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 kiss my lips and let’s run away together ♡ aisling

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Aisling Hayes
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ÂGE : 24 ans, née un 20 février
SURNOM : Ash par ses amis, Leen par son vampire-dandy. Ivana Rose sur instagram.
STATUT : Essaie d'écouter son cœur, de le confier à Sid malgré sa peur.
MÉTIER : Modèle alternative (Suicide Girls, OnlyFans) et effeuilleuse quelques soirs par semaine.
LOGEMENT : Appart' #353 à Redcliffe
kiss my lips and let’s run away together ♡ aisling - Page 4 U7mh
POSTS : 1236 POINTS : 60

ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : Née en Irlande du Nord dans une famille très catholique, parle avec un accent gaélique. A troqué les rues pluvieuses de Belfast pour le soleil de Brisbane mais son existence est toujours aussi grise. Se croit bonne à rien si ce n’est à jeter son corps en pâture aux caméras. Faut bien payer le loyer et sa dette envers le club. Aisling se réfugie dans les morceaux de rock qui ouvrent son cœur à sa place. Le son à fond, elle danse pour extérioriser le tumulte de ses sentiments. Parfois, elle chante aussi… mal, elle trouve. Végétarienne, elle adore les animaux. Ancienne junkie sobre depuis 10 mois
RPs EN COURS : Sid [14]Sid 13Sinner [r.a.]Robin [2]Robin [3]LaoisePhoenix [3]

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Sid ♡ I won't turn back I won't cross that hidden danger line. It's a loud and dark world but I think I found the light. I need you to tell me everything will be alright, to chase away the voices in the night; when they call my name.

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Robin ♡ you lead the blind you lead the stream, the current ways are much to lean, you are the captain of the team!

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Phoenix ♡ I need a hero, I'm holding out for a hero 'til the end of the night. He's gotta be strong and he's gotta be fast, and he's gotta be fresh from the fight. He's gotta be larger than life!

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Lou ♡ Oh I love the taste of cyanide, oh how I love to feel it burn inside. I'm on the hour and I've been there for a long time but somehow I feel like I'm fading out of line.

RPs EN ATTENTE : Sid [f.b.2] ♡ Lou [3] ♡ Raelyn [2]

Je ne prends que 6 RPS à la fois.


RPs TERMINÉS : Sid ♡ [1] | [2] | [3] | [4] | [fb1] | [@] | [5] | [6] | [7] | [8] | [9] | [10] | [11] | [12]
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Phoenix ♡ [1] | [2]
Lou ♡ [1] | [2]
Owen ♡ [1]
AVATAR : Mellisa Clarke
CRÉDITS : loudsilence (avatar) + Frimelda (sign) + Loonywaltz (ub) + Sid (ub)
DC : Jameson la louve & Kyte le vieux type louche
PSEUDO : Whitefalls/Whitewolf
INSCRIT LE : 07/09/2016
https://www.30yearsstillyoung.com/t11388-aisling-run-away-try-to-find-that-safe-place-you-can-hide https://www.30yearsstillyoung.com/t11572-aisling-hayes-would-you-love-a-creature-like-me https://www.30yearsstillyoung.com/t12482-aisling-hayes https://www.30yearsstillyoung.com/t12436-aisling-hayes

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Message(#) Sujet: Re: kiss my lips and let’s run away together ♡ aisling kiss my lips and let’s run away together ♡ aisling - Page 4 EmptyJeu 29 Juil - 5:07



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Day 3: you make loving fun
Tonight with the sea and the salty breeze, the warmth of your skin under my finger tips. Tonight with the scent of your black hair and the salt of your sweat on my lips. Your hands they move like waves over me. Beneath the moon, tonight, near the sea

Un sourcil relevé, Sid la dévisage avec attention, comme s’il cherchait à entrevoir la demande muette dans sa question. Puis une lueur de compréhension s’allume dans son regard et ses lèvres esquissent un demi-sourire taquin. « Un t-shirt comme celui que j’porte en ce moment par hasard ? » Embarrassée d’avoir été si rapidement percée à jour, Aisling suspend son geste. Les joues brûlantes, elle hoche fébrilement la tête en mordillant distraitement la pulpe de sa lèvre inférieure pour tenter de contenir le petit sourire coupable qui cherche à faire surface. « J’peux te le prêter oui… mais pour ça, faudrait qu’tu me libères. » Une chaleur agréable se propage dans sa poitrine, aussitôt freinée par la perspective de devoir s’écarter. Fermant les yeux, elle prend une petite inspiration pour se donner du courage avant de se relever. La fraîcheur qui règne dans la chambre lui paraît empreinte d’une inquiétante solitude. Les bras croisés contre sa poitrine et les épaules contractées pour tenter de s’en protéger, elle relève ses grands yeux anxieux vers son copain qui achève de se déplier. Sans attendre, il attrape les pans de son t-shirt pour le retirer d’un geste fluide et efficace, dénué de la langueur qu’il laisse habituellement filtrer dans ses mouvements lorsqu’il se dévoile devant elle. Touchée, Aisling sent une petite boule d’émotion se former dans sa gorge alors qu’il lui remet cérémonieusement l’étoffe encore chaude. « Merci. » Elle murmure en serrant le vêtement contre sa poitrine. Leurs regards se retrouvent et pendant un instant, elle est persuadée qu’il va se pencher vers son visage pour embrasser tendrement son front. « J’vais me préparer, je reviens. » Il lui confie plutôt d’une voix douce avant de tourner les talons. Le cœur étreint d’une étrange tristesse, elle le regarde s’éloigner vers la salle de bain, espère jusqu’au dernier instant le voir se retourner et revenir sur ses pas pour la prendre dans ses bras. Quand il est clair qu’il ne le fera pas, Aisling laisse retomber les siens le long de son corps avec un petit soupir. Le frisson désagréable qui en profite pour s’infiltrer sous sa peau et l’encourage à se remettre en mouvement. Une moue convaincue plissant sa lèvre inférieure, elle repousse fébrilement l’étoffe satinée qui glisse sur ses épaules et s’écoule sur le sol à ses pieds. Sans y prêter la moindre attention, l’irlandaise enfile nerveusement le t-shirt de Sid, seulement satisfaite quand le tissu tiède et confortable enlace délicatement sa peau. Réconfortée par la sensation enveloppante et son parfum familier, elle se penche pour ramasser son kimono et le plie soigneusement avant de le glisser dans son tiroir. Elle a tout juste terminé quand Sid revient dans la chambre, irrésistible avec ses cheveux en bataille et son air un peu éreinté. « C’est à toi. » Les doigts enroulés autour de la couture de son t-shirt, elle fait un pas hésitant dans sa direction mais se laisse intimider par la fatigue dans sa voix rauque avant d’avoir pu l’atteindre. « J’fais vite… » Elle souffle alors, les bras enroulés autour de ses côtes tandis qu’elle se faufile dans la salle de bain sans se faire prier.

Du bout des doigts, elle referme délicatement la porte sur son passage, s’aventure sans but sur le carrelage pâle avant de finalement s’affaisser sur les toilettes avec un petit soupir discret, les yeux rivés sur une goutte d’eau qui dévale tranquillement la paroi de douche vitrée pour ne pas avoir à faire le tri dans ses émotions ou ses pensées. Vannée, elle se dirige ensuite vers le lavabo, fait couler l’eau tiède sur ses mains mousseuses, laisse son esprit dériver jusqu’à ce que la morsure brûlante du liquide l’encourage à renouer avec son environnement. Mâchouillant sa brosse à dents, Aisling glisse ses doigts entre ses mèches sombres pour les ordonner. Son petit rituel terminé, elle avale un grand verre d’eau pour se réhydrater et applique une crème sur son visage anormalement dénudé. Par réflexe, sa main s’égare vers sa trousse de maquillage, reconnaît les contours rassurants de son mascara, s’immobilise quand la voix de Sid résonne dans ses souvenirs : Tu sais qu’t’es belle au naturel ? Avec ou sans maquillage, t’as des yeux magnifiques. Le cœur froissé d’un doute lancinant, elle relève les yeux vers son reflet et sent une pointe de découragement la traverser en tombant droit dans son regard délavé. Et si j’faisais juste un tout p’tit trait… ? Elle tente de négocier avant de se détourner, les sourcils froncés d’une détermination salvatrice pour s’interdire de succomber au besoin de s’arranger. Ses pieds foulent hâtivement le sol, la propulsent dans la chambre avant qu’elle n’ait le temps de se raviser. Traversée par une étrange incertitude, elle s’arrête sur le pas de la porte, en gratouille nerveusement le bois flotté tandis que ses yeux remontent farouchement vers le lit où Sid s’est étendu, son téléphone dans une paume et l’autre à plat contre sa poitrine. Exactement comme toutes les fois où il attend patiemment qu’elle ait terminé de se préparer pour mieux se glisser ensemble sous les draps. Rassurée par cette scène délicieusement familière, elle baisse les yeux avant qu’il ne puisse sonder son regard et s’arrache à l’encadrement de la porte pour le rejoindre. Elle se faufile silencieusement sous les draps, un petit sourire tendre flottant au coin de ses lèvres en réponse à celui qu’il affiche. Répondant à l’appel de ses bras, Aisling se coule sans hésiter contre sa poitrine, heureuse de retrouver la place qu’elle s’y creuse patiemment depuis des années. La joue appuyée contre sa peau veloutée, elle savoure la douce chaleur que ses grandes mains diffusent dans son dos et ronronne de bonheur en le sentant resserrer tendrement son étreinte. Quand il se penche vers elle, Aisling renverse légèrement la tête contre son épaule pour mieux lui offrir ses lèvres. Il en caresse la pulpe tout en douceur, comme pour mieux la mettre en confiance avant de s’en emparer délicatement. Infusé d’une affection pure, leur baiser répand dans son être une promesse réconfortante. Le cœur battant, elle place une paume contre sa nuque pour le retenir tout contre elle. Quand il finit malgré tout par s’écarter, ses doigts s’enroulent entre ses mèches sombres, gratouillent son crâne du bout des ongles alors qu’elle plonge dans son regard. Leurs nez s’effleurent tendrement, puis celui de Sid longe sa pommette jusqu’à ce que ses lèvres frôlent la courbe de son oreille pour lui murmurer : « Bonne nuit, Leen. » Basse et chaleureuse, sa voix coule le long de son échine comme un frisson délicieux. « Bonne nuit mon Sid. » Elle répond d’une petite voix, le visage enfouit au creux de son cou qu’elle embrasse tendrement. Un brouillard confortable enveloppe les émotions intenses engendrées par les découvertes sensuelles à travers lesquelles Sid l’a guidée. Exténuée, elle se laisse bercer par sa respiration tranquille, l’intimité de leur étreinte et la force rassurante de leur lien qu’elle ressent plus que jamais. Dans l’ombre du soir, ses pensées se mêlent et se distordent, se diluent dans une nuit infusée de rêves cathartiques voués à n'être qu'un vague souvenir au petit matin et qu'elle explore sans crainte, à l'abri entre les bras de son copain.  





you feel like heaven
Thunder in the blue skies, lightning in the daylight, storm clouds in our eyes. Tidal waves in my heart, earthquakes in the still dark, eclipses in the night.
F R I M E L D A

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Sid Bauer
Sid Bauer
le tatoueur au coeur tendre
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ÂGE : trente ans, né le 26 janvier 1990.
SURNOM : sid, c'est déjà bien assez court... et c'est déjà un surnom aussi, même si très peu de gens le savent.
STATUT : il a finalement trouvé le courage d'avouer ses sentiments à sa belle irlandaise...
MÉTIER : tatoueur, propriétaire de son propre salon, wild ink.
LOGEMENT : #55, spring hill [appartement]
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POSTS : 1501 POINTS : 30

GENRE : Je suis un homme
ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : Il a un chat noir et blanc. • Il est bisexuel. • Il adore lire et regarder des documentaires. • Il a une sœur cadette. • Il déteste qu’on le prenne en photo. • Il n’a jamais touché à la drogue. • Il a arrêté de fumer et a réduit sa consommation d’alcool. • Il se spécialise dans les tatouages personnalisés. • Il adore dessiner. • Il aime les chats, la crème glacée à la pistache, les musées, les livres de recettes. • Il n'aime pas les épinards, les huîtres, le marron, les imbéciles et les gens bornés.
RPs EN COURS : [5/5] aisling #13aisling #14aisling [r.a.]lily | jophoenix #2
RPs EN ATTENTE : kiss my lips and let’s run away together ♡ aisling - Page 4 Tumblr_mn9afwBvNr1r0yw29o5_250sq
wasted on you • and it seems like I've known you forever, I'll keep you safe for one more night, need you to know that it's all right. I see the real you, even if you don't, I do. I do.

kiss my lips and let’s run away together ♡ aisling - Page 4 Tumblr_mw0nnsUDQI1rdwk62o2_250
blood is thicker than water • we've taken different paths and traveled different roads, I know we'll always end up on the same one when we're old.
kiss my lips and let’s run away together ♡ aisling - Page 4 Gay1

RPs TERMINÉS : aisling #1 | #2 | #3 | #4 | fb #1 | email #1 | #5 | #6 | #7 | #8 | #9 | #10 | #11 | #12archieaudencaroharley #1 | #2 | #3harvey #1 | #2 | #3jojoeylilyphoenixzelda
AVATAR : andy biersack ♥
CRÉDITS : alegria (avatar) • astra (signature) • loonywaltz (ub) • jo (dessin) • whitefalls (montage)
DC : billy, le plongeur-hackeur paumé • laoise, l'artiste peintre
Femme (elle)
INSCRIT LE : 01/03/2016
https://www.30yearsstillyoung.com/t7497-sid-si-tu-m-appelles-sydney-j-te-promets-que-tu-vas-le-regretter-termine https://www.30yearsstillyoung.com/t10973-we-all-need-a-friend-or-two-sid https://www.30yearsstillyoung.com/t7552-sid-bauer#270693 https://www.30yearsstillyoung.com/t25022-sid-bauer

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Message(#) Sujet: Re: kiss my lips and let’s run away together ♡ aisling kiss my lips and let’s run away together ♡ aisling - Page 4 EmptySam 7 Aoû - 5:14



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Day 4: stay with me, you're all I see
And I'd give up forever to touch you, 'cause I know that you feel me somehow. You're the closest to heaven that I'll ever be and I don't want to go home right now. And I don't want the world to see me, 'cause I don't think that they'd understand. When everything's made to be broken, I just want you to know who I am. • Iris, Goo Goo Dolls

Sid émerge lentement de son sommeil. Peu à peu, il prend conscience de ce qui l’entoure. La douceur des draps contre son torse nu. La chaleur de son corps qui se mélange à celle d’Aisling, blottie entre ses bras. Le soleil matinal qui illumine le paysage et leur chambre. Il fronce légèrement les sourcils, entrouvre les paupières. Dans la pièce, pas un bruit, à l’exception du souffle lent et régulier d’Aisling. Elle dort encore. Le cerveau embrumé, il observe son visage, sourit en détaillant le grain de sa peau et les taches de rousseur qu’elle a dévoilées en acceptant finalement de s’endormir sans son maquillage. Pour une fois, ils n’ont pas vraiment bougé pendant la nuit, le corps sûrement alourdi par la fatigue et les émotions fortes qu’ils ont vécues en soirée. Le visage à moitié enfoui dans son cou, elle repose sur son épaule maintenant un peu engourdie. Elle a l’air paisible, si paisible qu’il réussit presque à oublier son air tourmenté de la veille. Une bouffée d’angoisse menace de s’infiltrer dans sa poitrine. Pour l’en empêcher, il se concentre sur sa respiration, la calque soigneusement sur le rythme réconfortant de celle d’Aisling, jusqu’à ce qu’il retrouve une certaine sérénité. Malgré lui, il repense à la façon catastrophique dont leur soirée s’est terminée. C’est exactement le genre de situation qu’il aurait voulu ne jamais vivre avec elle. Même s’il arrive à faire la part des choses maintenant qu’il n’est plus au cœur de la tempête et à comprendre que ce n’était pas totalement sa faute si la jeune femme a paniqué, il craint tout de même de déclencher sans le vouloir – et, pire encore, sans le savoir – une autre vague de souvenirs traumatisants la prochaine fois. Brusquement, l’inexpérience d’Aisling qui, jusqu’alors, les avait seulement menés sur le chemin de découvertes sensuelles et grisantes lui semble plus inquiétante maintenant qu’il a conscience de naviguer dans un champ de mines invisibles dans lequel elle ne peut le guider puisqu’elle ignore aussi où se trouve le danger.

