.

« Hey! » Il s’attend à ce que la voix enjouée d’Aisling lui réponde, mais ce n’est pas exactement ce qui se passe. C’est bien la jeune femme au bout du fil, mais elle est totalement paniquée. Et, comme elle parle si vite qu’il n’a pas le temps de comprendre grand-chose, il n’a aucune idée de ce qui la met dans cet état. « Aisling? » Elle ne se rend même pas compte qu’il a parlé et continue sur sa lancée comme s’il n’avait rien dit. Il écoute encore quelques secondes de ses propos incohérents, une boule d’angoisse dans l’estomac, avant de craquer. « Aisling! » Il a parlé un peu plus fort, un peu plus brusquement et, cette fois, elle se tait. « Ralentis, j’ai rien compris. » Il l’entend prendre une longue inspiration presque directement dans le combiné, sa respiration saccadée hachurant le grésillement de la ligne. Puis, elle reprend plus calmement et, cette fois, il arrive à suivre. Coincée dans un hangar près du port, elle aurait besoin qu’il vienne la chercher d’urgence. Il accepte aussitôt.

Sentant qu’elle va lui donner une adresse, il se précipite dans le salon où il attrape un carnet et un crayon pour la noter. Il arrive tant bien que mal à griffonner ce qu’elle lui dicte en continuant à tenir le téléphone. Sans couper l’appel, il passe au mode haut-parleur et lance une recherche rapide dans Google. Un simple coup d’œil à la carte lui permet de constater que le hangar en question se trouve dans un quartier plutôt louche de la ville, le genre d’endroit où il vaut mieux ne pas traîner trop longtemps après la tombée du soleil. Il sent son cœur se serrer en imaginant son amie seule dans ce hangar sordide.
(d’ailleurs, qu’est-ce qu’elle fout là toute seule?)
Il n’a pas vraiment le temps de méditer trop longtemps sur cette question. Au bout du fil, il devine Aisling qui recommence à paniquer. « Ok, j’arrive. J’en ai pour une vingtaine de minutes, peut-être un peu moins. » Une odeur bizarre lui chatouille les narines et il lui faut une seconde pour se rappeler qu’il avait allumé le poêlon. Il laisse échapper un juron tout bas en se précipitant vers la cuisinière. Il éteint le rond et retire l’instrument de cuisine de la zone surchauffée, soulagé de s’en être souvenu avant de trouver son appartement complètement cramé. Le danger évité, il ramène son attention à la conversation. « Trouve-toi un endroit à peu près sécuritaire dans le hangar et attend-moi. »
(c’est mieux dans le hangar que sur le trottoir. ça risque moins de donner de drôles d’idées aux mauvaises personnes)
« D’accord? » Silence, puis un reniflement et, enfin, un murmure d’assentiment. Tout en parlant, le téléphone collé entre son oreille et son épaule, il a déjà réussi à enfiler ses bottes. Il ne lui reste plus qu’à trouver ses clés, qu’il a miraculeusement placées sur le crochet à l’entrée pour une fois. « Je vais descendre à ma voiture et je ne reçois pas de signal dans le parking. Je te rappelle dès que je remonte à la surface. » Il raccroche, attrape le trousseau de clés et sort de l’appart. Dans le couloir, il s’arrête à peine le temps de verrouiller la porte, puis il se jette sur la cage d’escaliers. En dévalant les marches quatre à quatre, il manque à deux reprises de dégringoler, se rattrapant de justesse à la rampe de métal.

Une fois installé dans sa voiture, il branche son téléphone au système et démarre sur les chapeaux de roue. Dès qu’il s’est engagé dans la rue, il rappelle Aisling, comme il l’a promis. La tonalité sonne une fois, puis deux, trois… Finalement, c’est la boîte vocale qui lui répond. Malade d’inquiétude, Sid roule comme un fou dans les rues relativement tranquilles de Brisbane. Partagé entre l’envie de brûler tous les feux rouges et la crainte de se faire prendre, et donc, d’être retardé, il hésite à rouler aussi vite qu’il le voudrait. Et pourtant, il réussit tout de même à se garer devant l’adresse que lui a donnée Aisling un peu plus de douze minutes après être parti de l’appartement. Il sort du véhicule. La portière claque derrière lui. Prudent, le tatoueur évalue son environnement avant de s’approcher du hangar. Le bâtiment est aussi délabré et louche qu’il ne l’avait imaginé. Les rayons orangés du soleil de fin de journée, qui étirent toutes les ombres, rendent l’endroit encore plus lugubre. Même si le quartier dans lequel il se trouve ne donne pas directement sur le port, Sid entend tout de même la rumeur de la machinerie lourde qui s’active sur les quais pour charger les conteneurs de marchandise sur les bateaux. Autour de lui, aussi loin que son regard porte, il n’y a que de la grisaille industrielle recouverte de crasse, de graffitis ou des deux.
(sérieusement, qu’est-ce qu’Aisling foutait par ici?)
Encore cette question sans réponse qui le chicote depuis qu’il a reçu l’appel de son amie et qu’il rumine en s’approchant de ce qui semble être la porte principale du hangar. Il songe sans joie que, dans les séries américaines, c’est à ce moment que les policiers brandiraient tous leur revolver en un geste parfaitement coordonné. Mais lui n’a aucune arme, sinon ses poings et ses pieds. Pas très rassuré, mais trop orgueilleux pour se l’avouer, il bombe le torse et entre dans le bâtiment.

L’intérieur n’est pas en bien meilleur état que la façade. Sur le sol jonché de ferraille, Sid aperçoit des taches de ce qu’il croit être de l’essence et… d’autre chose. Il préfère ne pas penser à ce que ça pourrait être. Il enjambe un bout de tuyau…
(tu devrais peut-être le ramasser, au cas où?)
(mais non voyons, ne sois pas ridicule)

…et pénètre un peu plus dans le hangar. Il y fait plus sombre qu’à l’extérieur et il doit plisser les yeux pour arriver à distinguer les ombres entre elles. « Aisling? » D’abord, seul l’écho de sa voix lui revient, amplifié par l’acoustique caverneuse du hangar, puis il entend un drôle de bruit. On aurait dit un genre de gémissement, peut-être de douleur ou de peur et, comme il croit reconnaître la voix de son amie, il presse le pas dans la direction d’où semblait provenir le son en prenant garde à où il met les pieds.



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Dernière édition par Sid Bauer le Lun 17 Juil - 5:30, édité 2 fois
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ÂGE : 23 ans.
SURNOM : Ash, Leen ou Lily par ses amis. Mais pour le reste du monde elle est Ivanna Rose.
STATUT : Elle fuit ce à quoi elle aspire.
MÉTIER : Suicide Girl (modèle érotique), serveuse & danseuse burlesque
LOGEMENT : Appartement #353 à Redcliffe

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PETIT PLUS : Née en Irlande du Nord dans une famille très catholique, parle avec un accent gaélique prononcé. A troqué les rues pluvieuses de Belfast pour le soleil de Brisbane, mais son existence est toujours aussi grise. Se croit bonne à rien, si ce n’est à jeter son corps en pâture aux caméras. Faut bien payer le loyer et la dope destinée à anesthésier sa honte. Aisling se réfugie dans les morceaux de rock qui ouvrent son coeur à sa place. Parfois, elle couche sur le papier le tumulte de ses sentiments et se prends à les chanter timidement. Mal, elle trouve. Végétarienne, elle adore les animaux.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : CamberPhoenixSid [3]Loyd
RPs EN ATTENTE : Je ne prends que 3 RPS à la fois. Les prochains sur la liste sont : Camber [2] ♡ Robin ♡ Nissrin ♡ Debra
PSEUDO : Whitefalls/Whitewolf
AVATAR : Mellisa Clarke
CRÉDITS : MØRPHINE, Neon Demon & tumblr
DC : Jameson la louve & Kyte le vieux type louche
INSCRIT LE : 07/09/2016
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MessageSujet: Re: i'll never let them take the light behind your eyes + aisling   Mar 13 Juin - 19:37




I'll never let them take the light
behind your eyes
Sid & Aisling •• Brisbane, juin 2016

Aisling hoche la tête dans le vide. Elle aimerait supplier Sid de rester au téléphone encore un peu plus longtemps. De ne pas l’abandonner. Mais elle sait bien que si elle le retient il mettra plus de temps à arriver. Alors elle se mord les lèvres pour ne pas tenter de le retenir, et ses doigts tremblants se resserrent autour du téléphone comme pour se raccrocher à ces dernières paroles, cette dernière présence. Et puis il raccroche, et pendant quelques secondes interminables, la tonalité du téléphone fait comme un bruit assourdissant dans sa tête douloureuse. Il va me rappeler dans quelques minutes. Il m’a promis qu’il allait me rappeler. Et Sid tient ses promesses. Aisling essaie de se raisonner, pour ne pas se laisser à nouveau emporter par la panique. Elle écarte maladroitement le petit téléphone portable de son oreille et le glisse dans la poche de son jean. Elle prend quelques inspirations, pour essayer de se concentrer sur autre chose que la douleur sourde qui bat dans ses tempes, l’odeur âcre de son sang et les courbatures de ses muscles raidis par le choc. Et s’il revient ? S’il a essayé de tirer de l’argent sur mon compte et réalisé qu’il ne reste que trois fois rien ? Un sanglot terrifié s’échappe des lèvres d’Aisling et son corps se secoue de sanglots qui ne font qu’augmenter sa douleur et l’anxiété qui la ronge. Il va me tuer. Il va me tuer. Il va me tuer ! Sa respiration saccadée lui donne l’impression de s’étouffer. Elle essaie de reprendre le dessus, de se réguler, mais ce qu’il lui faudrait c’est un valium et Steinberg lui a pris tout ce qu’il lui restait. « Pour rembourser sa dette », qu’il disait, mais Aisling se demande si ce n’est pas plutôt pour la punir plus encore.

Un bruit métallique la fait sursauter. Aux aguets, Aisling tend l’oreille pour essayer de comprendre d’où il provient et à quoi il est dût. C’est surement une barre de fer qui est tombée sur le béton. Ça, ou bien son dealer qui s’en revient de son siphonage de compte peu fructueux et s’amuse à la terroriser avant de lui assener la raclée de sa vie. Cette fois, le sang d’Aisling ne fait qu’un tour et l’adrénaline réveille son instinct de survie (pourtant maigre d'ordinaire). Trouve toi un endroit à peu près sécuritaire, il a dit. Se remémorant les conseils avisés de son ami, Aisling bondit sur ses pieds et se déplace discrètement en essayant d’ignorer la douleur qui émane de son tibia. Qu’importe, il faut bouger : ici, elle est trop exposée. Ses yeux parcourent les ténèbres autour d’elle, seulement perturbées par quelques rayons de lumière orangée qui filtrent à travers les murs ébréchés de l’immense hangar. L’inquiétude la prend de nouveau lorsqu’elle réalise qu’il n’y a littéralement rien pour se cacher. A moins que… Son regard s’attarde sur une rangée de containers tout au fond, superposés sur deux niveaux. Oui, si elle parvient à grimper là-haut, elle sera difficilement visible. Retenant son souffle, elle boitille jusqu’à une petite échelle en ferraille et gravit les échelons en espérant que le bruit léger de ses pas ne parviennent pas jusqu'à l’intrus. Si intrus il y a. Arrivée en haut, elle se glisse sur le caisson métallique et se recroqueville dans un coin d’ombre pour sortir son téléphone, car Sid ne devrait pas tarder à la rappeler. D’ailleurs, elle s’étonne de ne pas l’avoir déjà entendu vibrer dans sa poche. Ce n’est que lorsqu’elle remarque l'écran noir qu’elle en comprend la raison : plus de batterie. Les battements de son cœur s’accélèrent à nouveau et la sensation de solitude s’abat sur ses épaules avec tant de force que son corps chancelle et a tête lui tourne. Ok. Du calme. Elle se dit en s’allongeant sur le métal tiède et humide. Il est en route. Il viendra. Inspiration, expiration. Et s’il ne me trouve pas ? S’il a un accident ? S’il n’avait jamais eu l’intention de me rappeler et qu’il est encore chez lui parce qu’il a mieux à faire que de récupérer une junkie à problèmes dans un hangar ? Inspiration. Inspiration. Inspiration. Expiration. Inspiration. Expiration. Expiration. La danse erratique de ses poumons semble s’accorder avec les battements irréguliers de son cœur pour former une cacophonie assourdissante. Je fais trop de bruit, il va me repérer ! Les larmes coulent le long de ses joues meurtries, et ses sanglots ricochent contre le silence. Les secondes s’étirent et se transforment en minutes, mais il ne vient pas. Il n’a peut-être jamais remis les pieds ici après lui avoir pris son portefeuille en l’échange de quelques bleus et diverse coupures.

Et puis soudain, des bruits de pas. Légers, comme lorsqu’on cherche à être le plus discret possible. Et une voix qui déchire le silence et se répercute contre la taule métallique. Une voix qu’Aisling aurait reconnue entre mille. Le soulagement est tellement intense que son corps ose enfin laisser échapper le gémissement qui grondait en elle depuis ce qui lui semble être une éternité. Un son presque animal, qui ne serait pas loin de l’effrayer si elle n’était pas certaine qu’il soit sorti de sa propre bouche. Apparemment, c’est venu aux oreilles de Sid, car il presse bientôt le pas dans sa direction. Alors elle se redresse mollement et se traîne jusqu’au bord du container pour essayer de l’apercevoir.

- Sid ? Elle appelle d’une petite voix, toujours sur ses gardes. Sid, je suis là !

Et puis elle le voit enfin, bravant les ténèbres de ce triste lieu pour tenter de se repérer au son de sa voix. Sans plus attendre, Aisling redescend le long de l’échelle. Le bruit de ses bottes tapant contre le métal se répercute dans tout le hangar à présent, mais l’irlandaise n’en a plus rien à faire. Sid est là à présent, et il ne pourra plus rien lui arriver de mal. Elle voudrait courir jusqu’à lui, mais la douleur et la honte la retiennent. Alors elle marche lentement dans sa direction. La tête baissée pour essayer de cacher son visage tuméfié derrière ses cheveux emmêlés et collés par le sang.

- Je suis là. Elle reprend timidement. Je suis désolée de te déranger à cette heure-là… je ne savais pas qui appeler, je…

Un bruit sourd la fait sursauter et un hoquet terrorisé s’échappe de ses lèvres, interrompant brusquement le flot de ses paroles. Elle courre presque pour franchir les derniers mètres qui la séparent de Sid et s’accroche à son avant-bras comme à une bouée de sauvetage.

- Il faut y aller, il va peut-être revenir.

Elle souffle d'une voix blanche. Tout son corps est agité de tremblements à présent, et ses dents claquent malgré la tiédeur ambiante. C'est comme si tout le stress qu'elle a éprouvé au cours de la dernière heure se déverse d'un coup dans ses veines pour s'échapper de son corps. Comme si le mécanisme de survie qui l'avait maintenue en état de fonctionner se faisait brusquement la malle, la laissant seule avec le traumatisme de cette agression, et la peur qu'elle se répète.

- Sid, je t'en prie, ramène moi à la maison...

Elle insiste, comme son ami semble hésiter sur la conduite à tenir. Mais Aisling n'a pas vraiment envie de le voir attendre pour affronter Steinberg, ni qu'il l'amène à l'hôpital ou dans une station de police pour faire une déposition. Ce qu'il lui faut maintenant, c'est une couverture chaude, une présence rassurante, une tisane et une peluche. Et les blessures de son âme comme de son corps ne guériront qu'avec le temps. Comme d'habitude.


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Oh I love the taste of cyanide, oh how I love to feel it burn Inside. I'm on the hour and I've been there for a long time but somehow I feel like I'm fading out of line. •• Crashdïet
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MessageSujet: Re: i'll never let them take the light behind your eyes + aisling   Sam 17 Juin - 20:59


i'll never let them take
the light behind your eyes
Aisling + Sid

L'atmosphère dans le hangar est suffocante. Dehors, on respire mieux : le vent frais de l’automne serpente dans les rues et, avec le soleil qui est sur le point de se coucher, la chaleur est tombée. Dans cette immense boîte de conserve, toutefois, l'humidité stagne et alourdit l'air tiède, se mêlant aux relents d'huile à moteur et d'essence. Sid avance prudemment dans la pénombre. Il avait d’abord songé à sortir son téléphone pour utiliser la lampe de poche, mais il s’était ravisé par crainte d'attirer l'attention sur lui. C'est stupide de sa part, mais il n’arrive pas à oublier la voix terrifiée d’Aisling au téléphone. Influencé par l’atmosphère lugubre et oppressante du lieu, il a du mal à contrôler son imagination trop fertile et il voit une silhouette menaçante dans chaque ombre qui se dresse sur son chemin. Depuis le gémissement, il n’y a eu aucun autre son qui aurait pu lui indiquer la présence d’Aisling, aussi s’arrête-t-il un instant pour tendre l’oreille. Malheureusement, il n’entend rien d’autre que des couinements, sans doute émis par un ou deux gros rats, quelque part sur sa gauche, vers le mur. Il fronce le nez, vaguement dégoûté par cette idée. Devant lui, il n’y a presque rien, sauf le vide qui s’étend presque à l’infini et de gros conteneurs en métal bosselé, tout au fond du hangar. C’est vers eux que Sid se dirige lentement, d’abord parce que c’est de là que la voix semblait provenir, et ensuite parce que, si la jeune femme a suivi son conseil et a essayé de se cacher, il ne voit pas où d’autre elle aurait pu le faire dans cet endroit.
(à moins qu’il ne lui soit arrivé quelque chose après que tu as raccroché)
L'image du corps menu d'Aisling gisant dans un bain de sang sur le béton danse devant ses yeux. Angoissé, il cille trois fois pour la chasser.

Finalement, une voix transperce le silence, rebondissant sur les murs pour se rendre jusqu’à Sid et l’interpellant. Il presse le pas pour traverser la quinzaine de mètres qui le sépare du conteneur. Les yeux levés vers l'endroit d'où émanait le son, il scrute l’espace au-dessus des conteneurs. C'est ainsi qu'il voit une forme à peu près humaine se redresser. La chevelure sombre d'Aisling se fond si bien dans l'obscurité qu'il ne distingue presque rien, sinon le faible éclat de sa peau claire. La silhouette s’agite, puis se glisse le long d’une petite échelle de métal qui ne semble pas particulièrement solide. Heureusement, la jeune femme n'est pas lourde et elle réussit à descendre sans que les barreaux rouillés ne cèdent sous son poids. Sid laisse échapper un soupir de soulagement lorsque ses pieds touchent enfin le sol. Cependant, sa joie est de bien courte durée, car il constate aussitôt qu’Aisling est blessée. Elle avance lentement en clopinant, visiblement endolorie. Elle fixe le sol, peut-être pour éviter de trébucher et peut-être pour éviter son regard. Comme un rideau de cheveux dissimule ses traits, il n’arrive pas à voir dans quel état elle se trouve. Piteuse, elle s'excuse de l'avoir dérangé. Sid hoche la tête. « Mais non, ne t'en fais pas. Je suis content que tu m'aies appelé. » Un bruit retentit dans le hangar. Le tatoueur est à peu près certain qu’il provenait du port – sans doute une grue qui a déposé un peu brusquement de la marchandise sur un bateau –, mais Aisling, qui semble croire qu’il s’agit d’autre chose, bondit littéralement vers lui comme un cerf effrayé.

Elle s'accroche de toutes ses forces à l'un de ses bras et lui souffle qu’il va peut-être revenir. Pas besoin d’être clairvoyant pour comprendre qu’elle parle de son agresseur. « D’accord, » dit-il doucement. En fait, il doute que l’homme revienne si tôt sur les lieux du crime. Il pose sa main libre sur l’épaule de d’Aisling, qui tremble de tous ses membres, pour essayer de la calmer. « Sid, je t'en prie, ramène moi à la maison. » Il fronce les sourcils. Ce n'est pas du tout ce qu'il avait en tête, car il se doute qu’elle aura besoin de soins qu'il ne pourra pas lui prodiguer. Sauf qu'il sait aussi que ça ne sert à rien de protester tout de suite. Pâle comme un fantôme, elle le regarde toujours de ses yeux ronds terrifiés. Convaincu qu’il n'arrivera pas à lui faire entendre raison tant qu'elle sera dans cet état, il l’entraîne doucement dans la direction d’où il est arrivé en évitant de répondre directement à sa demande. « Viens. » Au début, ils se traînent lentement vers la porte parce qu’Aisling a de la difficulté à s’appuyer sur sa jambe. Après que Sid rajuste sa prise sur la jeune femme pour supporter une partie de son poids, ils avancent mieux et ils rejoignent assez rapidement la porte. Dans la rue, les derniers rayons du soleil frôlent l’horizon et sont sur le point de disparaître, mais il y fait tout de même plus clair qu'à l'intérieur. Sid guide sans peine son amie jusqu’au flanc de la voiture, contre lequel il l’aide à s’appuyer. Aisling tremble toujours, sans doute plus de choc que de froid, mais le tatoueur se penche tout de même pour ouvrir la portière et attraper son hoodie sur la banquette arrière.

Dans la lumière du jour qui meurt, les blessures de la jeune femme sont bien visibles. Des bleus foncés sont déjà apparus un peu partout sur son visage. Ses bras n'ont pas été épargnés non plus et, en l'aidant à enfiler le hoodie, il remarque l'un d'entre eux, bien en évidence sur son biceps. Il ressemble à l'empreinte d'une main, avec chacun des doigts clairement définis. Une boule de fureur brûlante se forme dans l'estomac du tatoueur, qui serre la mâchoire pour en laisser paraître le moins possible. Ce n'est pas le moment de laisser libre court à sa colère : il doit continuer à se montrer calme et rassurant pour son amie.
(n'empêche, si le bâtard qui t'as fait ça se trouve un jour sur mon chemin, je vais m'assurer qu'il n'aura pas l'occasion de recommencer)
Le sang qui a glissé le long du menton d'Aisling le distrait de ses pensées assassines. Il tend la main pour repousser doucement ses cheveux vers l'arrière, dégageant du coup une coupure de quelques centimètres qui s'étire du front à la tempe de la jeune femme. Une folle envie de laisser échapper quelques jurons bien colorés le traverse, mais il se retient de le faire. Il réfléchit plutôt à la situation et, plus précisément, à tout ce qu’il ignore de la situation. Comment Aisling s’est-elle retrouvée dans ce hangar? Qui l’a agressée et pourquoi? Se trouvait-elle simplement au mauvais endroit au mauvais moment? Même s’il meurt d’envie de comprendre, il décide de remettre l’interrogatoire à plus tard. C’est qu’il vaut mieux choisir ses batailles et, pour l'instant, le plus important est de la convaincre d'aller voir un médecin. Il pourra toujours lui poser des questions plus tard, une fois qu’elle se sera calmée. « Je pense vraiment qu'on devrait aller à l'hôpital. Ou au moins à une clinique. » Il parcourt rapidement ses blessures du regard. « Tu pourrais avoir une commotion cérébrale, une jambe ou des côtes cassées… Et je crois qu'il te faudrait des points de suture. » Il est à peu près certain qu'ils devraient aussi aller faire une déclaration au poste de police le plus près, mais il se doute bien que, si elle n'a pas envie d'aller se faire soigner, elle voudra encore moins parler à un policier. « Si tu ne veux absolument pas aller à l'hôpital, il faudra arrêter à une pharmacie pour acheter de quoi te faire des bandages et refermer cette coupure, » ajoute-t-il prudemment. Il préfère de loin la première option, mais ce n'est pas comme s'il allait traîner contre son gré une Aisling récalcitrante et traumatisée jusqu’aux urgences.