Rongé par les doutes, il laisse son regard voguer vers l’extérieur, observe la blancheur du sable à l'horizon. Il a beau savoir qu’il n’existe aucun mode d’emploi pour ce genre de situation, il voudrait quand même pouvoir s’appuyer sur quelque chose d’un peu plus concret que son seul instinct. La solution lui apparaît d’un coup et il ne résiste pas longtemps à l’envie qui le taraude maintenant d’aller fouiller en ligne pour trouver des réponses. Prudemment, il pivote sur lui-même, déplaçant peu à peu Aisling jusqu’à ce qu’elle repose sur son torse et qu’il soit allongé sur le dos plutôt que sur son flanc. Elle s’agite entre ses bras et il fige. Immobile, il n’ose même plus vraiment respirer par crainte de la réveiller complètement. Heureusement, elle se contente de se blottir un peu plus contre lui et de glisser une jambe possessive par-dessus les siennes en poussant un soupir de satisfaction. Lorsqu’il est absolument certain qu’elle est confortablement installée et replongée dans son sommeil, il tend prudemment le bras et cherche à tâtons son téléphone jusqu’à ce qu’il sente le boîtier froid sous ses doigts. Longuement, il fixe l’écran en essayant de mettre en mots sa question. À deux reprises, il tape quelque chose puis se ravise avant de finalement appuyer sur la petite loupe pour lancer la recherche. La plupart des résultats qui s’affichent proviennent de divers organismes gouvernementaux ou sans but lucratif à l’appui de survivants. Un peu incertain, il parcourt les titres du regard, se décide finalement à cliquer sur un article qui propose des conseils à l’intention des partenaires. Les sourcils froncés par la concentration, il lit attentivement le texte. Rapidement, il est rassuré de constater qu’aucun des renseignements présentés dans l’article ne lui semble particulièrement surprenant et, surtout, qu’ils ont déjà mis en pratique la plupart des recommandations : prendre son temps, se montrer patient, communiquer. S’amuser aussi, pour éviter que tout ne devienne trop sérieux. Enfin, se renseigner sur le sujet, exactement comme il est en train de le faire.

Pas totalement satisfait des réponses qu’il a trouvées pour autant, il revient en arrière. Il parcourt les résultats, à la recherche d’un autre site qui serait moins clinique, plus fondé sur la réalité de vraies personnes qui auraient de vraies histoires à raconter. Il finit par tomber sur un blogue sur le sujet et, malgré le soupçon d’inconfort qui le traverse, il se plonge dans les témoignages. Des dizaines de femmes ont participé à la discussion et ont accepté de partager comment elles ont réussi à surmonter la violence qu’elles ont vécue ou tentent encore de le faire. Paradoxalement, malgré la boule d’émotions douloureuse qui lui plombe l’estomac à mesure qu’il découvre les histoires de toutes ces personnes qui ont été victimes de gestes abjects, il sent aussi le poids qui lui comprimait la poitrine s’alléger. Car bon nombre de ces femmes parlent en bien d’un partenaire qui a su les accompagner et les aider à guérir au moins une partie de leurs blessures. Souvent, il reconnaît sa relation avec Aisling dans ces descriptions remplies de chaleur et d’espoir. Un soupir de soulagement au bord des lèvres, il fait courir une main légère sur l’épaule de la jeune femme, suffisamment délicate pour ne pas la réveiller mais assez ferme pour satisfaire son besoin de la toucher. Bien que ces recherches n’aient servi qu’à survoler la question, elles l’ont rassuré en lui montrant qu’ils sont sur la bonne piste et que, tant qu’ils continueront à tout affronter ensemble, ils ne risquent rien.

Apaisé, il ferme son navigateur et revient à l’écran principal de son téléphone, où la petite enveloppe annonçant l’arrivée d’un message attire son attention. Machinalement, il appuie dessus même s’il connaît très bien la nature de ce mail non lu puisqu’il attend dans sa boîte de réception depuis presque une semaine. Le cœur battant, il survole d’un pouce hésitant le nom de Caro. Même s’il n’a pas encore osé ouvrir le message, il lui est reconnaissant d’avoir accepté de l’aider sans poser de questions comme il le lui avait demandé. Il espérait qu’avec le temps ses sentiments ambivalents s’éclairciraient et qu’il finirait par trouver au milieu de ce fouillis d’émotions la réponse à toutes ses hésitations, mais il a plutôt l’impression que c’est bien pire aujourd’hui qu’il y a une semaine. Probablement parce que le moment de faire un choix est finalement arrivé. La mâchoire crispée, il inspire profondément et ouvre finalement le message. La gorge un peu serrée, il prend d’abord le temps de lire ce que sa petite sœur lui a écrit.

Salut Sid,
Voici les renseignements que tu m’as demandés. J’espère que ça te sera utile et, surtout, que tu trouveras ce que tu cherches.
Je pense à toi et je suis juste à l’autre bout du fil si jamais tu as besoin de parler.
Je t’aime,
Caro xxx
ps. Dis bonjour à Aisling de ma part !

Juste au-dessus de son message, une pièce jointe portant simplement un numéro semble le narguer. Avant de se dégonfler, il appuie dessus pour la télécharger. Bientôt, une carte du cimetière de Melbourne s’affiche sur son écran. Au centre, l’un des lots a été encerclé en rouge. Sous le coup de l’émotion, sa respiration se bloque dans sa poitrine. Heureusement, Aisling choisit ce moment pour s’agiter contre lui. Il tressaille, surpris, et s’empresse d’éteindre l’écran et de reposer son téléphone sur la table de nuit, là où les yeux curieux de sa belle ne risquent pas de découvrir ce qu’il regardait. Parce qu’il ne se sent pas prêt à mettre en mots le besoin lancinant qui l’habite depuis quelques temps de faire la paix avec son passé difficile, pour que le début de ses trente ans ne soit pas terni par les mêmes souvenirs empoisonnés qui ont noirci sa vingtaine. Mais aussi parce qu’il craint de ne plus pouvoir changer d’idée une fois qu’il aura expliqué à Aisling son envie de retourner sur la tombe d’Adele alors qu’il n’est même pas certain d’avoir le courage d’aller jusqu’au bout.

Elle soupire, enfouit son visage dans son cou comme un chat qui cherche un peu de chaleur, y presse un baiser tendre. Amusé, il rigole doucement, accueille sa tendresse et la laisse chasser ses angoisses pour lui accorder un instant de sérénité supplémentaire avant qu’il ne soit confronté à la réalité à l’extérieur de leur bulle de bonheur. Le son de sa voix semble la tirer de son sommeil car elle émerge quelques secondes plus tard, l’air vaguement surprise de le voir réveillé avant elle. Incapable de résister à sa petite tête endormie, il se penche vers elle, embrasse son front, laisse le bout de leurs nez s’effleurer tandis qu’il frôle ses lèvres des siennes. « Bien dormi ? » souffle-t-il tout contre sa bouche avant de lui voler un baiser affectueux. Il est presque certain que oui, convaincu qu’elle l’aurait facilement tiré de son sommeil trop léger si ça avait été le cas. Sans relâcher son étreinte, il se tourne vers elle pour lui faire face et pose une main sur sa taille, sous les draps qui se sont accumulés autour d’elle, mais par-dessus le t-shirt qu’elle lui a piqué. Un long moment, ils baignent dans un silence confortablement cotonneux, nimbé de l’engourdissement qui étreignait encore Aisling quelques minutes plus tôt. « Prête à partir à l’aventure ? » finit-il par lui demander tout bas, comme un moyen détourné de s’enquérir de son état d’esprit ce matin sans risquer de plomber l’atmosphère pour autant.





just kiss me in the dark
maybe i’m just as scared as you. it's alright, stay by my side on the edge of everything we know. it's alright, just don't look down and i will hold on and never let go. you're right beside me, so just close your eyes, i'll never let go. you're all that i need, so just close your eyes. • close your eyes, rhodes

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Aisling Hayes
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Message(#) Sujet: Re: kiss my lips and let’s run away together ♡ aisling kiss my lips and let’s run away together ♡ aisling - Page 4 EmptyMer 11 Aoû - 4:47



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Day 4: let's roam these streets together
You know every part of me I let you in, I let you see all the dark in every corner of my room. Let me do that for you and tell me all about your past, why you painted those walls black, baby it's all right you're safe in here with me. Open up so I can see...

La nuit a été profonde, cathartique. Remplie de rêves agités dont Aisling n’a plus le moindre souvenir. Pour la première fois depuis une éternité, ce n’est pas le sursaut erratique de son cœur qui l’éveille, mais les rayons dorés du soleil. Chauds et délicats, ils se faufilent un chemin à travers les volets et viennent caresser ses paupières comme pour les encourager à s’entrouvrir. Elle lutte pourtant, resserre légèrement son bras et sa jambe glissée autour de son copain, se raccroche à lui comme si elle craignait de l’abandonner au sommeil et se réveiller sans sa présence. Avec un soupir à fendre l’âme, elle plonge au creux de son cou pour se mettre à l’abri de la lumière. Pas encore… Apaisée par son odeur familière, elle presse ses lèvres contre sa peau douce, esquisse un petit sourire de contentement et se détend à nouveau, prête à laisser la torpeur matinale l’envelopper quelques instants encore. Cet espoir s’évapore toutefois, chassé par les vibrations discrètes de son rire. Ancré dans le réel, il l’invite doucement à l’y rejoindre. Les sourcils froncés de confusion, elle se laisse timidement tenter et bat lentement des cils en prenant conscience de son environnement. Le roulement lointain des vagues, la lumière tamisée qui règne dans la pièce, le pouce de Sid caressant son bras, la chaleur de son corps tout contre le sien. Elle sort de sa cachette à contrecœur, effleure son profil d’un regard encore un peu flou, sa frimousse estampillée d’une question muette à laquelle ses grands yeux océan répondent aisément en plongeant dans les siens. Oh, t’es réveillé… Un peu frustrée d’être passée à côté de son petit plaisir matinal, elle se laisse amadouer par le baiser plein de tendresse qu’il presse contre son front. Leurs nez se frôlent tendrement et les lèvres de Sid éveillent un crépitement agréable dans sa poitrine en se coulant contre les siennes. « Bien dormi ? » Elle lui répond d’un petit hochement de tête, esquisse un sourire rêveur qui se noie dans le baiser que Sid vient cueillir sur ses lèvres. Elle s’y fond avec un soupir de bonheur, referme les yeux pour mieux savourer cette caresse, ne les rouvre qu’en le sentant remuer à ses côtés. Intriguée, elle relève les yeux vers son visage et s’étonne de trouver un pli soucieux entre ses sourcils sombres. Son impression s’évanouit cependant, diluée par la chaleur agréable que sa paume diffuse au creux de sa taille. Guidée par la douceur teintée d’innocence de cette étreinte matinale, Aisling dévale son épaule du bout des doigts et remonte le long de sa nuque pour mieux s’égarer entre ses mèches sombres qu’elle câline distraitement tandis que son esprit continue d’émerger.

« Prête à partir à l’aventure ? » Il murmure après un long moment, sa voix basse empreinte d’une timidité qu’elle ne lui connait pas vraiment. Les sourcils légèrement froncés, elle sonde prudemment ses traits jusqu’à trouver un semblant de réponse en plongeant dans les volutes troubles qui agitent son regard. Oh non, mon Sid… me dit pas qu’tu t’en veux encore pour hier ? Avec un petit pincement au cœur, elle laisse son pouce errer sur la ligne de sa mâchoire, inquiète de ne pas avoir su trouver les mots pour effacer ses doutes aussi aisément qu’il a lui-même dissipé les siens. « Toujours. » Elle répond sans la moindre hésitation, les yeux dans ceux de son copain. Un sourire tendre au coin des lèvres, elle prend délicatement son visage entre ses paumes pour l’embrasser tout en douceur, tente de lui communiquer à travers ce baiser la confiance immuable qu’il lui inspire et toute la réassurance dont il pourrait avoir besoin. Elle ne s’écarte que pour mieux accrocher son regard, laisse filtrer dans le sien une note de complicité mêlée de sincérité. « Tant qu’c’est avec toi. » Elle souffle contre ses lèvres, exactement comme elle l’a fait des mois plus tôt sous les étoiles, le soir où il a décidé de lier leurs destins avant de l’inviter à parcourir ensemble les routes australiennes le temps d’un voyage. Il la dévisage intensément, puis une lueur de compréhension illumine son regard de l’intérieur et un sourire s’étire au coin de ses lèvres. Heureuse de l’avoir rassuré et incapable de résister au sourcil discret qu’il vient de relever, Aisling capture à nouveau sa bouche. Elle y picore une nuée de petits baisers affectueux avant de dévier tranquillement sur sa joue à qui elle réserve la même attention. Pas en reste, il contrattaque en glissant dans son cou, chatouille sa peau du bout des lèvres en enroulant plus fermement ses bras autour de sa taille. Le rire au bord des lèvres, elle se tortille un instant contre son corps avant de céder à l’envie de se blottir tout contre sa poitrine. Ses doigts disparaissent dans sa chevelure, s’enroulent amoureusement dans ses mèches alors qu’elle se penche à son oreille. « Et puis j’ai vraiment hâte de découvrir ta ville. » Elle murmure d’une voix exagérément sensuelle, refusant de s’avouer totalement vaincue. « Mais avant… » Espiègles, ses lèvres effleurent son lobe avant d’asséner le coup final : « J’prends la salle de bain ! »