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MessageSujet: Re: i'll never let them take the light behind your eyes + aisling   Dim 25 Juin - 18:07




I'll never let them take the light
behind your eyes
Sid & Aisling •• Brisbane, juin 2016

Ses yeux dans les siens, Sid semble hésiter. Mais pourquoi il hésite ? Enfin, le regard de son ami s’adouci et il place sa main autour de ses épaules meurtries pour l’entraîner hors de cet endroit terrifiant. Aisling n’a pas besoin de se faire prier. Elle hoche vigoureusement sa tête et clopine docilement à ses côtés. Alors que l’adrénaline et le choc s’éloignent peu à peu, la douleur reprend ses droits et elle éprouve une difficulté grandissante à s’appuyer sur sa jambe. Heureusement, Sid le remarque et passe un bras autour de sa taille pour la porter à moitié, et Aisling est tellement touchée par ce soutien discret, cette petite marque de considération, que les larmes menacent de monter à nouveau jusqu’à ses yeux humides.

Et puis enfin, ils sont dehors. L’odeur de l’iode, le bruit lointain des vagues et la lumière tamisée du début de soirée forment un tableau d’un calme qui semble déplacé par rapport à l’ouragan qui agite Aisling de l’intérieur. Elle n’arrive pas à s’y accrocher, à inspirer cette sérénité pour s’apaiser. Comme un automate, elle suit Sid jusqu’à sa voiture et le laisse la déposer contre la taule. C’est comme si elle était à l’extérieur de son corps. Elle ne réalise qu’elle tremble que lorsque Sid l’enroule dans un hoodie trop grand pour elle. Ne prend conscience de cette affreuse coupure sur son visage que lorsqu’il écarte les quelques mèches de son front et qu’elle lit la peine et la colère dans son regard. Cette colère qui l’effraie soudain. Cette colère qu’elle pense avoir provoqué. Tout comme cette situation. Et toutes les merdes qu’elle attire comme un aimant. La honte lui brûle les entrailles et le visage pareil. Aisling baisse les yeux pour ne plus avoir à affronter cette lueur dans le regard de Sid. L’espace de quelques secondes, elle regrette de l’avoir appelé. Elle aurait tant aimé qu’il ne la voit jamais ainsi. Rester pour lui cette amie avec qui manger des frites et regarder des épisodes de série télévisées et parlant de leurs musiques préférées. Se sentir normale et sereine en sa compagnie, tout en sachant qu’il ignorait tout de sa capacité phénoménale à attirer les ennuis. Elle avait été si naïve de s’imaginer qu’elle pourrait plus longtemps protéger leur amitié de sa réalité. Car la paix, la vraie, Aisling ne sait pas ce que c’est. Elle ne l’a jamais connue. Pourrait-il en être autrement, lorsqu’on est née comme elle dans les ruines d’une ville déchirée par une guerre civile ? L’irlandaise est tellement habituée à avoir le chaos pour quotidien qu’elle ne sait même pas ce qu’elle ferait si un jour il l’abandonnait à son tour. Au fond, cet éternel tourment est presque rassurant. Prévisible.

Plongée dans ses pensées, Aisling sent le présent lui échapper. Réfugiée dans son monde imaginaire, elle se sent presque en sécurité. Mais la voix de Sid la ramène finalement à la réalité, et sa suggestion de l’emmener à l’hôpital lui fait comme un coup de poignard. Elle relève la tête et n’essaie même pas de cacher l’appréhension qu’affichent ses grands yeux. Les battements de son cœur s’accélèrent et elle secoue négativement la tête. Elle n’est peut-être pas très futée, mais elle sait bien une chose : à l’hôpital, on lui demandera comment elle s’est fait tout ça. Et puis on la forcera à faire une déposition. Et Aisling, elle ne parle pas à la police. Question de principe. La police, c’est l’ennemi. C’est les types qui débarquent en hurlant au milieu de la nuit. Ceux qui l’arrachent à son lit et fouillent son matelas à la recherche d'armes illégales. Ceux qui brutalisent sa mère et emmènent son père en prison. Ceux qui abattent les siens en pleine rue s’ils refusent de décliner leur identité ou ont le malheur de s’exprimer en gaélique avec fierté. Éirinn go brách!, un dernier cri avant la mort. Et puis ici, la police vérifierait son identité. Et alors il ne leur faudrait pas longtemps avant de réaliser qu’Aisling est en Australie sans visa. Moins de temps encore pour la jeter dans le premier avion pour Belfast, ou plus rien ne l’attend sinon la douleur et la honte.

- Non pas l’hôpital, je t’en prie ! Elle plaide d’une voix désespérée. C’est inutile, c’est rien. C’est beaucoup plus moche que dangereux. Un truc qui se confond entre le rire et le sanglot s’échappe de sa bouche. Je t’assure, j’ai l’habitude. Je le saurais si c’était grave.

Elle dit pour le rassurer, sans réaliser à quel point ses paroles trahissent l’anormalité de sa situation. Mais pour Aisling, ce n’est pas étrange, c’est le quotidien. Les coups pleuvaient dans son enfance. Et même si ça la terrifiait, elle sait que les bleus guérissent d’eux-mêmes et les bossent partent avec le temps. Que les coupures cicatrisent et ne laissent que quelques griffures blanches sur sa peau pâle. Le plus difficile c’est de les retirer de son cœur. De ne pas sursauter lorsque quelqu’un hausse la voix. De ne pas se protéger de ses mains au premier geste brusque. De se retirer de la tête que tout le monde finira par la blesser, que tous les hommes ont la violence dans le sang, et que le jour viendra ou même Sid la trouvera tellement idiote qu’il ne pourra pas s’empêcher de lui mettre une raclée. Et ce jour-là, elle aura mal, mais plus que son corps, c’est son cœur qui sera meurtri. Elle hoche néanmoins la tête lorsque Sid semble trouver un compromis.

- D’accord pour la pharmacie.

Elle finit par accepter. Elle sent bien que cette option ne satisfait que moyennement son ami, et elle s’en veut de lui infliger ça sans rien lui dire. Mais ses lèvres restent scellées jusqu’à ce qu’il ouvre finalement la porte et l’installe sur le siège passager. Elle attache sa ceinture de sécurité et ses yeux se perdent dans le vague, errant sur le bord de la route qu’ils longent. Les accords de guitare qui s’échappent de l’autoradio font comme un baume sur son cœur. Au bout d’un moment, elle jette un regard en biais vers Sid, et elle déteste la tension qu’elle voit dans ses traits et qui trahissent l’inquiétude et les questionnements qui le rongent. Il ralenti, et s’arrête sur le côté de la route. Probablement pour aller chercher les médicaments qui lui semblent nécessaire. Et brutalement, Aisling ne supporte plus ce silence et ces non-dits. C’est comme si elle ne peut pas le laisser quitter la voiture sans une demi explication, une once de gratitude.

- Sid ? Elle appelle d’une petite voix. Je suis vraiment désolée de te mêler à tout ça. J’sais bien que tu mérites mieux que ça. Mais je voulais te dire merci. Je m'attendais vraiment pas à ce que tu viennes.

Ni à ce qu'il respecte sa volonté de ne pas vouloir se rendre à l'hôpital, mais elle n'a pas trop envie d'insister là-dessus, étrangement.


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MessageSujet: Re: i'll never let them take the light behind your eyes + aisling   Lun 3 Juil - 6:24


i'll never let them take
the light behind your eyes
Aisling + Sid

Comme il s'y attendait, sa réaction lorsqu’elle entend le mot hôpital est loin d'être positive. Tout son visage se décompose comme une aquarelle diluée par la pluie. Dans ses yeux qui s'ouvrent tout grands de frayeur, il lit une supplication pas du tout voilée, le même genre d'expression qu'un animal aurait en chemin pour l'abattoir. Comme si ce n'était pas suffisamment crève-cœur en soi pour le convaincre d'ignorer son instinct, elle en rajoute une couche. Il est à peu près certain qu'elle n’a pas conscience de l’incongruité de ses paroles. Comment peut-elle dire qu’elle a l’habitude d’être recouverte de bleus et de bosses comme si c'était la chose la plus naturelle au monde? Et cette révélation un peu tordue le fait tout à coup douter de lui-même. Se baladait-elle avec une constellation de blessures lorsqu’ils passaient du temps ensemble? A-t-il été aveugle au point de ne pas voir que son amie avait besoin d'aide? Et, surtout, aurait-il pu faire quelque chose avant qu'elle ne se fasse tabasser dans ce hangar? À cette idée, Sid sent son cœur se tordre dans sa poitrine comme si quelqu’un venait de l’empoigner fermement et de l’écraser. Il hoche la tête. « D'accord, d'accord. Pas d'hôpital, promis. » Elle se détend aussitôt. Le mouvement est presque imperceptible, mais le tatoueur, qui a toujours les mains posées sur les épaules d’Aisling, sent ses muscles se délier sous ses doigts. Rassurée, elle accepte au moins d'arrêter à la pharmacie. C’est une maigre consolation pour Sid, qui sent déjà venir la nuit d'insomnie. Il sait qu’il ne pourra pas s’empêcher de vérifier à toutes les heures que son amie dort normalement et pas parce qu’une commotion cérébrale non détectée l'a envoyée dans le coma. Tout en gardant un œil sur Aisling, au cas où elle perdrait l’équilibre, il se penche pour ouvrir la portière. Il aide ensuite la jeune femme à se glisser dans le siège passager, la soutenant lorsqu’elle doit s’appuyer sur sa mauvaise jambe pour monter. Une fois qu’elle est bien installée, il referme la portière et contourne le capot pour prendre place côté conducteur. Il démarre la voiture et boucle sa ceinture avant de jeter un coup d’œil discret dans la direction d’Aisling pour s'assurer qu'elle en a fait autant.

La nuit est bel et bien tombée maintenant et Sid doit allumer les phares avant de s'engager dans la rue déserte. Ils roulent un moment parmi les immeubles gris. Bientôt, ils laissent derrière eux ce quartier plutôt mal famé de Brisbane pour retrouver la ville que le tatoueur connaît bien. Dans l'habitacle, aucune parole. Il n’y a que le ronronnement du moteur et le gémissement des guitares électriques qui s'échappe de la radio. Sid se concentre sur la route pour s’occuper l’esprit. De cette façon, il arrive à ignorer les questions sans réponse qui tourbillonnent dans sa tête. Les mains serrées sur le volant, il reproduit distraitement du bout des doigts le rythme de la chanson qui passe à la radio. Il y a tant de choses qu'il ignore d'Aisling : qui elle est vraiment, ce qu’elle a vécu, les gens qu'elle côtoie… Ils discutent beaucoup, oui, mais rarement de sujets sérieux ou de leur vie. Il sait quel est son groupe fétiche et qui est son idole, quel film elle écoute pour rire et lequel l'endort à tous les coups. Mais il ne sait pas grand-chose sur elle, ni sur son histoire. Elle vient d'Irlande, ça il le sait. Mais a-t-elle des frères? Des sœurs? Ses parents sont-ils encore vivants? Et si oui, ont-ils des nouvelles de leur fille? Tout ce qu'il connaît d'elle, ce sont les détails qui flottent à la surface. Il ignore ce qu’elle peut bien cacher au plus profond d’elle-même et il ne peut s'empêcher de se demander si, parmi ces choses qu'il ignore, justement, il n'y en aurait pas une qui expliquerait ce qu’elle faisait dans ce hangar ou pourquoi elle a l'air d'avoir perdu un match de boxe.

Il tourne dans une rue un peu plus achalandée et remarque une petite pharmacie encore ouverte malgré l'heure tardive. Craignant que celle de son quartier soit fermée, il décide de s’arrêter là. Il se gare en douceur sur le bord de la chaussée et éteint le moteur, mais pas la radio. La main sur la poignée, il cherche ce qu’il devrait dire. Au final, il n’a pas besoin de se casser la tête parce qu’Aisling l'interpelle. Il se tourne vers elle. « Je suis vraiment désolée de te mêler à tout ça. J'sais bien que tu mérites mieux que ça. Mais je voulais te dire merci. Je m'attendais vraiment pas à ce que tu viennes. » Étonné par cette confession inattendue, il hausse les sourcils. « Mais qu’est-ce que tu racontes? Tu peux compter sur moi, tu sais. Si tu as besoin d'aide, je serai là. » Une étincelle de doute s'allume dans les prunelles d’Aisling. Le tatoueur soutient son regard, comme s'il pouvait lui prouver toute sa sincérité par ce simple contact visuel. Il pose une main sur l’avant-bras de la jeune femme, le presse doucement. « J'en ai pour une dizaine de minutes tout au plus. Ça va aller si je te laisse toute seule ici? » Elle acquiesce d'un petit hochement de tête. Satisfait, il lui sourit et sort de la voiture.

Songeur, il pousse la porte du petit commerce. Le commentaire d’Aisling le laisse perplexe, encore une fois. Pourquoi ne serait-il pas venu à son secours? Il suppose qu’il pourrait être vexé par ce qu'elle semblait insinuer sur sa personnalité, mais il ressent plutôt une vague tristesse. Ce genre de désespoir ou de résignation ne naît pas de rien. Pour en arriver à ce point, elle a dû être abandonnée à de nombreuses reprises. La voix d'une employée qui lui demande d'un ton inquiet s'il a besoin d'aide le tire de ses pensées. Ça doit faire un petit moment qu'il réfléchit tout seul dans l'entrée parce qu'elle l'observe d'un drôle d'air. « Euh... non merci, ça va. » Il parcourt rapidement les rayons du regard pour repérer celui des premiers soins. Sur les tablettes, il y a des dizaines de produits et il les examine avec l’impression d’être complètement dépassé par les événements. C'est pas le moment de craquer. Il inspire profondément pour retrouver ses esprits. En revoyant mentalement les blessures qu’il a remarquées sur son amie, il choisit des pansements de différentes tailles, un tube d’onguent antibiotique, une pommade pour les bleus et une boîte de Stéristrips. À peu près convaincu d’avoir tout ce dont il a besoin, il se rend à la caisse pour payer ses achats. Sac en main, il ressort de la pharmacie et va se rasseoir dans la voiture. Les pansements échouent sur la banquette arrière, puis Sid rallume le moteur. « On n’en a plus pour très longtemps, on est presque arrivés chez moi. » Aisling voulait retourner chez elle, mais le tatoueur sait qu’elle habite au dernier étage d’un immeuble sans ascenseur. Avec sa jambe blessée, elle aurait certainement eu du mal à grimper jusqu’à son appartement. L’immeuble de Sid, lui, a un ascenseur. Ce n’est qu’une petite cage, à peine assez grande pour que quatre personnes y prennent place, et tellement lente que le jeune homme trouve les escaliers plus rapides, mais qui sera ce soir très utile.

La voiture s’engage enfin dans le parking sous-terrain de l’immeuble. Sid se gare dans son stationnement désigné qui, heureusement, ne se trouve pas très loin de la porte. Il attrape ses achats et s’empresse d’aller aider Aisling, qui a déjà détaché sa ceinture et ouvert la portière. Il lui tend la main pour l’aider à garder l’équilibre. Une fois qu’elle est debout, il glisse à nouveau un bras autour de sa taille pour la soutenir. Ils avancent lentement jusqu’à l’ascenseur. Les portes s’ouvrent dès que le tatoueur appuie sur le bouton et ils entrent dans la cage. Il leur faut un bon deux minutes pour atteindre le cinquième étage, mais ils finissent par rejoindre l’appartement de Sid. Une fois qu’ils sont entrés, le jeune homme entraîne Aisling jusqu’au canapé, où il la fait asseoir. Il dépose ensuite son nouveau kit de premiers soins sur la table basse du salon. Il s’y installe à son tour, face à la jeune femme. « Est-ce que je peux m’occuper de tes blessures? » Il préfère demander parce que la dernière chose qu’il veut, c’est la mettre mal à l’aise. « Et… » Il ne sait plus s’il a vraiment envie de poser la question qui le hante depuis qu’il a reçu l’appel de la jeune femme. Car, même s’il brûle de comprendre, il a de plus en plus l’impression que la réponse lui déplaira profondément. Et pourtant, il faut bien qu’il se lance… « Est-ce que tu veux me parler de ce qui t’est arrivé? »



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MessageSujet: Re: i'll never let them take the light behind your eyes + aisling   Mar 11 Juil - 22:08




I'll never let them take the light
behind your eyes
Sid & Aisling •• Brisbane, juin 2016

Tu peux compter sur moi. Si tu as besoin d’aide, je serai là. Les mots qui sortent de la bouche de Sid résonnent dans le cœur d’Aisling et toute son âme aimerait y croire. Et si c’était vrai ? Ne vient-il pas de le prouver, après tout ? Cette fois oui. Peut-être encore la prochaine. Mais la suivante ? Sid n’est qu’humain, il finira par se lasser. Par comprendre que t’es qu'une cause désespérée. Comme tous les autres, il disparaîtra quand t'auras le plus besoin de lui. Le contact des doigts de son ami sur la peau de son avant-bras l’arrache à ses doutes avec un frisson. Il lui demande si elle se sent de rester seule dans la voiture, et elle hésite quelques secondes. La solitude la terrifie. Il y a bien trop de terreurs cachées dans les recoins les plus sombres de cette ruelle la nuit. Mais l’idée de sortir, d’affronter le regard de la pharmacienne sous le puissant éclairage des néons la paralyse encore plus. Alors elle finit par hocher la tête et Sid s’échappe de la voiture après lui avoir adressé un sourire compatissant. Elle le suit des yeux lorsqu’il traverse la route, jusqu’à ce qu’il soit engouffré par la boutique. Et là, elle se concentre sur la musique. Tout pour éviter de sombrer à l’intérieur d’elle-même. Elle y arrive plutôt bien d’ailleurs. Son esprit en veille, son regard perdu dans le vague. Ce serait mieux avec des opiacés ou encore du valium. Voilà ce dont elle aurait réellement besoin. Voilà ce qui la guérirait mieux que des pansements et du désinfectant. Mais évidemment, ça, elle ne peut pas le dire à Sid. Ça doit rester un secret. Un secret qui la bouffe de l’intérieur et qui finira par la faire crever.

Le vide est terrifiant lorsque Sid s’installe à ses côtés. Un peu plus et elle serait tombée dedans. Elle essaie de s’éloigner des bords qui l’angoissent. De reprendre contact avec l’aspect sécurisant de l’habitacle. La chaleur des yeux de Sid. Le ronron apaisant du moteur. Elle trouve un peu de réconfort dans la voix de Sid qui lui annonce qu’ils seront presque arrivés chez lui. Alors elle hoche de nouveau la tête. Chez lui, chez elle, quelle différence ? Du moment qu’on lui donne une couverture, qu’on panse ses plaies, qu’on lui serve une tisane et qu’on l’arrache à la réalité. Chez moi il y a Halloween, proteste une petite voix à l’intérieur. Elle donnerait n’importe quoi pour sentir son chat se coucher en boule sur ses genoux, caresser son pelage si doux du bout de ses doigts et s’enivrer des ronronnements bruyants et calmes qu’elle ne manquera pas d’émettre à ce contact. Peut-être, mais chez Sid, il y a Sid. Et sa présence lui apporte toujours un sentiment de sécurité qui est devenu presque plus addictif que les drogues qu’elle a l’habitude de consommer. Plus rare et plus nouveau, aussi.

La voiture glisse bientôt dans un parking sombre. Aisling guette le moindre bruit sans s’en rendre compte. Au loin, une portière claque et la fait sursauter. Même le bruit de ses pas sur l’asphalte, qu’elle essaie de minimiser en avançant sur la pointe des pieds, lui semblent faire un capharnaüm. Aidée de Sid, elle se glisse dans l’ascenseur, puis jusqu’à l’appartement où elle se laisse installer sur le canapé. A moitié présente, à moitié absente. A mesure que la menace du danger s’éloigne, son esprit semble s’enfoncer dans un brouillard. Aisling l’accueille avec soulagement. Elle sait que cette facilité à se déconnecter du monde ne la laissera jamais tomber. Depuis sa plus tendre enfance, elle est sa plus grande alliée. Si bien qu’elle aimerait l’avoir tout le temps à ses côtés. Et peut-être même que c’est pour ça qu’elle consomme. Pour le retrouver, ce cocon de coton qui la sépare de la froideur terrifiante de la réalité. Une fois de plus, la voix de Sid l’arrache à ses demi-songes. Avec effort, ses prunelles se fixent sur le visage du tatoueur et ses sourcils se froncent alors qu’elle essaie de comprendre ce qu’il cherche à lui demander. Il lui faut un moment qui lui semble bien trop long pour comprendre qu’il lui souhaite l’autorisation de s’occuper de ses blessures. Et ça la surprend tellement qu’elle ne sait pas quoi répondre. D’ordinaire, les gens ne demandent pas. Ils prennent. Alors Aisling, elle n’a pas l’habitude de contrôler ce qui arrive à son corps.

- Euh… oui, bien sûr, vas-y.

Elle bredouille maladroitement en écartant sa frange de son visage pour laisser apparaître les bleus et coupures qui décorent certainement son front et ainsi que le reste de son visage. Elle espère que ces marques ne sont pas trop profondes. Que c’est le genre qui disparaîtront toutes seules en quelques jours. Parce que son visage, elle en a besoin pour les photoshoots. Même si elle ne le trouve pas très joli, c’est son gagne-pain. Et elle sait que personne ne voudra d’une Ivanna couverte de cicatrices. Elle s’attend à recevoir les soins de Sid. A sentir que ça pique et à essayer de rester brave, tout en sachant bien que c’est pas une qualité qu’elle possède, la bravoure. Mais rien ne vient. Alors Aisling cherche timidement le regard de son ami, et ce qu’elle y lit la trouble profondément. C’est comme s’il est en proie à un dilemme auquel il n’a pas vraiment envie de faire face. Et pourtant, il finit par se lancer.

- Oh…

Ce murmure de surprise et de compréhension mêlée pend à ses lèvres. Un peu comme lorsque le ciel s’éclaire juste avant que le grondement du tonnerre n’éclate. Et lorsqu’il frappe en elle, c’est avec violence. L’anxiété de devoir prendre une décision. Le dégoût du mensonge. La peur de la vérité et de ses conséquences. Sur elle. Sur Sid. Sur eux. Elle prend une inspiration pour se calmer mais ça lui procure l’effet inverse. Un sanglot silencieux monte dans sa gorge alors que ses lèvres se mettent à trembler. Ses cils s’affolent mais ne parviennent pas à retenir une larme qui coule le long de sa joue et qu’elle essuie du bout des doigts en détournant les yeux.