Profitant de son effet de surprise pour lui échapper, elle s’extirpe agilement des draps avec un petit rire de victoire puis virevolte vers la commode. Sans pouvoir s’empêcher de lui lancer un coup d’œil joueur par-dessus son épaule, elle choisit ses vêtements pour la journée puis file dans la salle de bain, tirant la porte sur son passage sans la verrouiller. Elle se rafraichit au lavabo, applique un peu de crème protectrice sur son visage et passe un coup de brosse dans ses courtes mèches pour les arranger. Quelques minutes plus tard, elle a enfilé sa salopette short en jean gris déchiré ainsi qu’un petit crop top noir et se penche pour redessiner soigneusement son trait d’eye-liner devant le miroir. Son regard de biche enfin retrouvé, elle repasse dans la chambre pour prévenir Sid qu’il peut prendre sa place et s’étonne de ne pas le trouver entre leurs draps défaits. L’air songeur, il s’est posté à l’autre bout de la pièce et fouille distraitement dans le tiroir où il a entassé ses vêtements pêle-mêle la veille. Touchée par sa nervosité apparente, l’irlandaise comprend confusément que leur frayeur n’est pas le seul émoi qui pèse sur son cœur. Intriguée, elle ne peut s’empêcher de se demander si c’est l’idée de lui laisser entrevoir quelques bribes de la ville qui l’a vu grandir qui le tracasse… ou bien la perspective de s’y replonger. Ou p’t-être qu’il sait juste pas quoi se mettre sur le dos pour la journée… Un sourire attendri flottant sur ses lèvres, elle se faufile dans son dos et enroule ses bras autour de sa taille. Elle fond en le sentant tressaillir entre ses bras, tente de se distraire des sentiments qui l’agitent en jetant un coup d’œil par-dessus son épaule. « J’aime bien celle-là. » Un vote sincère pour l’encourager à choisir la chemise fluide à motif de toile d’araignée qu’il effleure du bout des doigts. « Vaudrait mieux qu’tu la mettes avant que j’te la pique… » D’humeur taquine, elle presse un baiser sur son omoplate avant de s’écarter. Elle n’a pas le temps de faire un pas vers la porte qu’il enroule un bras autour de ses épaules pour la retenir. Pinçant les lèvres de bonheur, elle se laisse volontiers attirer contre son flanc et relève un regard pétillant vers son visage, soulagée de lire une lueur d’amusement sur ses traits. « Tu devrais y aller mon Sid… j’vais faire ton café. » Elle s’efforce toutefois de décréter pour éviter de se laisser déconcentrer par la douceur agréable de son abdomen sous ses doigts. Il ne la libère qu’après avoir pressé un baiser sur son front et elle s’éloigne avec un petit soupir contrit, pressée de le retrouver de l’autre côté.

Dans la pièce principale, les rayons matinaux filtrent à travers les grandes baies vitrées et baignent la cuisine ouverte d’un halo doré. Fascinée par la vue imprenable qu’elles offrent sur l’océan et l’atmosphère agréable qui règne dans leur petite maison de vacance au décor côtier, Aisling se laisse séduire par un sentiment de sérénité inattendu. Elle n’a jamais été du genre à faire des projets, trop occupée à survivre au présent pour oser se projeter dans l’avenir. Pourtant, alors qu’elle verse une quantité indécente de café dans le filtre et lance la théière d’un même mouvement, elle se prend à rêvasser d’une jolie maison qui serait la leur, avec une cuisine aérée où elle pourrait reproduire ce petit rituel tous les matins. Perdue dans ses rêveries, elle n’entend pas la porte de la salle de bain s’ouvrir et sursaute quand la voix de Sid retentit dans le corridor et l’arrache à un futur fantasmé pour la ramener au présent bien réel. Le cœur battant la chamade, elle braque un regard inquiet dans sa direction et se détend aussitôt en le voyant débarquer avec un peigne, son gel et sa tignasse en bataille. Une main placée devant ses lèvres pour tenter de contenir son amusement, Aisling repose le thé qu’elle sirotait distraitement pour attraper sa tasse de café. « Assieds-toi, j’vais t’arranger ça. » Elle lance avec affection en lui déposant la boisson entre les mains. Un sourire aux lèvres, elle glisse ses doigts dans sa chevelure pour tenter de déterminer le mouvement que ses mèches ont décidé d’adopter ce matin. « J’sais que t’as plutôt tendance à dégager ton front avec ta nouvelle coupe, mais j’ai bien envie d’te laisser quelques mèches… » Elle commente en massant délicatement ses tempes le temps de trouver l’inspiration. A l’aide de son peigne, elle crée une petite raie de côté puis applique un peu de cire sur ses doigts pour mieux rabattre une partie de ses cheveux vers l’arrière avant de se placer devant lui pour ramener un peu de volume sur le devant de façon à ce que ses mèches effleurent ses sourcils d’un mouvement fluide. « Faut dire que ça m’manque un peu d’pas pouvoir les remettre en arrière. » Elle plaisante avec un petit sourire en replaçant justement une rebelle derrière ses oreilles. « Et voilà, t’es tout beau. » Satisfaite, elle s’écarte avec un petit soupir et s’installe sur le tabouret à ses côtés pour mieux contempler son œuvre. Elle avait prévu d’y rester sagement et laisser sa paume courir sur son avant-bras jusqu’à ce qu’il ait terminé son café, mais déjà ses jambes se balancent, incapable d’évacuer l’excitation curieuse qui déferle dans ses veines à l’idée d’embarquer pour une nouvelle aventure. « On y va ? » Elle demande alors en pressant sa main avec un peu trop d’enthousiasme à l’instant même où il écarte la tasse de ses lèvres.    





you feel like heaven
Thunder in the blue skies, lightning in the daylight, storm clouds in our eyes. Tidal waves in my heart, earthquakes in the still dark, eclipses in the night.
F R I M E L D A

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Dernière édition par Aisling Hayes le Jeu 30 Sep - 23:12, édité 1 fois
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Sid Bauer
Sid Bauer
le tatoueur au coeur tendre
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ÂGE : trente ans, né le 26 janvier 1990.
SURNOM : sid, c'est déjà bien assez court... et c'est déjà un surnom aussi, même si très peu de gens le savent.
STATUT : il a finalement trouvé le courage d'avouer ses sentiments à sa belle irlandaise...
MÉTIER : tatoueur, propriétaire de son propre salon, wild ink.
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GENRE : Je suis un homme
ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : Il a un chat noir et blanc. • Il est bisexuel. • Il adore lire et regarder des documentaires. • Il a une sœur cadette. • Il déteste qu’on le prenne en photo. • Il n’a jamais touché à la drogue. • Il a arrêté de fumer et a réduit sa consommation d’alcool. • Il se spécialise dans les tatouages personnalisés. • Il adore dessiner. • Il aime les chats, la crème glacée à la pistache, les musées, les livres de recettes. • Il n'aime pas les épinards, les huîtres, le marron, les imbéciles et les gens bornés.
RPs EN COURS : [5/5] aisling #13aisling #14aisling [r.a.]lily | jophoenix #2
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wasted on you • and it seems like I've known you forever, I'll keep you safe for one more night, need you to know that it's all right. I see the real you, even if you don't, I do. I do.

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blood is thicker than water • we've taken different paths and traveled different roads, I know we'll always end up on the same one when we're old.
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Message(#) Sujet: Re: kiss my lips and let’s run away together ♡ aisling kiss my lips and let’s run away together ♡ aisling - Page 4 EmptySam 21 Aoû - 4:59



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Day 4: stay with me, you're all I see
And I'd give up forever to touch you, 'cause I know that you feel me somehow. You're the closest to heaven that I'll ever be and I don't want to go home right now. And I don't want the world to see me, 'cause I don't think that they'd understand. When everything's made to be broken, I just want you to know who I am. • Iris, Goo Goo Dolls

Son cœur se débat un peu trop dans sa poitrine tandis qu’il attend la réponse d’Aisling. S’il est plus ou moins convaincu de s’inquiéter pour rien, il n’arrive pas totalement à repousser son angoisse à l’idée que la fissure entre eux n’ait pas été aussi bien recollée qu’il n’y paraît. La caresse de son pouce qui retrace délicatement la ligne de sa mâchoire le rassure. « Toujours. » Sa voix est pleine d’une sincérité qui se reflète dans l’assurance avec laquelle elle appuie ses paumes chaudes sur son visage et l’attire vers elle pour l’embrasser. Soulagé, il expire longuement tandis que son inquiétude se fond et disparaît dans la tendresse de leur étreinte. « Tant qu’c’est avec toi. » Les mots lui sont délicieusement familiers. Pourtant, il lui faut quelques longues secondes pour qu’émerge dans sa mémoire le souvenir de leur étreinte sur le toit et la façon dont elle lui avait soufflé ces mêmes paroles à l’oreille, le soir de leur premier rendez-vous. Les lèvres d’Aisling retrouvent les siennes, l’embrassent à répétition sans lui laisser l’occasion d’approfondir le baiser. Elles dévient vers sa joue et le chatouillent à quelques reprises avant qu’il ne décide de riposter en enfouissant son visage dans son cou et en réservant le même sort à la peau fine qu’il rencontre. Elle lutte dans son étreinte et il l’aurait laissé aller sans la moindre hésitation si elle ne ponctuait pas ses tentatives d’évasion d’éclats de rire étouffés. Elle finit pourtant par s’abandonner entre ses bras et glisser ses doigts dans ses mèches. Jetant l’éponge lui aussi, il ferme les yeux et inspire l’odeur réconfortante de sa peau en savourant sa tendresse. Son souffle lui chatouille l’oreille tandis qu’elle se penche, tentatrice, pour lui murmurer : « Et puis j’ai vraiment hâte de découvrir ta ville. » Sa voix coulante lui fait presque oublier la trépidation étrange qui l’habite dès qu’il songe à cette visite des quartiers où il avait l’habitude de rôder. Du reste, insensible à ses émois, Aisling poursuit son offensive, de toute évidence déterminée à le déconcentrer. « Mais avant… » L’ombre d’une caresse délicate sur son lobe le fait frissonner et il ne peut s’empêcher de se demander ce qu’elle a derrière la tête… pour le découvrir presque aussitôt. « J’prends la salle de bain! » Avant qu’il n’ait pu la rattraper, elle lui file entre les doigts comme une anguille en ricanant pour sautiller jusqu’à la commode.

En dépit du froid désagréable qui s’est engouffré sous les draps maintenant qu’elle n’est plus là pour les réchauffer avec lui, il se tourne sur le dos pour la suivre des yeux, un bras replié sous sa tête. Ses vêtements en main, elle disparaît dans la salle de bain en lui lançant une dernière œillade joueuse. Dans le silence soudain de la chambre vide, il porte une main fatiguée à son visage, se frotte maladroitement les yeux dans l’espoir de chasser l’impression désagréable d’avoir du sable sous les paupières qui accompagne sa nuit trop courte, sans grand succès. Un peu déphasé, il se redresse et s’assoit sur le matelas. Sur la table de nuit, son portable semble le défier. Il l’ignore soigneusement, se passe plutôt une main dans les cheveux en soupirant. Il aurait envie de rester sous les draps, blotti contre le corps chaud d’Aisling, ignorer la journée qui s’amorce et tout ce qui n’est pas sa peau douce sous ses mains et ses lèvres sur les siennes. Il se lève quand même, se traîne à son tour jusqu’à la commode. Les mains enfouies dans son tiroir, il remue les bouts de tissu sans vraiment les voir. Peu inspiré, il ne sait pas trop ce qu’il cherche. S’il entend distraitement le déclic de la porte de la salle de bain, il n’y prête pas vraiment attention, si bien que, sortis de nulle part, les bras qui se nouent autour de sa taille le font sursauter. Même si rationnellement il a reconnu sa copine, il ne se détend qu’en sentant sa joue veloutée s’appuyer sur son bras tandis qu’elle jette un coup d’œil à ses vêtements désordonnés. « J’aime bien celle-là. » Il suppose qu’elle parle de la chemise sur laquelle repose sa main droite. Il l’observe d’un œil incertain en hochant la tête, pas totalement convaincu mais soulagé qu’elle ait plus ou moins choisi pour lui. « Vaudrait mieux qu’tu la mettes avant que j’te la pique… » Elle ponctue sa remarque d’un baiser tendre sur son omoplate. Un sourire au coin des lèvres, il pivote légèrement vers elle. « C’est vrai qu’c’est un danger bien réel comme t’as des vues sur le trois quart de mes vêtements, » rétorque-t-il, l’air faussement contrarié et, surtout, pas très convaincant. Car ils savent bien tous les deux que ça ne le dérange pas particulièrement qu’elle pille sa garde-robe. Même que ça nourrit agréablement son petit côté possessif de la voir s’enrouler avec bonheur dans ses vêtements trop grands pour elle. Elle veut s’écarter, mais il n’a pas envie de la laisser aller, alors il la retient par les épaules. Elle revient se presser contre lui sans la moindre hésitation. « Tu devrais y aller mon Sid… j’vais faire ton café. » Attendri, il l’embrasse sur le front, lui souffle un merci sincère puis la libère. Tandis qu’elle s’éloigne dans le couloir, il retourne à ses vêtements. La chemise qu’Aisling lui a recommandée en main, il opte pour un jean noir et confortable pour l’accompagner.