- Non, j’ai pas trop envie. Elle avoue d’une voix tremblante. Parce qu’après ça tu me verras plus pareil. Et puis… tu m’aimeras plus.

Elle déteste l’immaturité de sa réponse, expression de sa faiblesse infantile. Elle déteste ses décisions merdiques qui l’ont amenée dans cette situation. Toutes les erreurs de son passé et le futur sans espoir auquel elle s’imagine ainsi destinée. Et elle se dit que tout ce qui vient de lui arriver, elle l’a bien mérité. Les mots crus, le dédain et les coups pareil. Et alors les sanglots se font plus oppressants. Trop pour qu’elle puisse les retenir. Elle plaque les mains contre ses lèvres pour étouffer les sons paniqués qui cherchent à s’échapper de sa gorge mais ne peut lutter contre les larmes qui baignent ses joues et collent ses cheveux contre son visage tuméfié.  


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MessageSujet: Re: i'll never let them take the light behind your eyes + aisling   Lun 17 Juil - 5:18


i'll never let them take
the light behind your eyes
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Son calme de façade s'émiette d'abord doucement, puis de plus en plus rapidement, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que des ruines et des larmes, de grosses larmes qui débordent de ses grands yeux bleus et dévalent le long de ses joues. Sid a mal de la voir dans cet état, mal de ne pas comprendre ce qui lui est arrivé, mal de ne pas savoir comment l'aider. Alors il fait la seule chose qui lui paraît logique en cet instant. Il se lève et va s'asseoir sur le canapé à côté d'Aisling. Il glisse un bras autour de ses épaules pour l'attirer vers lui et, lorsque sa tête est bien calée dans son cou, il l'enlace et la serre contre lui. Secouée de sanglots, elle tremble presque dans son étreinte. Sid la laisse pleurer sa peur et sa douleur sans dire un mot, se contentant d'être une présence rassurante, une épaule sur laquelle elle peut s'appuyer. Au bout de longues minutes, elle se calme, mais comme elle ne semble pas prête à s'éloigner pour autant, il ne desserre pas son étreinte. Avec rien d'autre à faire que de réconforter tendrement son amie, Sid sent son esprit s'échauffer à nouveau en essayant de comprendre ce qui a bien pu se passer dans ce hangar. La réaction d’Aisling n’était pas particulièrement étonnante après ce qu’elle a vécu, mais Sid ressent tout de même une pointe d’inquiétude. Quel peut bien être ce secret si lourd qu’elle est convaincue qu’il prendra ses jambes à son cou en l’entendant? Sans qu’il ne puisse l’arrêter, son cerveau ne cesse d’imaginer des scénarios de plus en plus angoissants.

Les photos ne lui rapportent plus assez d’argent, alors elle a commencé à se prostituer et une rencontre avec un client a mal tourné.
Elle a été kidnappée, mais elle a réussi à échapper à son ravisseur au prix d’une bonne raclée, et, ne sachant où aller, elle s’est réfugiée dans ce hangar parce que c’était le premier bâtiment dans lequel elle a pu entrer.
Elle allait rencontrer un mec avec qui elle communiquait en ligne depuis un bon moment et elle ne s’est pas rendu compte qu’il lui avait donné rendez-vous dans l’un des quartiers les plus louches de la ville avant qu’il ne soit trop tard.
Elle se baladait tranquillement en ville et a abouti par hasard dans ce quartier. Au tournant d’une rue, elle est tombée sur un gang qui menait un commerce illicite et qui l’a bien tabassée pour ne pas qu’elle raconte ce qu’elle a vu.
Ou il y a une possibilité beaucoup plus simple et beaucoup plus logique à laquelle tu évites soigneusement de penser depuis tout à l'heure.
Elle n'a pas été enlevée.
On ne pas l'a emmenée de force dans ce hangar.
Si elle s’est retrouvée dans ce quartier mal famé, tout près du port où, c’est bien connu, les cargaisons de drogue arrivent souvent, c’était pour rencontrer son dealer. Et quelque chose a dérapé.

Plus que toutes les autres, cette possibilité lui donne froid dans le dos. Non pas qu'elle soit fondamentalement plus terrible que les autres – au contraire, elle est probablement moins pire que certains de ses autres scénarios catastrophes. Seulement, c'est une possibilité qui lui rappelle un peu trop les années difficiles qu’il a vécues et la blessure qui vient avec. Cette blessure profonde qu'il porte encore en lui et qui, si elle s'est refermée avec le temps, est loin d'être totalement cicatrisée. Les drogues l’ont toujours terrifié, car il a été témoin des ravages qu’elles peuvent causer. C’est ce qui lui a donné la force de rejeter leur paradis artificiel alors qu’il rêvait juste d’engourdir la douleur de son âme à vif. Ça n’a pas été facile. Avec l'alcool comme seul anesthésie, il vivait toujours dans la colère, une colère qui grondait en lui comme un volcan qui rougeoie, toujours prêt à faire éruption. Il lui avait fallu tellement d’efforts et tellement d’eau pour l’éteindre, ce volcan… Il est passé à un cheveu de tout perdre et même de se perdre lui-même pour y arriver.
Il a changé, il a vieilli, c’est vrai. Il n'est plus cet ado impuissant devant l'enfer. Mais il ne sait pas s'il pourrait retomber les deux pieds dans son passé, dans cette lutte qui n’est même pas la sienne, sans redevenir ce gamin perdu.
Et ça lui fout les jetons, parce qu’il ignore s’il pourra tenir sa promesse.
Si tu as besoin d'aide, je serai là, qu’il a dit à Aisling. Et il était sincère. Il l’est toujours.
Sauf que le gouffre noir de la drogue, c'est bien la seule chose qui serait capable de l'effrayer au point de le faire fuir. Il ne veut pas se retrouver coincé entre l'arbre et l'écorce : choisir Aisling ou se choisir lui-même. Sauver la vie de son amie, ou sauver la sienne.
Il n'a jamais été doué pour se choisir lui-même.
Mais il ne sait pas s'il aurait la force de choisir Aisling non plus.

Heureusement, Mouse le tire de ses pensées avant que ses angoisses ne se gonflent comme un vent d’ouragan dans sa tête. En effet, l’animal a choisi ce moment pour se pointer le bout du nez. Il s’est approché d’eux en louvoyant entre les meubles. Stupéfait, le tatoueur voit son chat, d'habitude si prudent avec les humains, et même avec Aisling, qu'il a pourtant rencontrée plusieurs fois, venir s'enrouler autour des jambes de la jeune femme en ronronnant. Après un miaulement doux, comme un roucoulement séducteur, il bondit sur les cuisses d'Aisling, où il se roule en boule. Ébahi, Sid songe qu’il a peut-être senti son tourment et compris confusément qu’elle aussi a été trahie et malmenée par les humains. Profitant de ce que son amie s’est détachée de lui pour cajoler la petite bête noire et blanche, il en profite pour aller se laver les mains à la cuisine. Il remplit aussi un petit bol d’eau tiède. Après un détour à la salle de bain, où il attrape la serviette la plus douce qu’il possède, il revient se percher sur le bord de la table basse. En un tournemain, il a vidé le sac de la pharmacie et étalé les produits de premiers soins à côté de lui.

La jeune femme caresse toujours Mouse, qui étire le cou en ronronnant, visiblement satisfait de ses caresses. Sid doit donc glisser un doigt sous son menton pour qu’elle relève la tête. Après avoir mouillé la serviette, il se met à essuyer délicatement le sang qui a séché le long de son visage. Arrivé à la coupure, il remet la serviette dans le bol. L’eau se teinte aussitôt d’orange. Compresse en main, il applique du liquide antiseptique sur la coupure. Le visage d’Aisling se contracte en une grimace d’inconfort et le tatoueur esquisse un sourire désolé, le même qui orne ses lèvres lorsqu’il doit tracer une ligne à un endroit particulièrement douloureux sur le corps d’un client. Une fois la blessure bien nettoyée, il attrape la boîte de Stéristrips. Il a l’habitude de ces petits pansements collants qui permettent de refermer des coupures presque aussi bien que des points de suture. À l’époque où il se battait souvent dans les bars, il avait appris à utiliser ces petits bidules. En appliquant les bandes sur l’arcade sourcilière de la jeune femme, il songe que c’est beaucoup plus facile à placer sur les autres que sur soi-même. En quelques minutes à peine, il a terminé. Sans le sang qui avait coulé et la coupure béante, Aisling a déjà meilleure allure, même si sa mâchoire bleuie devient de plus en plus foncée.

L’incompréhension le gruge de l’intérieur. Il doit absolument savoir ce qui s’est passé, ne serait-ce que parce qu’ils ne peuvent pas envisager de continuer à bâtir une amitié solide si un tel secret plane toujours entre eux. « T’es certaine que tu ne veux pas me raconter un peu ce qui t’es arrivé? » Il a parlé d’une voix très calme, les yeux toujours rivés sur le pansement qu’il déballe. Il espère qu’elle aura plus de facilité à se confier si elle ne se sent pas observée. « Tu peux tout me dire, tu sais. Je ne m’enfuirai pas. Je ne crierai pas. Je ne serai pas fâché. Je vais juste t’écouter. » Il continue à soigner ses blessures comme si de rien n’était, comme s’il n’attendait pas, tendu jusqu’au bout des orteils, d’apprendre enfin la vérité, comme si ses tripes ne remuaient pas dans tous les sens dès qu’il songe à ce qu’elle pourrait lui révéler. Comme s’il était vraiment ce mur solide et indestructible qu’il prétend être.



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PETIT PLUS : Née en Irlande du Nord dans une famille très catholique, parle avec un accent gaélique prononcé. A troqué les rues pluvieuses de Belfast pour le soleil de Brisbane, mais son existence est toujours aussi grise. Se croit bonne à rien, si ce n’est à jeter son corps en pâture aux caméras. Faut bien payer le loyer et la dope destinée à anesthésier sa honte. Aisling se réfugie dans les morceaux de rock qui ouvrent son coeur à sa place. Parfois, elle couche sur le papier le tumulte de ses sentiments et se prends à les chanter timidement. Mal, elle trouve. Végétarienne, elle adore les animaux.
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MessageSujet: Re: i'll never let them take the light behind your eyes + aisling   Mar 25 Juil - 2:11




I'll never let them take the light
behind your eyes
Sid & Aisling •• Brisbane, juin 2016

Elle s’attendait au silence de Sid. Elle s’attendait même à ce qu’il s’en aille, tout simplement, frustré par ses secrets et sa faiblesse apparente. Mais Aisling n’aurait jamais imaginé deux secondes qu’il s’installe à ses côtés sur le divan et lui ouvre l’espace de ses bras pour tenter de l’aider à rassembler les morceaux de son cœur. Dans un premier temps, cette marque de tendresse et de compassion ne fait qu’accentuer son chagrin. Comme encouragées par cette étreinte, les vannes s’ouvrent complètement, et il semble à Aisling que ce sont les litres de larmes qui s’écoulent sur ses joues et sur les épaules désormais trempées du tatoueur. Elle s’accroche désespérément à son tee-shirt, comme si elle avait peur qu’il puisse brusquement lui échapper et l’abandonner à la peur, la douleur, la honte et les regrets qui la rongent de l’intérieur. Mais les minutes passent, et il est toujours là à ses côtés. Avec ses mains qui caressent parfois son dos et parfois ses cheveux. Ces gestes simples et amicaux qui la maintiennent dans la réalité et empêchent ses démons de l’attirer vers les abysses de son âme pour l’y noyer. Alors petit à petit, Aisling commence à se calmer. Les larmes cessent de couler. Les spasmes s’espacent. La respiration reprend un rythme régulier, entrecoupée par quelques reniflements encombrés, quelques soupirs à fendre l’âme. Et bientôt, une petite présence rassurante vient s’ajouter à celle de son ami. La douceur d’une fourrure qui s’enroule autour de ses jambes nues avant de sauter sur ses genoux. Surprise, Aisling laisse échapper un son qui se situe entre le couinement et le rire.

- Coucou Mouse. T’es bien câlin aujourd’hui.  

Elle murmure d’une petite voix enrouée. Il lui répond d’un miaulement à la fois affirmatif et séducteur, et Aisling sent un sourire étirer à nouveau faiblement ses lèvres. Instinctivement, elle caresse le pelage soyeux du félin qui se met presque aussitôt à ronronner. Lui qui est pourtant si solitaire et méfiant, lui réchauffe le cœur et les cuisses de sa présence. Comme s’il avait ressenti ma détresse ! Les animaux sont comme ça, beaucoup plus perceptifs que les humains. Halloween, elle vient toujours se lover contre elle lorsqu’Aisling broie du noir. Mais elle n’aurait jamais pensé que Mouse puisse en avoir quelque chose à faire. Et ça l’émeut drôlement à l’intérieur. Elle lui gratouille le cou et les oreilles en lui murmurant quelques paroles incompréhensibles à voix basse tandis que Sid s’éloigne vers la cuisine. Lorsqu’il revient, l’irlandaise éprouve quelques difficultés à détacher son attention de la peluche affectueuse pour laisser son ami la soigner. Mais elle n’a pas envie de l’embêter, alors elle se laisse faire docilement, inclinant la tête comme il lui indique par ses gestes pour le laisser rincer, désinfecter et panser ses plaies. Ses gestes sont doux et précis, et à chaque fois que le visage d’Aisling se contracte de douleur, celui de Sid exprime sa compassion, alors la douleur lui paraît soudain un peu moins importante, comme si elle était en quelques sortes partagée. Un peu comme il avait fait l’autre fois, lorsqu’il l’avait tatouée. Elle le regarde placer les derniers pansements sur son arcade sourcilière, et ne peut empêcher ses lèvres d’esquisser un sourire plein de reconnaissance, d’admiration et de tendresse lorsqu’elle remarque ses lèvres pincées par la concentration et son regard imperturbable.      

- T’es doué pour ça, on dirait que t’as l’habitude. Elle murmure, pas certaine de savoir comment lui témoigner sa gratitude. Merci. Pour tout.

Il hoche la tête, mais d’un air un peu absent. Comme si son esprit était loin dans tout un tas de questions et de scénarios qui semblent grandement l’inquiéter. Et du coup, Aisling, ça l’effraie un peu aussi. Parce qu’elle se doute bien que c’est à cause de cette mésaventure et de ces détails qu’elle refuse de lui donner par peur de le voir s’en aller et lui tourner le dos. Enfin, il lui demande une nouvelle fois si elle est certaine de ne pas vouloir lui raconter ce qu’il s’est passé. Elle incline la tête sur le côté pour essayer de regarder dans ses yeux mais il garde les siens résolument fixés sur un pansement qu’il déballe en lui assurant qu’elle peut tout lui dire. Qu’il ne va pas s’enfuir, crier ou se fâcher. Elle a tellement envie de le croire que son cœur bat dans sa poitrine avec autant de force que s’il cherchait à s’en échapper. Il te dit ça maintenant mais dès qu’il apprendra, il partira. Tu verras. Aisling déteste cette petite voix criarde dans sa tête. Cette autre qui cherche à la briser et qu’elle ne parvient pourtant pas à ignorer, parce qu’elle a probablement raison. Mais garder l’amitié de Sid en lui cachant la vérité, n’est-ce pas le meilleur moyen de pourrir quelque chose de beau et pur ? La sincérité. Elle lui doit au moins ça, après tout ce qu’il a fait pour elle au cours de ces derniers mois. Une larme solitaire glisse le long de sa joue et elle baisse les yeux vers Mouse qu’elle caresse toujours distraitement, incapable de regarder Sid alors qu’il continue de soigner ses blessures.

- C’est ma faute, j’ai été stupide. Elle murmure d’un ton éteint et boudeur à la fois. Je devais de l’argent à un type depuis quelques temps. Il me faisait crédit sur… euh… des médicaments. En quelques sortes.    

Elle jette un rapide coup d’œil dans sa direction comme pour jauger l’effet de ses paroles sur le tatoueur, mais elle est incapable de desceller quoi que ce soit en dehors d’une certaine crispation dans sa mâchoire. Et encore, ne l’avait-il pas déjà avant qu’elle ne commence son récit ? Incapable de s’en souvenir, elle reprend d’une voix hésitante :    

- J’en ai besoin. C’est pas des trucs dégueulasses, tu sais ? Juste quelques cachetons pour réguler mes émotions, et me donner un peu de répit ou de l'énergie et de la confiance.

Un léger tremblement parcoure sa colonne vertébrale et fait danser ses doigts toujours enfouis dans la fourrure du chat sur ses genoux. La gorge serrée, Aisling déglutit plus difficilement et braque ses yeux sur le félin désormais endormi pour éviter de croiser ceux de son ami.    

- J’suis pas… disons que j’suis pas vraiment ici légalement. J’ai pas de sécurité sociale alors j’ai pas les moyens de voir quelqu’un qui pourrait m’aider. Tu sais. Pis je sais pas. Je trouve que c’est un peu des conneries. Que le passé c’est du passé et que ça sert à rien d’en parler. C’est juste rouvrir des vieilles blessures et alors ça sera forcément pire, tu vois ?

Le débit de ses paroles s’accélère, et Aisling n’est même plus certaine que ce qu’elle dit à le moindre sens. Oh et puis merde ! J'suis qu'une putain de junkie et y'a pas tant de façons de le justifier. J'suis faible et j'ai besoin de ça pour supporter la réalité. Ce serait ça, l'explication honnête. Seulement voilà, Aisling ne peut pas s'y résoudre. Alors elle prend une profonde inspiration pour se calmer et décide de recentrer le récit sur ce qui intéressait Sid à la base. A savoir, rien qui ne concerne sa tristesse constante, ses craintes, sa peur panique du lendemain et de la vie en général.

- Enfin bref, on s’en fiche de tout ça. C’est juste que… Steinberg il m’a dit qu’il avait quelque chose pour moi, mais quand je lui ai dit que j’avais toujours pas de quoi rembourser ma dette et que ça me faisait peur qu’elle se creuse encore, il m’a promis que cette fois ce serait un cadeau. Et comme une idiote, je l’ai cru. Alors j’y suis allée. Mais il avait rien pour moi à part de la rancœur et de la violence. Il a pris ma carte bleue. J’aimerai bien te dire que j’ai essayé de résister et que c’est pour ça qu’il m’a frappée, mais c’est même pas vrai.

Elle soupire avec un sanglot dans la gorge. Faible et terrifiée, elle lui a ouvert son sac et balancé son code sans même se faire prier. Et ensuite elle s’est roulée en boule pendant que les coups pleuvaient, incapable de rien faire d’autre que pleurer et le supplier d’arrêter.

- Il est parti quand il a eu ce qu’il voulait, et je t’ai appelé parce que je savais pas quoi faire et… que j’ai jamais peur quand je suis avec toi. Elle conclut d’une voix sourde, les yeux toujours résolument fixés sur le chat lové contre elle. Voilà, tu sais tout.  


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MessageSujet: Re: i'll never let them take the light behind your eyes + aisling   Ven 4 Aoû - 5:02


i'll never let them take
the light behind your eyes
Aisling + Sid

Il pose le pansement sur le bras d'Aisling. Ses gestes sont mécaniques, portés par l'habitude plutôt que par une réelle concentration, car, dans son esprit, il n'y a plus rien. Que du bruit blanc, un insupportable bourdonnement qui le coupe de la réalité et l'empêche d'avoir la moindre pensée cohérente. Il devrait dire quelque chose. Mais que pourrait-il répondre alors qu'elle vient de lui confirmer exactement ce qu'il craignait? Les mots lui échappent, perdus dans le grésillement qui rebondit dans son crâne, et il ne fait même pas vraiment d'effort pour essayer de les retrouver. Je ne m'enfuirai pas, je ne crierai pas, je ne serai pas fâché. C'est ce qu'il a dit à la jeune femme pour essayer de la rassurer. Ces phrases toutes simples percent lentement le brouillard. Il s'y accroche comme à un mantra qu'il se répète pour ne pas perdre les pédales. Une terreur insidieuse s'est glissée en lui et l'envahit, aussi collante et visqueuse qu'une marée noire. Il suffoque tellement tout à coup qu'il voudrait se griffer le cou pour essayer d'arracher l'ombre qui s'y est accrochée comme un parasite. La tête penchée sur Mouse, qui dort, insensible à ce qui se passe, Aisling évite soigneusement de lever les yeux. Ça arrange assez Sid, qui sait très bien qu'elle pourrait lire dans son regard la tornade d'émotions qu'il essaie de contenir. Il y parvient de peine et de misère, en s'appuyant de toutes ses forces sur les murs intérieurs qu'il a érigés pour les aider à tenir le coup.

Elle a dit qu'elle ne voit pas pourquoi on voudrait rouvrir de vieilles blessures. Que c'est stupide et que ça ne sert à rien de le faire. Elle n'a peut-être pas tort. Lui aussi a bien essayé d'enfouir son passé loin, très loin, pour ne jamais y replonger. Le problème, c’est que la douleur ne disparaît jamais. C’est comme vivre avec une épine de ronce enfoncée dans le flanc. Et puis, rien ne garantit que tout ce qui est enfoui le restera. Ça ne sert peut-être à rien de rouvrir de vieilles blessures, mais ce n’est pas toujours une question de choix non plus. Parfois, un tout petit rien suffit à arracher les points de suture qui refermaient une vieille plaie. Et alors, le cœur qu’on croyait si bien cicatrisé redevient une masse sanguinolente et à vif.

Avec étonnement, il constate qu'il tremble. Pas beaucoup, mais assez pour qu'il ne contrôle plus tout à fait ses doigts. Après de longues secondes à observer ses mains agitées et inutiles comme si elles appartenaient à quelqu'un d'autre, il doit se rendre à l'évidence : il n'y arrivera pas. Alors il dépose sur la petite table le pansement qu'il a fripé à force de s'acharner à l'ouvrir et joint ses mains pour camoufler le tremblement. Il relève enfin la tête et croise le regard effaré d'Aisling. « Je vais aller faire du thé. » Ce n'est sans doute pas ce qu'elle s'attendait à entendre, mais ça lui donnera le temps de remettre ses pensées à l'endroit.

Il se lève et se rend dans la cuisine. Presque dans un état second, il laisse ses muscles le guider, devinant à tâtons plus qu’il ne voit les deux tasses et le mélange de thé qu’Aisling lui a donné. Une fois la bouilloire sur le feu, il s’appuie contre le comptoir, les bras croisés. La panique qui a réussi à s’immiscer en lui s’est un peu atténuée, mais il la sent qui guette encore, prête à bondir.
Qu’est-ce qui te fait peur au juste? La drogue? Ou alors de redevenir le mioche terrifié qui s'occupait de sa mère sans savoir comment? Tu sais, celui que tu as toujours nié être. Parce que, dans ta tête, fallait que tu te croies fort pour l'être. Tu ne pouvais pas reconnaître ta faiblesse et tes peurs sans t'effondrer. T'avais le poids du monde sur tes épaules et tu étais déterminé à tenir le coup jusqu'au bout, même si tout ce que tu rêvais de faire, c'était de t'écraser sur le sol et de pleurer.
Alors, de quoi t’as peur? De la drogue ou de ne pas savoir aider Aisling mieux que t’as aidé ta mère?