Dans la salle de bain, il grimace en apercevant sa tignasse en bataille. Vu le peu de soin qu’il lui a accordé la veille, ça n’a rien d’étonnant, aussi l’ignore-t-il simplement et se glisse sous la douche. L’eau chaude qui coule en cascade sur sa peau est réconfortante. Peu à peu, elle chasse une partie de sa fatigue et réussit même à apaiser son stress. Lorsqu’il émerge de la cabine, quelques minutes plus tard, il se sent revigoré et même vaguement optimiste. Ça ne dure pas, évidemment. Rapidement, ses mèches indomptables ont raison de sa maigre réserve de patience matinale. En choisissant de porter les cheveux plus courts qu’il ne l’avait fait depuis des années, il pensait gagner en efficacité, mais c’est plutôt le contraire qui s’est produit comme il ne peut plus se rabattre sur ses techniques habituelles. Surtout, sa crinière semble maintenant avoir une volonté propre qui ne répond plus qu’à l’autorité d’Aisling. Avec un soupir embêté, il abandonne finalement et se glisse dans ses vêtements. À dessein, il évite de boutonner le haut de sa chemise, question de mettre en valeur l’aigle tatoué sur sa poitrine et le pendentif en forme d’oiseau qu’il a tiré de la petite pochette dans laquelle il a placé ses bijoux. Satisfait du résultat, il récupère son matériel à coiffure et émerge de la salle de bain en interpelant sa copine d’une voix à peine plaintive. « Leen, tu veux bien m’aider ? Mes cheveux font n’importe quoi encore ! » Appuyée contre le comptoir de la cuisine, les mains enroulées autour d’une tasse, elle lève les yeux vers lui et semble comprendre d’un simple coup d’œil le cœur de son problème. « Assieds-toi, j’vais t’arranger ça. » Il s’empresse d’obéir et s’installe sur la chaise au bout de la table. Il pose devant lui le peigne et le pot de gel qu’il a apportés de la salle de bain. En échange, Aisling lui tend une tasse de café qu’il accepte avec reconnaissance, charmé par l’arôme puissant qui s’en dégage. Pressé de goûter à sa dose de caféine matinale, il la porte aussitôt à ses lèvres tout en s’assurant de garder la tête bien droite pour ne pas embêter sa copine pendant qu’elle travaille. « J’sais que t’as plutôt tendance à dégager ton front avec ta nouvelle coupe, mais j’ai bien envie d’te laisser quelques mèches… » Il ne l’écoute qu’à moitié, se contente de lui répondre par un soupir appréciateur qu’il lui laisse le soin de déchiffrer et d’interpréter comme elle le désire. C’est qu’il lui fait totalement confiance et s’en remet sans la moindre hésitation à elle. Les yeux fermés, il profite simplement de ce moment de bonheur tranquille et du massage délicat que lui procurent ses doigts agiles en courant dans ses mèches. Un mouvement discret dans son dos lui apprend qu’elle contourne probablement la chaise. Ouvrant les yeux, il écarte les jambes pour la laisser s’approcher afin qu’elle puisse atteindre facilement sa crinière. Le regard rivé sur la bande de peau dévoilée par son haut, il combat l’envie de se pencher pour poser ses lèvres sur son ventre. « Faut dire que ça m’manque un peu d’pas pouvoir les remettre en arrière, » poursuit-elle, visiblement inconsciente de la direction qu’ont prises ses pensées. En vrai, ça me manque un peu aussi… songe-t-il, sans pour autant oser l’affirmer à voix haute. Car il aime la familiarité de ce petit geste tendre qu’il a rapidement fini par associer à elle. « Et voilà, t’es tout beau. » Visiblement satisfaite, elle s’installe à ses côtés. « Merci. » Le regard tendre par-dessus le rebord de sa tasse, il lui offre un sourire avant de replonger dans la délicieuse amertume de son café. Il a à peine eu le temps d’avaler la gorgée qu’il a prise qu’Aisling presse déjà sa main avec l’enthousiasme d’une gamine à qui on a promis une visite au zoo. « On y va ? » Il aurait presque envie de se plaindre, de souligner qu’il n’a pas fini son café pour faire durer encore un peu cet instant de sérénité, mais le regard tout plein d’espoir d’Aisling le convainc de ravaler sa mauvaise humeur matinale. Il se permet tout de même un soupir avant d’engloutir ce qu’il restait de sa tasse de café, qu’il repose ensuite sur la table avec un toc tout plein de finalité.  « On y va, » réplique-t-il en se penchant vers elle pour lui voler un baiser.

Un quart d’heure plus tard, ils sont installés chacun à leur place dans le van. Au rythme de la musique rock qu’Aisling a choisie, ils s’éloignent de leur quartier paisible et se rapprochent du centre-ville. Cette fois, Sid n’a pas demandé à sa copine de jouer les copilotes, confiant de savoir s’orienter dans les rues de sa ville natale. Du reste, ils ont décidé d’errer un peu au hasard en s’arrêtant selon leurs envies dans des endroits qui leur plaisent. Déjà, les rues lui semblent de plus en plus familières. Sur la promenade qui longe l’Albert Park Lake, il est assailli de souvenirs jusqu’alors plus ou moins enfouis. Inspiré, il prend la gauche pour se garer dans l’une des aires de stationnement à l’intention des visiteurs. En coupant le moteur, il se tourne vers Aisling, amusé par son regard intrigué. « Prête à découvrir notre premier arrêt de la journée ? » lui demande-t-il en descendant du véhicule. Main dans la main, ils s’éloignent du van. D’un pas lent, ils remontent le sentier qui mène au bord de l’eau. « Je venais souvent m’installer ici quand j’en avais marre d’être chez moi. » Du regard, il balaie la surface bleutée du lac, s’égare momentanément sur les gens qui marchent autour d’eux. À quelques mètres devant eux, une petite famille s’est installée sur la berge et les gamins s’amusent à lancer des cailloux dans l’eau pour tenter de faire des ricochets. « C’est pas exactement l’océan et le lac est artificiel, mais c’était paisible. Surtout la nuit, quand il n’y avait personne ou presque. » Le lac avait aussi l’avantage d’être plus proche de la maison, ce qui lui facilitait un peu la tâche quand il devait rentrer en catastrophe pour être de retour dans son lit à temps pour ne pas se faire surprendre par Randy, qui revenait d’une sortie avec les Devils. « Pas très loin d’ici, il y avait un petit café avec une jolie terrasse. J’ai pensé qu’on pourrait se prendre quelque chose à manger. » Et un autre café aussi… songe-t-il sans pour autant le préciser. De toute façon, le sourire en coin qui est apparu au coin des lèvres d’Aisling lui révèle qu’elle a déjà compris qu’il lui faut sa deuxième dose de caféine de la journée. Avec une pointe de déception, il constate que l’établissement n’existe plus. Malgré la nostalgie un peu triste que cette disparition lui évoque, Sid n’est pas vraiment surpris. À l’époque, la structure semblait déjà être sur le point de s’écrouler au moindre coup de vent un peu trop insistant. Quelques mètres plus loin, cependant, se trouve un camion restaurant peint d’un rouge criard et décoré d’un énorme churro aux gros yeux qui lève le pouce en l’air comme pour les convaincre de s’approcher.

Convaincu par l’enthousiasme contagieux d’Aisling et par son estomac qui gargouille gaiement à l’idée d’avoir quelque chose à se mettre sous la dent, il se laisse entraîner vers la courte file d’attente. À la petite fenêtre, ils commandent une douzaine de churros classiques à partager ainsi qu’un café pour Sid et une limonade pour Aisling, avant de s’écarter pour attendre leur commande. Blottis l’un contre l’autre, ils discutent tout bas, perdus dans leur petite bulle de bonheur jusqu’à ce que le cuisinier les appelle pour leur donner leurs pâtisseries. Le sac en papier tout chaud et leurs boissons en main, ils vont s’installer sur un banc de parc en bois au bord de l’eau. Rapidement, le tatoueur constate que, si le café est buvable, les churros, eux, sont délicieux. Avec une pointe d’amusement, il accepte les bouchées que lui offre Aisling en se demandant comment il a pris l’habitude de se laisser nourrir comme un oisillon. Détournant momentanément le regard du lac qui scintille de petits diamants dorés sous les chauds rayons du soleil, il sourit en remarquant une tache de chocolat sur la lèvre supérieure de sa belle. « T’as un truc là, » déclare-t-il en désignant du bout de l’index sa bouche. Sans lui laisser le temps de l’essuyer, il se penche vers elle et l’embrasse en profitant de ce rapprochement pour recueillir du bout d’une langue taquine le sirop chocolaté. En se redressant, il lui sourit, satisfait de voir son teint rosé et son petit air timide, et lui expose la suite de son idée sans se laisser distraire : « On devrait continuer à marcher par là après. À l’époque, il y avait une ruelle pleine de street art pas très loin d’ici. Je sais plus si c’est encore comme ça, mais je pense que ça te plairait. » Autrefois, il se faisait un point d’honneur de parcourir la ruelle chaque fois qu’il en avait l’occasion pour observer le paysage changeant des peintures colorées qui recouvraient les murs de briques. Sous le couvert de la nuit, il en avait lui-même profité pour ébaucher quelques créations personnelles plus ou moins réussies, jusqu’à son dernier chef-d’œuvre : « Un jour, j’ai décoré la porte d’un resto sur laquelle il était écrit Delivery only d’un zombie qui venait livrer des cerveaux sur un plateau… » Il rigole doucement en se rappelant la fierté qu’il avait ressenti en voyant son œuvre terminée et, surtout, en constatant qu’elle semblait plaire suffisamment au proprio du resto pour qu’il n’ait pas choisi de recouvrir immédiatement la fresque de l’horrible peinture beige qui lui avait servi de toile vierge. « C’est sûr qu’il n’est plus là aujourd’hui, mais je serais curieux de voir si c’est encore le rendez-vous des artistes de ruelle. »





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maybe i’m just as scared as you. it's alright, stay by my side on the edge of everything we know. it's alright, just don't look down and i will hold on and never let go. you're right beside me, so just close your eyes, i'll never let go. you're all that i need, so just close your eyes. • close your eyes, rhodes

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Aisling Hayes
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ÂGE : 24 ans, née un 20 février
SURNOM : Ash par ses amis, Leen par son vampire-dandy. Ivana Rose sur instagram.
STATUT : Essaie d'écouter son cœur, de le confier à Sid malgré sa peur.
MÉTIER : Modèle alternative (Suicide Girls, OnlyFans) et effeuilleuse quelques soirs par semaine.
LOGEMENT : Appart' #353 à Redcliffe
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ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : Née en Irlande du Nord dans une famille très catholique, parle avec un accent gaélique. A troqué les rues pluvieuses de Belfast pour le soleil de Brisbane mais son existence est toujours aussi grise. Se croit bonne à rien si ce n’est à jeter son corps en pâture aux caméras. Faut bien payer le loyer et sa dette envers le club. Aisling se réfugie dans les morceaux de rock qui ouvrent son cœur à sa place. Le son à fond, elle danse pour extérioriser le tumulte de ses sentiments. Parfois, elle chante aussi… mal, elle trouve. Végétarienne, elle adore les animaux. Ancienne junkie sobre depuis 10 mois
RPs EN COURS : Sid [14]Sid 13Sinner [r.a.]Robin [2]Robin [3]LaoisePhoenix [3]

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Sid ♡ I won't turn back I won't cross that hidden danger line. It's a loud and dark world but I think I found the light. I need you to tell me everything will be alright, to chase away the voices in the night; when they call my name.

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Robin ♡ you lead the blind you lead the stream, the current ways are much to lean, you are the captain of the team!

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Phoenix ♡ I need a hero, I'm holding out for a hero 'til the end of the night. He's gotta be strong and he's gotta be fast, and he's gotta be fresh from the fight. He's gotta be larger than life!

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Lou ♡ Oh I love the taste of cyanide, oh how I love to feel it burn inside. I'm on the hour and I've been there for a long time but somehow I feel like I'm fading out of line.

RPs EN ATTENTE : Sid [f.b.2] ♡ Lou [3] ♡ Raelyn [2]

Je ne prends que 6 RPS à la fois.


RPs TERMINÉS : Sid ♡ [1] | [2] | [3] | [4] | [fb1] | [@] | [5] | [6] | [7] | [8] | [9] | [10] | [11] | [12]
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AVATAR : Mellisa Clarke
CRÉDITS : loudsilence (avatar) + Frimelda (sign) + Loonywaltz (ub) + Sid (ub)
DC : Jameson la louve & Kyte le vieux type louche
PSEUDO : Whitefalls/Whitewolf
INSCRIT LE : 07/09/2016
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Day 4: let's roam these streets together
You know every part of me I let you in, I let you see all the dark in every corner of my room. Let me do that for you and tell me all about your past, why you painted those walls black, baby it's all right you're safe in here with me. Open up so I can see...

Les yeux pétillants de tendresse et d’excitation, Aisling ne lâche pas Sid du regard alors qu’il se réfugie dramatiquement dans sa tasse pour la finir d’une traite avant de la reposer. « On y va. » La petite exclamation de joie qui enflait dans sa gorge fond sur ses lèvres, étouffée par la caresse de sa bouche. Souriant tout contre son visage, elle ne peut s’empêcher de penser que son copain a trouvé à travers leurs baisers la méthode parfaite pour protéger ses tympans sensibles au matin et réguler la frénésie qui a tendance à l’agiter depuis le début de leur aventure. Mais c’est plus fort qu’elle. De toute sa vie, elle n’a jamais fait le moindre voyage pour le plaisir, ses grands départs toujours ponctués de peurs et d’une douloureuse finalité. Avec Sid, elle peut profiter de ces découvertes le cœur léger, sans s’attrister d’une vie qu’elle viendrait de quitter, ni craindre pour sa sécurité. « J’vais chercher mes affaires ! » Elle s’exclame en se redressant un peu précipitamment, fait un pas vers la porte, se ravise et picore un baiser sur sa joue avant de repartir en trombes vers la chambre. Elle attrape son petit sac à dos, ses lunettes de soleil, le polaroid et une pellicule de rechange avant de retrouver Sid à la porte, vaguement moins préparé, comme pour faire un point d’honneur à ne pas avoir l’air d’un touriste. Après un regard langoureux en direction de la mer, elle grimpe en voiture et profite que Sid s’installe au poste de conduite pour fouiller parmi les CDs qu’elle a empilé dans la boite à gant et choisir l’hymne qui marquera officiellement le début de leurs explorations du jour. Elle opte pour un groupe qu’ils aiment tous les deux, laisse la voix rauque du chanteur les réveiller tandis qu’ils s’élancent sur le bandeau de route longeant la plage afin de rejoindre le centre-ville. Un sourire léger aux lèvres, les paumes appuyées sur son siège, elle laisse son regard voguer sur les flots, fascinée par la façon dont les rayons du soleil y scintillent comme un millier de paillettes.

Il bifurque bientôt sur la droite et la vaste étendue bleue est remplacée par quelques jolis arbres, des trams colorés et la devanture d’immeubles à l’allure presque européenne. Ils remontent ce paysage urbain, inexploré pour elle mais clairement familier pour lui, à en croire l’aisance avec laquelle il dirige leur van sur les grands axes comme les plus petits, délaissés par les autres conducteurs. Sentant leur véhicule ralentir aux abords d’un grand parc, Aisling se détache de la vitre pour poser un regard curieux sur son copain. Le grincement du frein à main lui confirme qu’ils viennent d’atteindre leur première destination, tout comme le sourire satisfait qu’il affiche. « Prête à découvrir notre premier arrêt de la journée ? » Ses lèvres lui répondent d’elle-même tandis qu’elle presse le bouton de sa ceinture de sécurité pour se libérer. « Tu sais bien qu’oui. » Elle plisse le nez avec une touche d’espièglerie, glisse son sac sur une épaule et saute du van un peu trop haut pour le rejoindre sur l’asphalte. Leurs paumes se retrouvent aussitôt et leurs doigts s’entrelacent tranquillement tandis qu’il l’entraîne sur un petit chemin bordé de verdure. La voix de Sid s’élève, se mêle au crissement agréable des graviers sous leurs épaisses semelles. « Je venais souvent m’installer ici quand j’en avais marre d’être chez moi. » Ses doigts pressent tendrement sa main tatouée, ses yeux effleurent son visage, tentent de contenir l’éclat de curiosité qui s’allume derrière les iris gris comme chaque fois qu’il lui révèle une petite miette de son passé. Il ne semble pas la remarquer, son regard survolant l’étendue calme du lac qui s’étend à leurs pieds et les collines alentours avant de s’attarder sur une poignée de bambins, occupés à en troubler la surface à l’aide de petits galets. Un sourire attendri aux lèvres, Aisling ne peut s’empêcher de se demander s’il se revoit au même âge, et sent son cœur se pincer en espérant qu’il s’agit d’un souvenir heureux. « C’est pas exactement l’océan et le lac est artificiel, mais c’était paisible. Surtout la nuit, quand il n’y avait personne ou presque. » Ses paroles lui laissent penser que oui, même si les circonstances qui le poussaient à filer hors de sa chambre pour s’aventurer autour du lac ne l’étaient pas toujours. « C’est joli. Même de jour, c’est joli. » Elle répond avec un petit sourire, amusée à l’idée qu’il ait toujours été une créature nocturne, errant au cœur de la ville pour se ressourcer dans le calme de la nuit. Mon mini vampire rebelle. « Pas très loin d’ici, il y avait un petit café avec une jolie terrasse. J’ai pensé qu’on pourrait se prendre quelque chose à manger. » Il lui propose alors qu’ils remontent lentement le sentier longeant l’étendue d’eau. Et reprendre un café, tant qu’à faire ? Elle songe tandis qu’un petit sourire taquin se dessine au coin de ses lèvres. « Bonne idée, surtout que j’commence à avoir un peu faim… » C’est qu’elle a complètement oublié de manger, trop consumée par son envie de partir à la découverte de la ville où Sid a passé les dix-huit premières années de sa vie.