Le sifflement strident de la bouilloire coupe le silence épais qui règne dans la pièce. Sid sursaute.
T’es terrifié. T’as le droit. Mais tu ne peux pas l’abandonner après lui avoir promis de rester.
Il tend la main et attrape la bouilloire.
Ressaisis-toi. Elle a besoin de toi. Elle te fait confiance, elle te l’a dit.
Il verse l’eau sur le mélange de thé. Le liquide change aussitôt de couleur et le pétillement délicat des feuilles qui ramollissent apaise étrangement le tatoueur.
Si t’es incapable de l’aider, il faut que tu la vires tout de suite. Ça ne sert à rien de lui donner de faux espoirs. Ça lui ferait juste plus mal.
(silence)
C’est ce que tu vas faire?

Sur le point d’enrouler ses doigts autour des tasses, il s’arrête brusquement dans son élan tant la réponse lui paraît évidente.
Non!
Il jette un coup d’œil vers le divan, où une Aisling toute blême est toujours assise.
Alors qu’est-ce que t’attends pour aller la rassurer?

Tasses en main, il retourne s’asseoir. Il les dépose à côté de lui sur la petite table, assez loin pour ne pas risquer de les renverser par mégarde. « Je suis content que tu m’aies appelé. Et que tu m’aies fait assez confiance pour me dire la vérité. Ça n’a pas dû être facile pour toi. » Les coudes posés sur les genoux, il se frotte distraitement les mains en songeant à ce qu’il veut dire. « Ça ne sert à rien de te sentir mal parce que tu t’es laissé faire. » Il parcourt d’un regard inquiet les blessures qui décorent son visage. « Si c’est ce qu’il t’as fait après que tu lui a donné ce qu’il voulait, je ne veux même pas imaginer ce que ça aurait donné si tu avais résisté. Les dealers sont rarement reconnus pour leur délicatesse. » L’image du corps frêle de son amie baignant dans une mare de sang, la même qui l’avait hanté dans le hangar, revient danser devant ses yeux. Cette deuxième apparition est pire que la première parce que cette fois, c’est une possibilité bien réelle et pas juste le fruit de son imagination trop fertile. « Tu sais que c’est quand même des cochonneries, même si c’est des trucs que les médecins prescrivent? T’as aucun moyen de savoir ce qu’il y a dans ce que t’avales. » Sid sait bien qu’elle n’est pas idiote et qu’il ne lui dit rien qu’elle ignore, mais c’est plus fort que lui. Les mots qui lui échappaient tout à l’heure se bousculent maintenant à ses lèvres et sortent sans qu’il n’arrive à les retenir. « Tu prends quoi? Du valium, du speed, de la cocaïne? » Au moins, il sait qu’elle ne touche pas à l’héroïne. En soignant ses blessures, il aurait certainement remarqué les traces laissées par les aiguilles si elle avait l’habitude de se shooter. « Tu restes loin des opioïdes au moins? C’est hyper dangereux. » Il n’a jamais su ce que sa mère prenait exactement, mais après sa mort, ils ont trouvé des cachets de morphine et d’oxy dans sa réserve. De l’avis de Sid, c’est ce qui a causé son overdose mortelle. Soudain conscient qu’il bombarde son amie sans lui laisser le temps de répondre, il se tait. « Désolé. Ça va me prendre un petit moment pour digérer tout ça. T’es pas obligée de répondre à mes questions si tu ne veux pas. » Il espère qu’elle y répondra malgré tout parce qu’il aimerait savoir ce qu’il affronte. Car, maintenant que la panique est passée, il renoue avec l’inquiétude, cette indélogeable peste qui se tapit dans son estomac et ne le quitte plus. Et à cette inquiétude s’ajoute une espèce de lassitude à l’idée de tourner en rond. S’il croyait à Dieu, au karma et aux autres mouvements spirituels, il se dirait que, pour sortir une bonne fois pour toutes de son passé, il doit le revivre et y faire face. Cependant, comme il a toujours pensé que ce n’était qu’un ramassis de sornettes, il ne ressent que du découragement à l’idée d’être revenu à la case départ.



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MessageSujet: Re: i'll never let them take the light behind your eyes + aisling   Mer 30 Aoû - 14:52




I'll never let them take the light
behind your eyes
Sid & Aisling •• Brisbane, juin 2016

Le silence retombe sur la pièce et Aisling n’ose toujours pas relever les yeux vers Sid. Ses prunelles fixées sur le chat qui dort paisiblement sur ses genoux, elle attend. Une réaction, une parole, qu’elle imagine tomber comme une sentence. Mais rien ne vient troubler le calme apparent en dehors des crissements nerveux du pansement que Sid ne semble brusquement plus à même de dompter. Aisling jette un coup d’œil sur le côté et le regrette aussitôt. Ses doigts tremblent ! La gorge serrée, elle le regarde se relever et lui annoncer qu’il va faire du thé d’une voix totalement désincarnée. Stupide junkie. Tu t’attendais à quoi ? T’aurais jamais dû lui en parler. Muette, elle le suit des yeux jusqu’à ce qu’il disparaisse dans la cuisine, et puis sa tête retombe, ses yeux fixés sur un point dans le vide. Ses mains glissent de chaque côté de ses cuisses, comme une poupée inanimée. Elle n’a même plus la force de caresser machinalement le félin ronronnant. Tu ferais mieux de partir maintenant. De disparaître de sa vie. C’est ce qu’il va te demander de faire en revenant. Alors autant que ce soit ta décision. Ce sera plus facile, pour vous deux. Peu à peu, l’angoisse vient remplir le vide. Une peur tellement profonde et visqueuse qu’elle coupe toutes les autres émotions. Même les larmes, elles ne pourraient plus couler.

Aisling voudrait partir. Disparaître. Se terrer chez elle et s'assommer de valium. Mais quelque chose la retient sur ce canapé et elle n’est pas certaine de savoir ce que c’est. Peut-être de l’espoir ou de la résignation. Ou alors elle ne veut pas déranger Mouse, tout simplement. Toujours est-il que les minutes passent, et Sid finit par revenir à ses côtés. Lorsqu’il reprend la parole, c’est de cette voix chaleureuse et compréhensive qu’elle lui connaît. Celle qui efface ses peurs et rallume toujours en elle un peu de confiance, un peu d’espoir et un peu de sérénité. L’angoisse se dissipe, et c’est tout un tas d’autres émotions qui lui sautent à la gorge comme autant de sanglots étouffés trop longtemps. Elle se sent à la fois honteuse et soulagée. La gratitude qu’elle ressent entre en confrontation brutale avec son sentiment d’être une fraude, de ne pas mériter la compréhension de Sid, ni les paroles de réconfort qu’il lui offre et dans lesquelles elle a envie de s’envelopper pour se protéger du monde et de ses pensées négatives. Il serait tellement plus facile de se complaire dans le rôle de l’innocente victime qui n’a rien demandé. Mais la vérité est bien différente et Aisling le sait. Toutes les merdes qui lui arrivent ne sont que le résultat des mauvaises décisions qu’elle prend continuellement. Elle aimerait bien le lui dire, mais Sid ne lui en laisse pas l’occasion. Il reprend son discours avec une voix un peu plus enflammée et lui parle de ces trucs qu’elle ingère et de l’impact néfaste que ça peut avoir sur sa santé. Et évidemment, Aisling sait bien tout ça, mais l’entendre de quelqu’un en qui elle a confiance, ça lui fait un peu plus mal, et un peu plus peur.

- Si, j’sais un peu. J’regarde…

Elle proteste mollement, comme pour essayer de les rassurer tous les deux. Mais elle sait bien que c’est inutile. Que c’est impossible. Que les dealers ne font pas du social et qu’ils lui vendent ce qu’ils ont dans les poches sans trop vérifier la provenance ou la qualité de leurs produits. Que parfois, ils coupent les cachetons avec d’autres substances et les remoulent pour en vendre de plus grande quantités. Et que tant que c’est pas la boite pharmaceutique qu’elle a dans les mains, Aisling n’a aucun moyen de savoir si les pilules qu’elle avale ont été modifiées. Mais Sid est déjà passé à autre chose. Maintenant, il veut savoir quelles sont ses drogues de prédilections, et le voilà qui les énumère avec une facilité un peu trop déconcertante. Interdite, Aisling le regarde sans comprendre. Il connaît tous les trucs, un peu comme s’il avait consommé lui-même. Mais ça ne colle pas dans sa tête. Sid, elle ne le voit pas sombrer dans ce genre de trucs. Il est trop fort, trop intelligent pour ça. Alors Aisling se dit qu’il a peut-être connu quelqu’un dans cette situation, et ça lui fait comme un pincement au cœur, parce que c’est pas une bonne idée de s’attacher à un.e junkie. Ça finit toujours la violence, et les larmes, et la mort. Il marque une petite pause, et puis dans un souffle, s’excuse. Aisling fronce les sourcils sans trop comprendre. Alors elle pose une main sur son avant-bras, comme si c’était à son tour de l’apaiser. Et ça la fait se sentir un peu moins idiote et un peu moins inutile.

- Sid, ça me dérange pas de te répondre. T’aurais pu partir ou t’énerver, mais tu l’as pas fait. Je te dois bien ça. Mais tu sais, c’est pas grave si tu « digères pas ». Toutes ces merdes, même si je t’en ai parlé, ça reste mon problème. T’es pas obligé d’en faire le tiens.

Elle marque une petite pause et hausse les épaules avec un rire nerveux.

- Enfin… sauf quand je t’appelle au milieu de la nuit en panique. Là, c'est vrai que ça devient un peu ton problème, du coup.

Son rire s’étrangle légèrement sur la fin de sa phrase alors qu’elle réalise l’hypocrisie de sa remarque. Evidemment que Sid va en faire son problème. Il a toujours été protecteur envers elle, même sans savoir de quoi exactement il cherchait à la protéger. Maintenant qu’il a pu mettre un nom sur le mal qui rôde autour d’elle, il en fera une affaire personnelle. Parce que Sid, c'est une sorte de chevalier des temps modernes. Il a la main sur le cœur et il se fait passer après les autres. Et quelque part, Aisling le sait. C’est même en partie pour ça qu’elle est irrémédiablement attirée par lui, et qu’elle se sent si en sécurité en sa présence. C’est profondément égoïste et ça lui procure pas mal de haine toute dirigée contre elle-même à l’intérieur, mais elle a besoin de Sid. Et elle s’accrochera à lui comme a une bouée de sauvetage tant qu’il acceptera de jouer ce rôle pour elle. Peut-être plus encore maintenant qu’il sait pour les drogues, pour ses faiblesses, pour ses emmerdes.

- J’prends surtout de la cocaïne, du speed, du valium et du prozac. J’fume un peu d’herbe aussi mais ça compte pas vraiment ça, pas vrai ? Elle finit par avouer en se trifouillant nerveusement les petites peaux arrachées autour de ses ongles rongés. J’touche pas au reste. J’fais pas ça pour le rush ou pour être cool. J’en ai besoin pour survivre, c’est tout.

Elle souffle, persuadée que ça lui donne une sorte d’excuse implacable. De justification morale, presque. Elle se dit que ça va le rassurer, aussi. Comme si c’était pas plus difficile de décrocher d’un truc nécessaire à sa survie que d’un truc qu’on prend juste pour la défonce et la déconne. Mais Aisling s’en fiche de tout ça. Les drogues, elle ne se voit pas les arrêter. Jamais. Elle sait bien que sans ces lignes pour la réveiller le matin, sans ses cachets pour l’endormir le soir, elle serait morte depuis longtemps. Certains ont besoin d’un traitement pour leur cœur, et elle a besoin de ce traitement pour son âme. Elle garde le silence quelques instants, puis tente un nouveau regard vers Sid qui semble éprouver quelques difficultés à accepter ces informations.

- Dis, t’en connais un rayon sur toutes ces merdes. Elle remarque d’une voix hésitante. Un peu comme si… t’avais déjà connu ça de près.  

Elle fait exprès de ne pas poser de question directement. Elle sait bien que la drogue c’est un sujet sensible pour les personnes qui y sont confrontées directement ou indirectement. Mais elle espère quand même qu’il lui répondra. Parce qu’elle est curieuse dès qu’il s’agit de Sid. Et aussi pour savoir quels obstacles risquent de se dresser sur la route désormais semée d’embuches qui s’ouvre à leur amitié.    


black pumpkin & whitefalls


Oh I love the taste of cyanide, oh how I love to feel it burn Inside. I'm on the hour and I've been there for a long time but somehow I feel like I'm fading out of line. •• Crashdïet
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MessageSujet: Re: i'll never let them take the light behind your eyes + aisling   Dim 10 Sep - 4:16


i'll never let them take
the light behind your eyes
Aisling + Sid

Sid a l’impression de nager en plein cauchemar. La tête penchée, il soupire et se cache le visage dans les mains. Une migraine commence à poindre et il appuie doucement du bout des doigts sur ses yeux pour essayer d’atténuer la douleur. La technique fonctionne à moitié, mais au moins, dans le noir de ses paupières closes, il arrive à se concentrer sur son tumulte intérieur. La panique est passée, laissant dans son sillage une confusion marquée. Il ne sait pas vraiment quoi faire de cette révélation qui prend toute la place entre Aisling et lui. Devrait-il simplement continuer d’être l’ami sur lequel elle peut s’appuyer lorsqu’elle en a besoin? C’est le rôle qu’il a joué depuis leur rencontre, sans même vraiment le savoir. (D’ailleurs, tout lui paraît plus clair maintenant. Il comprend mieux pourquoi il l’a remarquée dans la foule compacte du concert et pourquoi elle a réveillé tous ses instincts protecteurs dès le début.) Devrait-il se montrer plus dur avec elle, essayer de lui faire comprendre vers quoi elle se dirige si elle continue à consommer? Il craint que cela ne les éloigne, une possibilité qui ne lui plaît évidemment pas. Quoi qu’il en soit, il se voit très mal jouer à la police et l’interroger sans arrêt sur ce qu’elle a pris. Il n’y aurait rien de positif là-dedans, ni pour elle, ni pour lui.

La main d’Aisling se pose sur le bras du tatoueur, qui reste immobile. Il n’est pas prêt à quitter son cocon de noirceur si réconfortant, car il ne sait toujours pas ce qu’il compte faire. « Toutes ces merdes, même si je t’en ai parlé, ça reste mon problème. T’es pas obligé d’en faire le tiens. » Cette fois, il relève brusquement la tête et dévisage Aisling d’un air incrédule. Croit-elle vraiment qu’il pourrait faire comme si de rien n’était? C’est impossible : dorénavant, il ne pourra plus passer une journée sans s’inquiéter au moins dix fois pour elle. Même s’il voulait se complaire dans l’indifférence, il ignore totalement à quoi ça pourrait ressembler. Ça fait tellement longtemps qu’il s’occupe des gens qu’il aime qu’il ignore comment faire autrement, comme si cette caractéristique de sa personnalité était profondément incrustée dans son ADN. Et il sait pertinemment qu’Aisling s’en est rendu compte depuis le temps.
c’est peut-être pour ça qu’elle t’aime bien au fond, parce qu’elle sait qu’il y aura toujours son ami un peu bonasse pour la ramasser à la petite cuillère quand elle en a besoin
Il fait brusquement taire la petite voix doucereuse qui résonne dans son esprit.
si c’était le cas, elle n’aurait pas attendu de se faire tabasser en pleine nuit dans un hangar délabré pour avouer qu’elle a des problèmes
« Enfin… sauf quand je t’appelle au milieu de la nuit en panique. Là, c'est vrai que ça devient un peu ton problème, du coup. » Il hausse un sourcil et penche la tête vers la droite. « Plutôt, oui, » répond-t-il en faisant la moue. Il enroule ses doigts autour de sa tasse et l’approche de ses lèvres. Encore trop chaud, le liquide laisse échapper des volutes de vapeur odorante. Sid prend une gorgée prudente. La saveur délicate du breuvage envahit sa bouche. La brûlure diffuse du thé sur sa langue lui donne un point de repère sur lequel il peut se concentrer pour éviter de retomber dans ses pensées. La liste des drogues de choix d’Aisling n’est pas terriblement longue, mais il constate avec inquiétude qu’il y a un mélange de upper et de downer, qu’elle consomme sans doute en alternance pour moduler ses humeurs.

« Dis, t’en connais un rayon sur toutes ces merdes. Un peu comme si… t’avais déjà connu ça de près. » Le commentaire d’Aisling fait étrangement écho à ses pensées. Sid étudie le visage de son amie. Ses grands yeux bleus sont trop tristes pour un visage aussi enfantin. Ce n’est pas la première fois qu’il a remarqué ce contraste, mais c’est la première fois qu’il comprend pourquoi elle a l’air aussi tourmentée. Il détourne le regard, se concentre sur son thé. Il n'a tellement pas envie de se confier. Il n’a pas l’habitude et, lorsqu’il le fait, c’est généralement avec des commentaires nonchalants qui disent tout et rien à la fois. Il n’aime pas raconter son enfance. D’abord, parce que les souvenirs deviennent moins puissants lorsque personne ne les évoque, mais surtout parce qu’il déteste profondément les regards de pitié que son histoire inspire à tous les coups. La pitié, c’est la première réaction d’un esprit qui n’a pas envie de chercher plus loin. Et ces gens à qui il a résumé en quelques minutes les huit ans perdus de son enfance, ne savent rien, même s’ils pensent avoir tout compris. Ils ignorent ce que ressent un enfant de dix ans qui voit sa mère se faire une ligne de cocaïne sur la table du salon et qui, sans comprendre exactement ce qui se passe, sent confusément que c’est mauvais, très mauvais. Ils ne peuvent pas non plus imaginer comment un gamin de treize ans peut se sentir en servant de béquille à sa mère junkie trop faible pour retourner elle-même à son lit. Ils n’ont même pas idée de la colère qui peut gronder chez un adolescent de seize ans qui doit refuser d’aller traîner au parc après l’école avec ses deux seuls potes parce qu’il doit avoir décollé sa mère du plancher où elle s’est écrasée avant que sa sœur ne rentre de son cours de karaté. Ils n’ont certainement pas connu une culpabilité aussi étouffante que celle qui prend un enfant de dix-huit qui apprend qu’il a lamentablement échoué sur toute la ligne, en ne sachant ni aider sa mère, ni protéger sa petite sœur.

Et si, par miracle, ces gens, avec leur immonde pitié, arrivaient à imaginer ne serait-ce qu’une parcelle de tout ça, ils ne pourraient tout de même jamais comprendre à quel point l’espoir fait mal. Dans ces huit ans, il n’y a pas eu que l’enfer. Il y a aussi eu des moments de bonheur, parfois rares, mais toujours inestimables : des anniversaires célébrés en grande pompe; des vacances passées en famille à pique-niquer sur la plage; des soirées passées à écouter des films d’horreur, blottis les uns contre les autres dans le salon; des Noël enjoués où tout le monde mangeait jusqu’à plus faim. Dans ces huit ans, il y a eu des hauts et des bas, des semaines de lucidité, de presque sobriété, où Sid sentait son estomac se dénouer et son cœur se remettre à battre parce qu’il était certain que, cette fois, c’était la bonne, que, cette fois, sa mère avait enfin réussi à battre ses démons, que, cette fois, elle ne consommerait plus jamais. Mais « cette fois » n’a jamais été la bonne. Ce que personne ne dit de l’espoir, c’est que moins on en a, plus on a mal quand il disparaît, parce que le peu qu’on avait ne suffit plus à amortir la chute. Ce secret, Sid aurait préféré ne jamais le découvrir.

Le jeune homme n’a pas envie de se raconter, mais il doit à Aisling d’être au moins aussi honnête qu’elle, qui s’est confiée même si c’était difficile, même si elle avait peur de le perdre. Les mains enroulées autour de sa tasse, il se concentre sur la chaleur qui irradie de la porcelaine brûlante. Ça ne suffit pas à le réchauffer de l'intérieur. Il y a comme un vide glacial, un grand courant d'air froid qui lui traverse le cœur et le laisse transi. Sans regarder Aisling, il se lance. « T’as raison. J’ai déjà connu de près toutes ces merdes. Je sais de quoi elles sont capables, en quoi elles finissent par transformer les gens qui les consomment. » Il s’arrête pour réfléchir à ce qu’il veut dire. Il joue distraitement du bout de la langue avec le piercing qui orne sa lèvre inférieure. « Ça aurait servi à quoi que je m’énerve ou que je t’engueule? J’aurais beau te dire que toutes ces drogues que tu prends, c’est que des illusions qui guérissent rien, surtout pas le mal de vivre, qu’en vrai, ça te rend malade, ça te tue à petit feu, ça te réduit à l’ombre de toi-même, que pour l’instant, ça va, tu sais doser, mais qu’un jour, tu vas aller trop loin, volontairement, parce que ce que tu prenais avant, ça suffit plus, ou alors accidentellement, parce que tu auras mal regardé, ou que tu auras essayé quelque chose de nouveau, enfin, ça n’aura pas vraiment d’importance pour toi, vu que tu seras morte. » La tirade s’est échappée de ses lèvres sans qu’il ne prenne la peine de respirer. Il s’arrête brusquement, inspire profondément. « Alors, ça aurait servi à quoi au fond que je te dise qu’un jour tu vas en crever, hum? C’est rien que tu ignores et ce n’est même pas une histoire originale. C’est toujours ce qui finit par arriver. » Courte pause. « C’est ce qui est arrivé à ma mère, » souffle-t-il. Le cynisme tranchant qui enrobe chacune de ses paroles l’écœure profondément, sans qu’il ne puisse rien y faire. C’est que, le cynisme, c’est ce qui prend toute la place quand on n’a plus le courage de trouver de l’espoir. Mais ça, ce n’est pas un secret.

La situation l’a replongé dans une douleur et une colère qu’il croyait avoir mieux maîtrisé que ça. Au moins, il sait maintenant qu’elles sont bien mauvaises conseillères et qu’il risque gros s’il continue à les écouter. Il relève la tête, qu’il avait gardée baissée pour ne pas voir la réaction d’Aisling. « J’espère tellement que ton histoire finira différemment. Je… » Les yeux soudainement pleins d’eau, la gorge nouée, il cherche ses mots. « La dernière chose que j’veux, c’est d’avoir à enterrer une autre personne que j’aime à cause de ces cochonneries. Je vais tout faire pour t’aider à t’en sortir. » Une idée soudaine vient chasser sa tristesse. Depuis le temps, il commence à connaître son amie, et il parierait qu’elle essaiera de l’épargner autant que possible, d’autant plus qu’elle connaît maintenant son histoire. Il dépose sa tasse et prend les mains d’Aisling dans les siennes. Contre ses paumes surchauffées par la porcelaine, la peau de la jeune femme lui paraît bien froide. Il plonge son regard dans le sien. « Je veux être là pour toi. Promets-moi que tu m’appelleras si tu as besoin d’aide. Tu n’es plus toute seule, tu sais. »



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