Leurs pas s’accélèrent, seulement pour ralentir un peu plus loin, empreints d’hésitation. Curieuse, Aisling scrute les dunes dans l’espoir d’apercevoir le petit refuge que Sid lui a promis. Ce n’est qu’en surprenant le doute puis l’onde de regret qui traverse son regard qu’elle comprend que le petit café a disparu. Luttant contre la pointe de tristesse qui lui gratouille le cœur, elle fait courir ses doigts sur l’avant-bras de son copain. Ses états d’âme sont toutefois de courte durée car ses yeux repèrent bientôt une énorme enseigne en forme de churros surmontant un charriot à l’air si désuet qu’elle le trouve aussitôt bourré de charme. « Oh, on pourrait peut-être se prendre des churros ? J’suis sûre qu’ils ont du café en plus… » Leurs regards se croisent, complices, et Aisling sent un sourire ravi éclairer son visage en réponse à celui qui point doucement sur les lèvres de Sid. Décidant de l’interpréter comme un oui, elle se lance gaiement vers le petit camion rouge, entraînant son copain derrière elle. Pendant qu’ils attendent plus ou moins patiemment leur tour, Aisling dévore les préparations des yeux et souffle à Sid ses envies, de façon à ce qu’il puisse commander pour eux deux. Ils n’ont pas à attendre trop longtemps leurs victuailles, ou peut-être que le temps passe tout simplement rapidement lorsque son copain la retient ainsi tout contre sa poitrine. Si elle accepte de s’en détacher, ce n’est que pour récupérer sa limonade et laisser Sid se charger du petit sac en papier à l’odeur alléchante. D’un pas décidé, il se dirige vers un banc donnant sur le lac. Aisling le suit en trottinant, regrettant de ne pas avoir pris l’initiative d’attraper leurs churros pour en goûter un en chemin. Une fois installée, elle pioche aussitôt dans le sac et mord dans la spécialité sucrée avec un petit soupir d’extase pendant que Sid plonge invariablement dans son café. « C’est trop bon ! » Sa bouchée d’urgence avalée, elle se met en tête de partager son plaisir et trempe généreusement un churros dans le petit bol de chocolat pour le placer devant les lèvres de Sid. D’abord surpris, il a un petit mouvement de recul puis hausse finalement un sourcil avant de se laisser tenter. Troublée par la bouffée de bonheur qui l’envahit en le voyant accepter son offrande, Aisling se réfugie un instant sous sa frange et dans sa limonade. Elle ne résiste toutefois pas longtemps avant de retenter l’expérience et leurs churros disparaissent au rythme tranquille de leurs petites bouchées.

Jusqu’à ce que Sid se tourne vers elle, le regard à la fois tendre et amusé. « T’as un truc là. » Les sourcils froncés de confusion, Aisling porte une main hésitante à son visage mais son copain la devance d’un baiser. D’une langue agile, il caresse sa lèvre supérieure, la fait tressaillir de volupté, comme chaque fois qu’il l’embrasse sans prévenir. « Merci. » Elle souffle avec un petit sourire timide, le cœur encore agité et les joues roses de plaisir. « On devrait continuer à marcher par là après. » Il reprend comme si de rien n’était. Intriguée par son inspiration soudaine, Aisling trouve dans sa curiosité de quoi se distraire momentanément de son envie de l’embrasser. « À l’époque, il y avait une ruelle pleine de street art pas très loin d’ici. Je sais plus si c’est encore comme ça, mais je pense que ça te plairait. » Comme il devait certainement s’y attendre, ses yeux s’arrondissent aussitôt à l’idée de découvrir ce paysage urbain entre civilisation et anarchie, exactement comme elle les aime tant. Elle n’a toutefois pas le temps de lui témoigner son enthousiasme qu’il reprend : « Un jour, j’ai décoré la porte d’un resto sur laquelle il était écrit Delivery only d’un zombie qui venait livrer des cerveaux sur un plateau… » Il ponctue sa description d’un petit rire tranquille, le regard emplit d’une agréable nostalgie si douce que l’irlandaise sent son cœur se serrer. Cette fois cependant, impossible de contenir ses émois. « Oooh mon Sid j’adorerais le voir ! » Elle lance d’un ton presque suppliant en enroulant ses doigts autour de l’avant-bras tatoué de son copain. « C’est sûr qu’il n’est plus là aujourd’hui. » Il tempère d’une voix calme et un peu trop résignée. La frimousse butée, elle daigne toutefois écouter la suite de son raisonnement. « Mais je serais curieux de voir si c’est encore le rendez-vous des artistes de ruelle. » Son cœur coincé entre déception et excitation, elle hoche la tête et se redresse d’un petit bond. « Moi j’pense qu’on devrait encore pouvoir le trouver. » Elle décrète avec tout l’aplomb dont elle est capable, tendant la main vers Sid pour qu’il enroule ses doigts entre les siens. « Ce serait un crime de l’avoir recouvert. » Elle voit bien à son petit sourire énigmatique qu’il n’en croit rien, mais Aisling a envie de nourrir cet espoir. Envie de croire qu’elle pourra surprendre un éclat de l’adolescent qu’il a été au détour d’une ruelle de son passé.

Main dans la main, ils reprennent leur promenade sans se presser, suivent le sentier longeant le lac scintillant puis une agréable étendue verte jusqu’à l’orée du parc. Les lèvres scellées pour mieux profiter du spectacle, Aisling ne peut s’empêcher de se demander s’il vivait loin d’ici et s’il venait à pieds, dans quelle ouverture entre les grands bâtiments gris se trouvait la rue menant jusqu’à chez lui. S’il saurait la retrouver dans le noir comme lorsqu’il était gamin, et s’il en a envie. Sa voix basse la tire de ses rêveries en lui indiquant qu’ils sont sur le point d’arriver à bon port. Curieuse, elle se laisse guider dans une petite rue coincée entre deux boutiques. « Oh… » Elle murmure, le souffle coupé par le changement d’ambiance immédiat. Après les rues neutres et proprettes, les briques colorées d’immenses scènes lui font un sacré effet. L’ambiance artistique et chaotique est renforcée par quelques objets abandonnés, eux aussi décorés de façon à être parfaitement intégrés au décor rebelle et inspiré. « C’est trop génial, on s’croirait dans Sid & Nancy ! » Elle s’emballe, sans toutefois oser lui proposer de recréer la scène du baiser, appuyés contre les énormes poubelles qui lui font de l’oeil un peu plus loin. Au lieu de ça, elle virevolte de gauche à droite, ses yeux sautillants d’une fresque à l’autre, son polaroid immortalisant ses préférées d’un petit clic satisfaisant, ses doigts agitant distraitement les clichés tandis que son attention s’envole déjà vers le prochain éclat de couleur, guettant particulièrement l’arrière porte des restaurants dans l’espoir d’y surprendre les contours d’un serveur zombie un peu vieilli par le temps. Elle se laisse toutefois déconcentrer par un joli cœur rose peint sur un mur blanc qui dénote par sa douceur. I painted this wall for you. Charmée par son message romantique, elle le prend aussitôt en photo. « Tu vois, si j’avais fait un de ces dessins, ce serait celui-là. » Elle souffle en agitant le cliché avant de le remettre à Sid, s’étonne de surprendre un petit sourire mi tendre, mi moqueur sur ses traits. Les sourcils froncés, elle reporte son attention sur le mur et repère alors les petits caractères qui lui avaient échappé. Have sex with me… Les joues brûlantes, elle se détourne aussitôt pour tenter de cacher son malaise. « Enfin… à peu près quoi. J’aurais pas… t’sais. » Elle marmonne pour tenter d’atténuer ce désir qu’il éveille doucement en elle et qu’Aisling n’est pas encore tout à fait prête à pleinement accueillir. « Ce serait lequel, toi ? » Elle demande d’une voix un peu pressée, dans l’espoir de lui fournir une diversion qui pourrait lui ôter l’envie de commenter.

Il semble sur le point de lui répondre, mais son expression amusée fane tandis que son regard se porte sur un point dans son dos. Un petit sourire incrédule naît timidement sur ses lèvres et sa main presse délicatement la sienne. La gorge nouée par une étrange intuition, Aisling suit son regard jusqu’à apercevoir une grande porte beige décorée de ce qui ressemble à un plateau surmonté d’une substance grise rosée. « Mon Sid… » Elle souffle d’une petite voix, enroulant ses mains autour de son bras pour l’encourager à se rapprocher de la fresque. Elle contourne l’énorme poubelle, le cœur battant à l’idée de découvrir cette petite fenêtre sur l’évolution créative de son artiste adoré… seulement pour constater que la main se promène seule au milieu d’un océan d’immenses lettres colorées. Ça peut pas être ça, on doit s’être trompés... Elle songe en étudiant le mur, les sourcils froncés. Un peu plus haut sur le côté, apparaissent pourtant les vestiges d’une tête de zombie détaillée. La peinture est ancienne et délavée, mais on aperçoit encore la finesse de ses traits, la maitrise des couleurs, l’ébauche du coup de pinceau si caractéristique qu’elle le retrouve encore dans son travail aujourd’hui. Une moue attristée au coin des lèvres, Aisling relève ses grands yeux interrogatifs vers Sid, sent les derniers morceaux de son cœur se briser en découvrant l’émotion nimbée de nostalgie qui se peint sur ses traits. « Il devait être magnifique... » Elle murmure d’une petite voix pleine d’émotion en tendant les doigts pour effleurer les contours écaillés de son art. « J’aime pas trop que des gens essaient de recouvrir des parties de toi. » Surtout que j’avais vraiment très envie de les voir, moi. Apaisée par la caresse tendre de sa paume sur son épaule, elle finit par laisser échapper un petit soupir résigné et sort son polaroid pour immortaliser ce qu’il reste de son œuvre, soudain effrayée à l’idée que ces vestiges puissent eux aussi disparaissent à jamais. Comme ça, il en restera toujours un peu avec moi. Elle songe en doublant la manœuvre d’un cliché numérique revanchard pour plus de sureté. Une fois certaine d’avoir pu sauver ce qu’il restait, elle relève les yeux vers son copain. « Mais j’suis quand même contente d’avoir pu en voir un bout. » Du bout des doigts, elle caresse tendrement sa joue, se hisse sur la pointe des pieds sans pouvoir s’empêcher de voler un petit baiser plein de tendresse au coin de ses lèvres, comme pour demander la permission d’en avoir d’avantage. « Ça ferait un beau tatouage, tu sais ? » Elle souffle avec un petit sourire sans trop s’éloigner. « Tu t’y intéressais déjà quand tu l’as fait ? » Elle demande d’un ton innocent tandis qu’elle essaie de s’imaginer à quoi il pouvait ressembler, le soir, dans sa ruelle mal éclairée. Venait-il seul ou accompagné, avait-il l’air d’un gamin un peu paumé, caché sous une grande capuche ou bien d’un jeune homme vaguement rebelle, ses ustensiles dans une main et une clope nonchalante au coin des lèvres ? Ces images évocatrices éveillent d’autres questions qu’elle hésite un peu à partager. Les lèvres pincées, elle gratouille nerveusement le col sombre de sa chemise avant d’oser se lancer, les yeux rivés sur le pendentif en forme d’aigle qui repose sur sa poitrine : « Mais euh… t’habitais près d’ici quand t’étais petit ? » Distraitement, elle fait rouler un petit caillou sous sa chaussure pour ne pas donner l’impression de fouiner… sans toutefois pouvoir s’empêcher de laisser filtrer ses intentions dans ses grands yeux pleins d’espoir quand elle finit par les relever pour croiser son regard.





you feel like heaven
Thunder in the blue skies, lightning in the daylight, storm clouds in our eyes. Tidal waves in my heart, earthquakes in the still dark, eclipses in the night.
F R I M E L D A

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Sid Bauer
Sid Bauer
le tatoueur au coeur tendre
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ÂGE : trente ans, né le 26 janvier 1990.
SURNOM : sid, c'est déjà bien assez court... et c'est déjà un surnom aussi, même si très peu de gens le savent.
STATUT : il a finalement trouvé le courage d'avouer ses sentiments à sa belle irlandaise...
MÉTIER : tatoueur, propriétaire de son propre salon, wild ink.
LOGEMENT : #55, spring hill [appartement]
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POSTS : 1501 POINTS : 30

GENRE : Je suis un homme
ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : Il a un chat noir et blanc. • Il est bisexuel. • Il adore lire et regarder des documentaires. • Il a une sœur cadette. • Il déteste qu’on le prenne en photo. • Il n’a jamais touché à la drogue. • Il a arrêté de fumer et a réduit sa consommation d’alcool. • Il se spécialise dans les tatouages personnalisés. • Il adore dessiner. • Il aime les chats, la crème glacée à la pistache, les musées, les livres de recettes. • Il n'aime pas les épinards, les huîtres, le marron, les imbéciles et les gens bornés.
RPs EN COURS : [5/5] aisling #13aisling #14aisling [r.a.]lily | jophoenix #2
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wasted on you • and it seems like I've known you forever, I'll keep you safe for one more night, need you to know that it's all right. I see the real you, even if you don't, I do. I do.

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blood is thicker than water • we've taken different paths and traveled different roads, I know we'll always end up on the same one when we're old.
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RPs TERMINÉS : aisling #1 | #2 | #3 | #4 | fb #1 | email #1 | #5 | #6 | #7 | #8 | #9 | #10 | #11 | #12archieaudencaroharley #1 | #2 | #3harvey #1 | #2 | #3jojoeylilyphoenixzelda
AVATAR : andy biersack ♥
CRÉDITS : alegria (avatar) • astra (signature) • loonywaltz (ub) • jo (dessin) • whitefalls (montage)
DC : billy, le plongeur-hackeur paumé • laoise, l'artiste peintre
Femme (elle)
INSCRIT LE : 01/03/2016
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Message(#) Sujet: Re: kiss my lips and let’s run away together ♡ aisling kiss my lips and let’s run away together ♡ aisling - Page 4 EmptyMer 1 Sep - 4:05



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Day 4: stay with me, you're all I see
And I'd give up forever to touch you, 'cause I know that you feel me somehow. You're the closest to heaven that I'll ever be and I don't want to go home right now. And I don't want the world to see me, 'cause I don't think that they'd understand. When everything's made to be broken, I just want you to know who I am. • Iris, Goo Goo Dolls

Sans grande surprise, Aisling est emballée à l’idée de découvrir la ruelle colorée dont lui a parlé Sid. Encore plus, peut-être, à l’idée de découvrir son œuvre un peu glauque. « Moi j’pense qu’on devrait encore pouvoir le trouver. » Même s’il sait trop bien que son zombie a peu de chance d’avoir survécu à presque une décennie sur la porte de ce resto qui n’en est peut-être même plus un, il ne peut se résoudre à tempérer son espoir une fois de plus. Alors il hoche la tête, un sourire incertain au coin des lèvres. « Peut-être… » souffle-t-il en prenant la main que la jeune femme lui tend. Ses doigts entrelacés avec les siens, il sent une chaleur agréable flamber dans sa poitrine quand elle ajoute avec une certitude touchante : « Ce serait un crime de l’avoir recouvert. » Déterminé à ravaler les émotions déroutantes qui menacent de l’étouffer, il laisse échapper un petit rire tendre. Déjà, elle se lève et Sid l’imite. Leurs mains toujours liées, ils abandonnent leur banc et se débarrassent de leurs déchets dans une poubelle à proximité avant de reprendre leur promenade. Le tatoueur prête plus ou moins attention au chemin et se concentre plutôt sur la beauté du paysage et, surtout, la présence douce d’Aisling à ses côtés. C’est comme s’il n’avait jamais quitté la ville : ses pas le ramènent d’eux-mêmes vers la ruelle, retracent sans la moindre hésitation ce parcours qu’il a suivi des centaines de fois auparavant et qu’il connaît encore par cœur. Il repère facilement l’entrée étroite entre deux boutiques à le devanture vieillotte mais pas dénuée de charme et dirige avec aplomb la jeune femme vers le décor bigarré qui les attend. Dès qu’ils ont pénétré dans la ruelle, il a l’impression d’être revenu dix ans en arrière. Si les dessins lui sont inconnus, l’ambiance particulière de l’allée, elle, n’a pas changé. Partout où son regard se pose, des images graphiques, des couleurs violentes et des inscriptions parfois spirituelles, parfois vulgaires l’accueillent.

Il entend l’inspiration saccadée et remplie de surprise d’Aisling et sent l’enthousiasme qui se réverbère dans tous ses membres. « C’est trop génial, on s’croirait dans Sid & Nancy ! » lance-t-elle en reprenant le contrôle de sa main pour se mettre à zigzaguer d’une œuvre à l’autre, les yeux ronds et un grand sourire émerveillé sur ses lèvres rosées. Amusé et attendri tout à la fois, le tatoueur se désintéresse rapidement des œuvres et se concentre plutôt sur sa belle qui semble rebondir sur les murs comme une boule d’énergie. Son appareil photo en main, elle se précipite d’une image à l’autre pour immortaliser ses préférées en roucoulant de plaisir tandis qu’il la suit d’un pas plus mesuré, les mains enfouies dans les poches de son jean. Elle finit par s’arrêter devant un énorme cœur rosé. Pendant qu’elle le photographie et agite le cliché sorti du polaroid, il la rejoint. « Tu vois, si j’avais fait un de ces dessins, ce serait celui-là. » Il attrape le carré de papier qu’elle lui tend, mais plutôt que de regarder la photo, il observe le mur. La bouche arquée en un sourire malicieux, il attend patiemment qu’elle remarque les petites lettres qui déchirent la blancheur des briques. Car il est convaincu qu’en se concentrant sur le message pseudo romantique du cœur, elle a loupé le joli Have sex with me with me… pourtant bien en évidence à côté. Malgré l’envie de la taquiner qui le taraude, il se retient, se contente d’appuyer son silence d’un petit haussement de sourcil moqueur, comme pour lui demander Vraiment, t’es sûre ?. Il l’observe si attentivement qu’il est témoin du moment exact où elle déchiffre le message. « Enfin… à peu près quoi. J’aurais pas… t’sais. » Son air délicieusement embarrassé et ses joues rougies lui donnent tout à la fois envie de la croquer sur le vif, peut-être pour la dessiner plus tard, et de l’embrasser, peut-être contre l’un des conteneur bariolés de couleurs qu’elle zieutait en comparant la ruelle à celle de Sid & Nancy.

Cependant, il aperçoit du coin de l’œil un flash de couleurs étrangement familier. Les sourcils froncés, il scrute la porte en métal jusqu’à ce que la forme indistincte d’une tête de monstre émerge des centaines de graffiti qui recouvrent la surface beige. Il entend la question d’Aisling, mais ne la comprend qu’à moitié, submergé par la bouffée d’émotions que lui évoque la découverte des fragments de son œuvre. Il était tellement certain qu’il n’en resterait rien qu’il ne s’était même pas demandé ce qu’il ressentirait s’il la revoyait. Il s’avère que c’est un mélange puissant de nostalgie et de tristesse qui s’est emparé de lui. Il se souvient d’avoir été obligé d’étaler sa peinture sur plusieurs jours. De l’angoisse qui l’étreignait chaque fois qu’il devait abandonner son zombie inachevé pour rentrer chez lui. De la fatalité résignée vers laquelle il se tournait en bâillant dans ses cours, fatigué par ses épopées nocturnes et convaincu qu’il reviendrait sur ses pas à la nuit tombée seulement pour trouver son monstre effacé ou défiguré. Pourtant, chaque fois qu’il le rejoignait, il avait pu reprendre son boulot exactement là où il l’avait laissé. Parfois, il se demandait ce que ça signifiait, si les autres artistes de ruelle voyaient une certaine valeur dans son art, nourrissaient une curiosité suffisamment forte pour avoir envie de découvrir le produit fini. La plupart du temps, il était simplement heureux de pouvoir se perdre dans les teintes de vert et de gris, les lignes sinueuses d’un cerveau ensanglanté ou les hachures texturées d’une peau en putréfaction. Plongé dans l’horreur bon enfant de son œuvre, il en oubliait celle qu’il cherchait à fuir; l’ambiance de plus en plus angoissante qui régnait à la maison et, surtout, la voix brisée de sa mère qui se traînait comme une morte-vivante de la chambre au salon. « Mon Sid… » Sans doute sans le faire exprès, la voix d’Aisling l’ancre dans le présent, le ramène à ses mains chaudes qui s’enroulent autour de son bras et l’encouragent à s’avancer. Comme engourdi à l’intérieur, il s’approche du mur, lève une main prudente vers la peinture sans pourtant oser la toucher. Aisling n’a pas la même réserve. Du regard, il suit la sienne qui retrace presque amoureusement la courbe du plateau, comme si elle pouvait toucher son passé du bout des doigts. En même temps, il se remémore la sensation du pinceau chargé de peinture qui glissait sur le métal texturé, ressent presque l’adrénaline qui faisait battre son cœur plus fort à l’idée de se faire coincer. « Il devait être magnifique… » En fait, il n’était vraiment pas très beau à voir… La blague qu’il préparait pour faire redescendre l’émotion n’a pas le temps de franchir ses lèvres, interrompue par la voix remplie d’émerveillement et de tristesse d’Aisling. « J’aime pas trop que des gens essaient de recouvrir des parties de toi. » Touché, il tend le bras pour envelopper ses épaules et lui caresser affectueusement le bras. J’sais… T’aimes même pas quand c’est moi qui recouvre des parties de moi-même. Ça ne l’a pas empêché d’essayer pour autant. Longtemps, il s’est évertué à lui cacher les zones d’ombres soigneusement dissimulées derrières sa forteresse. Aujourd'hui, il a cependant de moins en moins besoin de se replier derrière ses barrières.

Avec un sérieux qu’il lui a rarement vu, à l’exception, peut-être, de leurs séances de selfies, elle immortalise ce qu’il reste de son œuvre avant de se tourner vers lui, les yeux remplis de velours. « Mais j’suis quand même contente d’avoir pu en voir un bout. » Elle effleure sa joue du bout des doigts. En retour, il lui sourit. « J’suis content aussi, » souffle-t-il alors qu’elle s’écarte après avoir posé un baiser affectueux au coin de ses lèvres. « Ça ferait un beau tatouage, tu sais ? » Il hoche la tête, forcé d’admettre qu’elle a raison. D’ailleurs, il se souvient d’avoir réutilisé l’idée dans un tatouage custom pour un client, quelques années après être arrivé à Brisbane. « Tu t’y intéressais déjà quand tu l’as fait ? » Il avait effectivement déjà plongé dans l’univers fascinant des tatouages, s’y enfonçait allègrement en dévorant tous les magazines sur lesquels il pouvait mettre la main et les articles qu’il réussissait à trouver sur le Web. D’ailleurs, il arborait déjà fièrement deux ou trois tatouages à l’époque, tous liés de près ou de loin à Batman. Cependant, il devine à la petite tête embêtée d’Aisling qu’elle n’espère pas vraiment de réponse à cette question, mais plutôt à une autre qu’elle n’a pas encore osé poser. Il se doute bien de ce qu’elle a envie de lui demander mais étrangement, il ne ressent aucune trépidation alors qu’il attend patiemment qu’elle se décide à parler. Peut-être parce qu’il savait pertinemment, dès l’instant où ils sont descendus du van à proximité du lac, qu’ils en arriveraient là et qu’il l’accepte. « Mais euh… t’habitais proche d’ici quand t’étais petit ? » Après quelques secondes à regarder le bout de ses chaussures, elle relève le nez et croise enfin le regard de Sid. Il hésite une fraction de seconde avant de hocher timidement la tête. « À environ un quart d’heure à pied d’ici. » Vaguement nerveux, il baisse à son tour les yeux, se passe une main maladroite sur la nuque. « J’peux… J’peux t’montrer, si tu veux ? » Il ne se fait pas d’illusions : elle sautera sur l’occasion comme Halloween sur les animaux marins en jouet qu’il lui a donnés à Noël. En quelque part, ça le soulage. Comme si ça lui enlevait la responsabilité de prendre une décision. Comme si, après avoir hésité pendant des semaines à revenir ou non sur les traces de son passé, il pouvait enfin simplement rendre les armes et s’en remettre au désir d’Aisling pour se laisser guider. C’est donc les épaules étrangement légères qu’il redresse l’échine et désigne d’un coup de tête le bout de la ruelle par lequel ils ne sont pas entrés. « Viens, c’est par là. » Main dans la main, ils remontent l’allée en commentant parfois les œuvres qui attirent leur attention.

Lorsqu’ils émergent d’entre les deux immeubles massifs, c’est un quartier bien différent de celui qu’ils ont quitté qui les attend. Le grand espace ouvert du parc et les larges avenues bordées de boutiques qui l’entourent ont disparu, remplacées par des rues étroites à sens unique, ceintes de chaque côté par des maisons coquettes mais rongées par le temps qui s’empilent les unes sur les autres. Le tatoueur ne peut s’empêcher de jeter un coup d’œil en direction d’Aisling pour jauger sa réaction, curieux de voir si elle se sentira plutôt étouffée ou enlacée par l’architecture renfermée. Mais il a du mal à interpréter son expression, aussi presse-t-il un baiser affectueux sur le dos de sa main en l’entraînant vers le trottoir. Quelques rues plus loin, il ralentit devant un immeuble plutôt large, percé en son centre d’une immense porte carrée défigurée par des graffiti malhabiles. Sur le béton grisâtre de la façade, un reste de lettres fantomatiques permet encore de déchiffrer Bauer Motors. « C’était le garage de mon père. Il a essayé de le vendre quand il est parti pour Brisbane, mais il n’a pas trouvé preneur. » Le bâtiment a beau être abandonné, Sid a encore l’impression de sentir les relents d’huile à moteur et de cambouis qui lui levaient le cœur quand il était gamin. « À la fin, il passait presque tout son temps ici quand il n’était pas avec les Devils. » Il s’efforce de ravaler l’amertume qui veut teinter ses paroles, déterminé à ne pas sombrer si vite dans l’animosité. Il fait plutôt un effort conscient pour se tourner vers sa petite sœur, le rayon de soleil le plus constant dans sa vie à l’époque. « Caro adorait venir bosser avec lui, surtout quand ses clients lui apportaient des motos. » Son sourire nostalgique se transforme en petit rire tendre alors qu’il se souvient de l’état lamentable dans lequel sa petite sœur se trouvait immanquablement lorsqu’elle revenait du garage. « J’sais pas ce qu’elle faisait, mais elle devait s’rouler sur le sol parce qu’elle avait toujours de la graisse partout, de la tête aux pieds. Je détestais l’odeur et elle détestait prendre des bains, j’te laisse imaginer le résultat… » Elle finissait pourtant toujours par accepter d’aller tremper, généralement quand il craquait et la soudoyait avec une extra dose de bulles dans la baignoire et une troisième histoire avant d’aller dormir. Avec le recul, il a bien fini par comprendre à quel point leur enfance a été dysfonctionnelle, sans pour autant réussir à désavouer ces souvenirs légers qui font partie de ses plus beaux. Même s’ils sont aussi la preuve qu’il a grandi trop vite et qu’il jouait déjà les adultes à l’âge où il aurait sans doute dû jouer lui aussi avec des bulles dans le bain.

S’arrachant au triste spectacle des carreaux éclatés ou recouverts d’une épaisse couche de saleté, ils reprennent leur promenade. Au bout de la rue, ils prennent à droite, puis encore à droite sur une autre ruelle transversale et, enfin, à gauche, une dernière fois. Les paumes soudainement moites, Sid songe à retirer sa main de celle d’Aisling pour l’essuyer sur son jean, mais il abandonne rapidement cette idée, convaincu qu’il tournera les talons s’il devait s’approcher de l’endroit où il a grandi sans sentir sa présence. Ils n’ont plus qu’à parcourir une trentaine de mètres avant de s’arrêter devant une petite maison plutôt mignonne, au revêtement jaune pâle et au toit de métal côtelé. Même s’il y a des années qu’il ne l’avait pas vue, elle n’a pas beaucoup changé. Seules les haies jaune-verte qui encadrent l’entrée étroite sont mieux taillées qu’à l’époque, où personne n’avait vraiment la volonté de s’en occuper. À la fenêtre, des rideaux fleuris flottent dans la brise légère et semblent trahir une présence féminine. De toute évidence, les nouveaux propriétaires ont su aimer leur nouvelle demeure à sa juste valeur, en dépit du mélange d’énergie étrange qui doit encore imprégner les murs. « Voilà, c’est là… » Sa voix n’est qu’un filet un peu rêche, mais il n’a pas la force de répéter sa phrase. Du reste, Aisling doit déjà avoir tout compris. Une angoisse glaciale s’est emparée de ses tripes, les comprime dans une poigne de fer à laquelle résiste seulement la chaleur enveloppante de la main d’Aisling dans la sienne. Il n’ose la regarder, s’accroche plutôt aux taches multicolores qui décorent le rideau. Il se demande si ça ressemble à ce qu’elle s’imaginait, en mieux ou en pire. Mais avant que la sentence ne puisse tomber, ils sont interrompus. « Sidney ? » Il tressaille violemment, perturbé et agacé tout à la fois par ce prénom qu’il déteste et qui vient brouiller encore plus la frontière entre le passé et le présent. Pourtant, la voix rauque d’incorrigible fumeur qui vient de l’interpeller lui est profondément familière. « Sidney Bauer, en chair et en os ! J’aurai tout vu ! » reprend-elle, remplie de moquerie amicale. Un sourcil haussé, le tatoueur se tourne vers le vieil homme qui, debout sur son perron, taillait patiemment son citronnier avant de les apercevoir. Si les années semblent avoir épargnées le quartier, elles n’ont pas été aussi généreuses avec son ancien voisin. Son visage autrefois plissé et abîmé par le soleil australien s’est ratatiné au même rythme que son crâne s’est dégarni. Mais il a toujours le même sourire engageant et il semble sincèrement heureux de revoir Sid. « Mr. Jones ? Je ne pensais pas que vous habitiez encore ici ! » D’un pas étonnamment leste pour son âge, le vieil homme s’approche déjà pour le serrer dans ses bras avec affection. « Évidemment, où veux-tu qu’on aille Amelia et moi ? Certainement pas en foyer, plutôt mourir ! » Ses sourcils broussailleux froncés, il repousse le tatoueur d’un geste tout plein de bonhommie et lève le nez vers lui. « Laisse-moi te regarder un peu… C’est fou comme tu as changé et pourtant je reconnais encore le petit gamin qui venait fumer en cachette dans mon cabanon. Les clopes qu’il me volait en plus ! » Il ponctue sa remarque d’un rire grinçant.

S’écartant de Sid, il se tourne vers Aisling qui semble vouloir se fondre dans la nature sous la puissance de son regard vif. « Et qui est cette jolie demoiselle ? » Connaissant la propension à l’affection féroce de son ancien voisin et la phobie des contacts imprévus de la jeune femme, Sid s’empresse d’enrouler un bras autour de sa taille et de la presser contre son flanc. « Aisling, ma copine. Elle voulait découvrir l’endroit où j’ai grandi. » Le visage du vieil homme s’éclaire d’un sourire encore plus radieux. « C’est merveilleux ! J’ai toujours voulu que Sidney se trouve une fille bien. Amelia et moi avions un peu perdu espoir que ça arrive un jour… » Les joues brûlantes, le tatoueur presse délicatement la taille d’Aisling pour la remercier silencieusement de réussir à camoufler aussi efficacement l’envie de rire qu’il décode facilement dans les regards en coin vaguement perplexes qu’elle ne cesse de lui jeter. « Mais où ai-je la tête ? Je m’appelle Harold Jones. » Il prend un air songeur qui se transforme rapidement en une moue fébrile. « J’y pense, j’ai quelque chose à te montrer ma jolie ! Ça devrait te plaire… Suivez-moi ! » Sans attendre leur réponse, il s’éloigne d’un petit pas pressé dans l’allée étroite qui sépare sa maison et l’ancienne demeure des Bauer. Amusé par l’air incertain de sa copine, Sid s’efforce de la rassurer. « Il est inoffensif, promis. Je l’aimais bien, lui et sa femme étaient un peu comme des grands-parents adoptifs pour Caro et moi. Les nôtres vivaient trop loin pour qu’on soit vraiment proches d’eux. » L’un à la suite de l’autre, ils longent à leur tour l’allée jusqu’à déboucher dans le petit jardin partagé. Comme dans les souvenirs de Sid, la moitié qui appartient aux Jones déborde de fleurs colorées mais, à sa grande surprise, celle qui leur appartenait autrefois est aussi soignée. Harold s’est arrêté devant un petit cabanon en bois et leur fait signe d’approcher jusqu’à ce qu’ils puissent découvrir le flanc, jusqu’alors occulté par leur angle d’approche. Le souffle coupé, le tatoueur constate que la fresque qu’il avait peinte sur le bois nu s’y trouve encore. Les Jones ont manifestement pris grand soin de préserver au mieux la scène. Aussi vivement coloré qu’à l’époque, le paysage parisien déborde encore de vie. « Sidney avait l’habitude de se planquer dans notre cabanon. Il se pensait sûrement très discret mais on savait bien qu’il venait fumer chez nous, il oubliait ses mégots dans les plates-bandes d’Amelia. » Le ton jovial se teinte d’une touche de désapprobation qui pousse Sid à plisser le nez, penaud. Car il sait bien qu’il n’oubliait pas ses mégots parmi les fleurs et avait plutôt la mauvaise habitude de les y dissimuler volontairement dans l’espoir absurde qu’ils disparaissent comme par magie. « Un jour, je l’ai attrapé alors qu’il essayait de se sauver en douce. Je lui ai dit que s’il voulait continuer à s’installer là pour fumer et dessiner, le moins qu’il pouvait faire, c’est de décorer le cabanon et de se trouver un cendrier. » Presque quinze ans plus tard, Sid est toujours aussi mortifié d’avoir été pris sur le fait, ce qui ne l’empêche pas d’éprouver une bouffée d’affection sincère pour ses vieux voisins qui lui ont offert un petit sanctuaire alors que rien ne les obligeait à le faire. « Il a accepté, et il a peint ça pour ma femme, qui rêvait d’aller à Paris… On y est allés d’ailleurs, il y a quatre ans, pour fêter notre quarantième anniversaire de mariage. » Sa voix rocailleuse, devenue presque rêveuse, s’est adoucie au souvenir de ce voyage en amoureux. Ému, Sid ne peut s’empêcher de penser qu’il espère avoir l’air tout aussi épris de son Aisling dans quarante ans qu’Harold ne l’est de sa belle Amelia aujourd’hui. Sursautant comme si un insecte venait subitement de le piquer, Mr. Jones s’anime. « Amelia ! Il faut que j’aille la chercher, elle sera beaucoup trop contente de te revoir elle aussi. Excusez-moi ! » Il s’éloigne aussitôt en direction de la maison, laissant le tatoueur et la jeune femme debout devant son œuvre. Fasciné, il effleure la courbe de la tour Eiffel. Sous ses doigts, le lustre d’un vernis épais lui révèle le secret de la longévité de la peinture. « Je… j’aurais jamais pensé qu’ils l’auraient gardé aussi longtemps… » souffle-t-il, la gorge nouée.

Bauer Motors:
 
Maison des Bauer:
 
Maison des Jones:
 
Peinture du cabanon:
 





just kiss me in the dark
maybe i’m just as scared as you. it's alright, stay by my side on the edge of everything we know. it's alright, just don't look down and i will hold on and never let go. you're right beside me, so just close your eyes, i'll never let go. you're all that i need, so just close your eyes. • close your eyes, rhodes

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Aisling Hayes
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ÂGE : 24 ans, née un 20 février
SURNOM : Ash par ses amis, Leen par son vampire-dandy. Ivana Rose sur instagram.
STATUT : Essaie d'écouter son cœur, de le confier à Sid malgré sa peur.
MÉTIER : Modèle alternative (Suicide Girls, OnlyFans) et effeuilleuse quelques soirs par semaine.
LOGEMENT : Appart' #353 à Redcliffe
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POSTS : 1236 POINTS : 60

ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : Née en Irlande du Nord dans une famille très catholique, parle avec un accent gaélique. A troqué les rues pluvieuses de Belfast pour le soleil de Brisbane mais son existence est toujours aussi grise. Se croit bonne à rien si ce n’est à jeter son corps en pâture aux caméras. Faut bien payer le loyer et sa dette envers le club. Aisling se réfugie dans les morceaux de rock qui ouvrent son cœur à sa place. Le son à fond, elle danse pour extérioriser le tumulte de ses sentiments. Parfois, elle chante aussi… mal, elle trouve. Végétarienne, elle adore les animaux. Ancienne junkie sobre depuis 10 mois
RPs EN COURS : Sid [14]Sid 13Sinner [r.a.]Robin [2]Robin [3]LaoisePhoenix [3]

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Sid ♡ I won't turn back I won't cross that hidden danger line. It's a loud and dark world but I think I found the light. I need you to tell me everything will be alright, to chase away the voices in the night; when they call my name.

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Robin ♡ you lead the blind you lead the stream, the current ways are much to lean, you are the captain of the team!

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Phoenix ♡ I need a hero, I'm holding out for a hero 'til the end of the night. He's gotta be strong and he's gotta be fast, and he's gotta be fresh from the fight. He's gotta be larger than life!

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Lou ♡ Oh I love the taste of cyanide, oh how I love to feel it burn inside. I'm on the hour and I've been there for a long time but somehow I feel like I'm fading out of line.

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Je ne prends que 6 RPS à la fois.


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AVATAR : Mellisa Clarke
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DC : Jameson la louve & Kyte le vieux type louche
PSEUDO : Whitefalls/Whitewolf
INSCRIT LE : 07/09/2016
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Day 4: let's roam these streets together
You know every part of me I let you in, I let you see all the dark in every corner of my room. Let me do that for you and tell me all about your past, why you painted those walls black, baby it's all right you're safe in here with me. Open up so I can see...

Le regard de Sid se nimbe d’incertitude alors qu’il confirme son intuition d’un petit hochement de tête. « À environ un quart d’heure à pied d’ici. » Un espoir timide s’allume dans sa poitrine et déferle dans ses veines à l’idée de se trouver si près de la maison qui l’a vu grandir et qu’elle aimerait tant découvrir. En dépit de sa curiosité, Aisling s’efforce de tempérer son enthousiasme pour ne pas le brusquer. Car il y a dans ses yeux rivés sur le sol et ses gestes empreints de nervosité un rappel douloureux des émotions troubles qui enrobent aujourd’hui encore ses souvenirs d’enfance. « J’peux… J’peux t’montrer, si tu veux ? » Il finit par lui proposer, sa voix altérée par une vulnérabilité si touchante qu’Aisling en oublie instantanément ses bonnes résolutions. « C’est vrai ?! » Ses doigts se contractent autour des épaules de son copain et ses yeux ravis cherchent aussitôt les siens. L’éclat de résignation amusée qu’elle surprend dans son regard la rappelle tendrement à l’ordre. « C’est que… j’osais pas trop te demander. » Elle avoue alors d’une petite voix en faisant courir ses doigts sous le col de sa chemise, inquiète de l’inciter par inadvertance à lui dévoiler quelques bribes de passé qu’il ne serait pas encore prêt à revisiter. Heureusement, il n’y a plus la moindre trace d’hésitation sur ses traits désormais détendus alors qu’il lui indique la route d’un signe du menton. « Viens, c’est par là. » Leurs paumes se retrouvent et leurs doigts s’entrelacent tandis qu’ils se détournent du zombie décomposé par les années pour remonter la ruelle. La gorge nouée, Aisling ne peut s’empêcher de lui lancer un dernier regard par-dessus son épaule, comme pour en graver les vestiges dans sa mémoire avant de poursuivre son chemin parmi les scènes colorées qui les accompagnent jusqu’au bout de l’allée.

Ils débouchent sur une rue dégagée, bien moins animée que le quartier du parc qu’ils viennent de quitter. Les boutiques se font plus rares à mesure qu’ils s’y aventurent et nombre de leurs devantures sont bariolées de peinture. Bientôt, les derniers immeubles ne se dressent plus que dans leurs dos, remplacés par quelques commerces perdus au milieu d’une constellation de petites maisons à la fois semblables et différentes les unes des autres. Alors qu’ils s’enfoncent parmi un dédale de ruelles si étroites qu’elles lui rappellent instantanément l’Irlande, Aisling se rapproche inconsciemment de Sid pour s’abriter contre son flanc. Comme s’il sentait son trouble, il porte sa main à ses lèvres et chasse d’un baiser l’impression suffocante qui enflait dans ses poumons. Les joues roses de bonheur, elle esquisse un petit sourire rêveur et se laisse entraîner vers le trottoir, sautillant pour suivre les grandes enjambées de son vampire dandy, le cœur miraculeusement plus léger. Leur pas se fait plus traînant, et il finit par ralentir devant un genre d’entrepôt rongé par le temps et l’art tout relatif de quelques délinquants. Intriguée par la pointe de nostalgie qu’elle décèle dans ses yeux rivés sur la façade grisâtre, Aisling suit son regard. Une étrange tristesse mêlée de fierté transperce son cœur quand elle découvre le nom de son copain, imprimé en grandes lettres écaillées sur la surface décrépie. « C’était le garage de mon père. » Il explique en réponse à la question muette qui éclot sur ses lèvres entrouvertes. « Il a essayé de le vendre quand il est parti pour Brisbane, mais il n’a pas trouvé preneur. » Déconcertée par le détachement factuel avec lequel il lui partage ces informations, Aisling laisse son regard errer sur les grands carreaux surplombant l’imposante porte métallique. Une impression de passé déchu se dégage de ce lieu, recelant de souvenirs enfouis derrière le béton de ces murs infranchissables. Irrémédiablement attirée par la mélodie de leur silence, elle fait un pas vers le bâtiment, comme si effleurer les vitres graisseuses du bout des doigts pouvait lui ouvrir une fenêtre sur le passé, révéler ne serait-ce qu’un instant la vie que le garage de son père a jadis abrité.

Elle suspend toutefois son geste, douloureusement consciente de l’immobilité de son copain, dont les deux jambes restent solidement ancrées dans le sol comme s’il refusait de s’en approcher. Alors elle reste campée à ses côtés, se laisse docilement guider au rythme des anecdotes qu’il entreprend timidement de lui partager. « À la fin, il passait presque tout son temps ici quand il n’était pas avec les Devils. » La gorge nouée, elle presse tendrement sa main et fait courir sa paume sur son avant-bras pour lui apporter son soutien. Car elle devine sans mal ce que le père Bauer cherchait à fuir, et la lourde responsabilité qu’il laissait s’entasser sur les épaules de son fils. Mais il n’en dit pas davantage, se contente comme tant d’autres fois d’effleurer ces souvenirs douloureux avant de les chasser d’un sourire plein de tendresse. « Caro adorait venir bosser avec lui, surtout quand ses clients lui apportaient des motos. » Fascinée par ces fragments d’histoire qu’il peint devant ses yeux, elle secoue la tête avec indulgence. « Elle est pas croyable… » Elle souffle, amusée de constater que même enfant, Caroline avait déjà ce petit côté intrépide et des intérêts pas vraiment communs. Mais ce qui la surprend surtout, c’est que leur père l’encourageait. Car Aisling a beau savoir que les principes qui lui ont été inculqués semblent un peu archaïques en dehors de l’Irlande, elle s’étonne toujours de voir à quel point l’éducation que Sid a reçue diffère de la sienne. Et il lui est difficile de concevoir que cet homme qu’elle imagine dur et distant, ce père qui n’a pas daigné se déplacer au chevet de Caroline le soir de son accident, puisse avoir fait preuve d’une telle ouverture d’esprit. Qu’il ait pu laisser son fils peindre ses ongles de noir et expérimenter avec le maquillage tout en enseignant la mécanique et la moto à sa fille. « J’sais pas ce qu’elle faisait, mais elle devait s’rouler sur le sol parce qu’elle avait toujours de la graisse partout, de la tête aux pieds. Je détestais l’odeur et elle détestait prendre des bains, j’te laisse imaginer le résultat… » Il y a une douce nostalgie dans sa voix, de l’innocence et des rires dans cette scène qu’elle n’imagine que trop bien, car elle lui rappelle le genre de rivalité bon enfant qu’elle partageait avec Oisín quand ils étaient bambins. « J’espère qu’elle venait pas s’rouler dans ta chambre après ça… » Une main placée devant ses lèvres pour contenir le petit rire attendri qui cherche à s’en échapper, elle relève les yeux vers son copain. La lueur de malice qui scintille au fond des siens la rassure mais ne parvient pas tout à fait à camoufler les volutes de nostalgie qui ondoient encore dans son regard alors qu’il s’imprègne une dernière fois de l’imposante silhouette grisâtre avant de reprendre son chemin en l’entraînant par la main.

Elle le suit sur les trottoirs défoncés et entre les ruelles à sens unique, se laisse guider jusqu’au cœur de son histoire, devine qu’ils s’en approchent à leurs paroles plus rares. Mais ce n’est qu’en sentant les doigts de Sid se tendre puis se contracter entre les siens qu’elle comprend qu’ils l’ont finalement atteint. Alors elle presse tendrement sa main, caresse un instant ses traits fins du regard avant de s’en détourner pour lui offrir l’intimité d’apprivoiser les émotions que fera certainement remonter ce lieu autrefois familier. Le cœur battant, elle découvre à son tour la petite maison jaune pâle au jardin propret, ses rideaux fleuris ondulant gracieusement derrière un joli citronnier. Le temps semble se troubler, comme pour mieux la laisser entrevoir quelques éclaboussures de son passé. Un mini Sid aux cheveux blonds-roux et aux yeux lumineux poussant le portail pour sautiller jusqu’à la porte, ses petites épaules encombrées d’un sac à dos bien trop grand. Un ado rebelle assis sur le porche, le dos calé contre un pilier, sa musique grésillant de l’écouteur placé dans une oreille et la mèche balayant son visage aussi sombre que le carnet dont il noircit les pages. Et la silhouette fantomatique de sa mère qui veille derrière les voilages, ombre farouche et mystérieuse que Sid s’empresse de dissiper. « Voilà, c’est là… » Touchée par l’émotion qui s’est nichée dans sa voix basse et enrouée, Aisling s’arrache à sa contemplation et presse un baiser plein de tendresse sur son épaule dénudée. Elle voudrait lui dire que c’est adorable, plus petit et plus mignon que ce qu’elle imaginait, lui demander quelle fenêtre donne sur sa chambre et à quoi ressemblait son coin préféré ; si la maison est comme dans ses souvenirs ou si elle a changé. Plus que tout, elle voudrait nouer ses bras derrière sa nuque et se presser contre sa poitrine, chasser d’une étreinte la tension qui émane de ses membres et enlacer la nostalgie qui hante son regard pour la lui rendre plus supportable. Elle n’en a pas l’occasion, car ils sont aussitôt interrompus d’un « Sidney ? » enthousiaste. Le frisson désagréable qui traverse son copain en réponse à ce prénom ne lui échappe pas, et Aisling se serait certainement amusée du pli agacé qui se forme au coin de ses lèvres si son propre cœur n’avait pas décidé de s’écraser contre ses côtes. Les ongles enfoncés dans l’avant-bras de Sid à titre préventif, elle ne peut s’empêcher de se pencher discrètement par-dessus son épaule pour découvrir un petit homme tout ridé à la mine réjouie. « Sidney Bauer, en chair et en os ! J’aurai tout vu ! » Il s’exclame en ôtant les gants de jardinage qui protégeaient ses mains fripées.

Cette fois, Aisling ne cherche plus à contenir son sourire taquin, rassurée de sentir les muscles de son copain se détendre sous ses mains alors qu’il se tourne vers ce qui semble être son ancien voisin. Quand même, t’as bien fait d’me prévenir pour ton prénom, j’aurais été choquée sinon de l’entendre t’appeler par mon p’tit surnom mignon. Elle n’a pas le temps de lui glisser cette boutade que Sid réplique déjà d’un ton un peu incrédule : « Mr. Jones ? Je ne pensais pas que vous habitiez encore ici ! » Le vieil homme lui répond d’un rire satisfait qui accompagne chacun de ses petits pas pressés alors qu’il se hâte de les rejoindre pour refermer ses bras encore étonnement costauds autour de celui qu’il s’acharne à appeler Sidney. « Évidemment, où veux-tu qu’on aille Amelia et moi ? Certainement pas en foyer, plutôt mourir ! » Une détermination indignée se peint sur ses traits froissés et s’évanouit aussitôt, laissant place à un genre de joie curieuse alors qu’il s’écarte d’un geste vif pour mieux l’observer. « Laisse-moi te regarder un peu… C’est fou comme tu as changé et pourtant je reconnais encore le petit gamin qui venait fumer en cachette dans mon cabanon. Les clopes qu’il me volait en plus ! » Amusée par le reproche plein d’indulgence de cette anecdote inattendue, Aisling laisse échapper un petit rire qu’elle atténue derrière ses longs doigts fins. En dépit de sa discrétion, sa réaction n’échappe pas au vieil homme qui semble soudain remarquer sa présence. « Et qui est cette jolie demoiselle ? » Ses grands yeux perçants dardés sur elle sont si pleins d’intérêt qu’Aisling doit faire un effort conscient pour ne pas disparaître derrière son copain dans l’espoir d’échapper à leur examen. Les joues brûlantes, elle entrouvre les lèvres sans trop savoir quoi balbutier quand Sid prend les devants et l’enveloppe d’un bras protecteur, comme pour annoncer qu’il est le seul à pouvoir l’approcher. « Aisling, ma copine. Elle voulait découvrir l’endroit où j’ai grandi. » La tendresse qu’elle décèle dans sa voix et son attitude un brin possessive font naître une chaleur agréable et rassurante dans sa poitrine… ce qui ne l’empêche pas de remarquer que pour la seconde fois, il n’ose revendiquer l’idée de ce périple à travers son passé, préfère invoquer sa curiosité, du reste totalement avérée, comme pour s’en distancer. « On a fait l’tour du parc et visité une allée pleine de Street Art mais celui d’Sid était à moitié effacé… » Elle renchérit, une petite moue contrite contrastant avec son regard pétillant, heureuse de pouvoir lui servir elle aussi de bouclier.  

« C’est merveilleux ! » Le sourire du vieil homme s’agrandit, comme si rien ne pouvait davantage le satisfaire que ces réponses. « J’ai toujours voulu que Sidney se trouve une fille bien. Amelia et moi avions un peu perdu espoir que ça arrive un jour… » Ouai ben reprenez pas espoir trop tôt, j’suis pas encore trop sûre d’être à la hauteur… Elle ne peut s’empêcher de songer en plissant imperceptiblement le nez. L’adorable teinte rosée qui se peint sur les pommettes de son copain la distrait toutefois de ce doute éternel avant qu’il ne puisse la ronger. Avec un sourire attendri, elle se pelotonne tout contre son flanc et pince les lèvres afin de contenir le petit éclat de rire que lui inspire l’affection bourrue plutôt charmante de son voisin un peu fouineur. « Mais où ai-je la tête ? Je m’appelle Harold Jones. » Il se présente en inclinant vaguement son chapeau, ce à quoi l’irlandaise répond d’une petite courbette. « Enchantée Harold, moi c’est- » Sur le point de se présenter à son tour, elle ravale ses paroles en se souvenant que Sid s’en est déjà chargé. Heureusement, personne ne semble avoir remarqué sa maladresse car les traits du vieil homme tremblent soudain d’une étrange effervescence. « J’y pense, j’ai quelque chose à te montrer ma jolie ! Ça devrait te plaire… Suivez-moi. » Intriguée, Aisling le suit des yeux puis relève un regard interrogatif vers son copain. « Il est inoffensif, promis. » Il lui assure à voix basse en l’entraînant à sa suite dans une petite allée entre les deux maisons. « Je l’aimais bien. » Clairement oui, vu qu’il a le droit de t’appeler Sidney, lui. « Lui et sa femme étaient un peu comme des grands-parents adoptifs pour Caro et moi. Les nôtres vivaient trop loin pour qu’on soit vraiment proches d’eux. » Ces paroles font naître une pointe de gratitude dans le cœur d’Aisling qui dilue tendrement son amusement. Emue, elle se prend à remercier mentalement ce voisin qui n’avait rien demandé d’avoir été une constante dans la vie de Sid à une époque où il en avait sans doute cruellement besoin. « Donc si jamais j’veux des histoires croustillantes sur toi quand t’étais gamin c’est lui que j’dois soudoyer, c’est ça ? » Le sourire espiègle qui s’étire sur ses lèvres ne parvient pas dissimuler l’éclat d’espoir qui s’allume dans son regard à l’idée d’avoir peut-être enfin trouvé cette fenêtre sur le passé qu’elle cherche en vain, une personne pour lui parler de son Sid lorsqu’il était enfant comme le ferait une grand-mère bienveillante et vaguement embarrassante.

Ils débarquent dans un jardinet fleuri et bien entretenu, le genre qu’on ne trouve que chez les personnes âgées. Les poings sur les hanches, Harold les attend fièrement à côté d’une petite cabane en bois. Un peu trop en retrait, Aisling ne remarque pas tout de suite la peinture qui orne ses planches soigneusement lasurées. Elle se perd plutôt dans les images que déverse le vieil homme en plongeant dans ses souvenirs comme pour confirmer ses espoirs. « Sidney avait l’habitude de se planquer dans notre cabanon. Il se pensait sûrement très discret mais on savait bien qu’il venait fumer chez nous, il oubliait ses mégots dans les plates-bandes d’Amelia. » Immense par rapport à son gentil voisin ratatiné, Sid perd toutefois quelques centimètres et son petit air déconfit lui laisse sans mal entrevoir l’expression qu’il a dû afficher le jour où ses mauvaises habitudes ont fini par le trahir. Il est si adorable avec sa mine contrite qu’elle doit se raccrocher à toute sa pudeur pour parvenir à se concentrer sur l’histoire qu’Harold continue de leur dérouler plutôt que de se hisser sur la pointe des pieds et le couvrir de baisers. « Un jour, je l’ai attrapé alors qu’il essayait de se sauver en douce. Je lui ai dit que s’il voulait continuer à s’installer là pour fumer et dessiner, le moins qu’il pouvait faire, c’est de décorer le cabanon et de se trouver un cendrier. Il a accepté, et il a peint ça pour ma femme, qui rêvait d’aller à Paris… » D’un geste de la main, il désigne le mur à ses côtés. Intriguée, Aisling fait un pas en avant pour tenter d’apercevoir ce qu’il cherche à lui montrer et sent son cœur plonger quand elle découvre la grande fresque parfaitement préservée. « Oh ! » Les yeux plein d’émotion, elle tend une main fébrile vers la peinture et la replie prestement contre sa poitrine avant d’avoir osé la toucher. « On y est allés d’ailleurs, il y a quatre ans, pour fêter notre quarantième anniversaire de mariage. » La voix du petit homme se fait plus feutrée et ses yeux vifs miroitent de souvenirs. « C’est tellement romantique. » Un sourire rêveur au coin des lèvres, Aisling ne sait trop si elle fait allusion à leurs noces d’émeraude fêtées dans la capitale de l’amour ou bien à l’effervescence qui la traverse à l’idée de pouvoir enfin effleurer l’essence de l’homme qu’elle aime en découvrant le petit coin bohème dans lequel il se retranchait quand il n’était encore qu’un gamin rebelle au grand cœur un peu en vrac. « Amelia ! » Le cri incongru la fait sursauter et la tire instantanément de ses douces pensées. « Il faut que j’aille la chercher, elle sera beaucoup trop contente de te revoir elle aussi. Excusez-moi ! » Il prend tout juste la peine de leur lancer avant de prendre congé, les épaules volontaires et le pas déterminé.

Aisling le regarde s’éloigner un instant avant de reporter son attention sur Sid, qui s’est rapproché du petit cabanon pour en effleurer la surface. Fascinée, elle se laisse distraire par le mouvement précis de ses doigts alors qu’ils redessinent adroitement l’arc métallique de la tour. « Je… j’aurais jamais pensé qu’ils l’auraient gardé aussi longtemps… » Touchée par l’émotion qu’elle perçoit dans sa voix, Aisling enroule un bras autour de sa taille et caresse tendrement sa hanche à travers le tissu épais de son jean. « Eux aussi, ils savent que ce serait un crime de pas en prendre soin. » Elle réplique avec un petit sourire en coin en appuyant affectueusement son épaule contre la sienne avant de faire un pas vers la peinture pour glisser ses doigts entre les siens. Ensemble, ils longent les rives grises qu’elle n’a jamais vues qu’à l’écran, suivent le feuillage glacé des arbres et le ciel capricieux qu’il a su capturer sans jamais avoir mis les pieds en dehors de son Australie ensoleillée. « C’est fou à quel point c’est différent de c’que tu fais d’habitude… » Elle souffle en retraçant lentement les contours de la tour Eiffel, surprise par les braises de désir que la vision de leurs mains liées attise doucement en elle en lui rappelant leurs explorations sensuelles de la veille. Les joues rosies, Aisling interrompt son geste avant d’en atteindre l’extrémité et resserre délicatement l’emprise de ses doigts autour de sa main tatouée alors qu’elle se retourne pour lui faire face. Un mélange d’aplomb et d’incertitude au fond des yeux, elle cherche timidement son regard pour lui confier : « Et pourtant, j’suis sûre que j’aurais deviné que c’était d’toi. » C’est dans les silhouettes fantomatiques un peu allongées, les teintes froides et poignantes, le coup de pinceau nerveux et précis qui lui rappellent la carte de Noël qu’il a dessiné rien que pour elle et certains des croquis qui traînent un peu partout chez lui. Leurs regards se chargent de tendresse et d’une complicité dont Aisling s’imprègne avant de se dérober. « J’ai du mal à réaliser que j’suis dans le jardin d’ta maison. » Elle avoue d’une petite voix hésitante. Réfugiée sous sa frange, elle fait courir ses doigts le long de la chaîne dorée qu’il porte à son cou. « C’est tellement mignon… » Mélancolique, son regard se détache du pendentif scintillant pour errer sur la façade bardée et lorgner les fenêtres par lesquelles elle adorerait se pencher si ce n’était pas totalement indiscret. T’façons c’est sûr qu’ils ont tout dénaturé. Elle songe avec un petit pincement au cœur, douloureusement consciente que les souvenirs de Sid continueraient de l’éluder même si elle avait la possibilité de déambuler entre les murs de son enfance. Le petit soupir de résignation qui allait lui échapper se bloque toutefois dans sa gorge alors qu’une idée un peu saugrenue déverse une onde d’inspiration dans ses veines. « Tu m’fais visiter ? » Sa voix se fait séductrice, son regard un peu suppliant alors qu’elle relève furtivement le nez vers lui. Savourant l’expression interloquée de son petit ami, Aisling se hisse sur la pointe des pieds, profitant de sa surprise pour lui voler un baiser. Les doigts enroulés autour de ses avant-bras, elle rigole tout contre ses lèvres, ne se défile que pour récupérer sa main et l’entraîner vers la porte grinçante.

L’intérieur du cabanon ressemble à un abri de jardin tout ce qu’il y a de plus classique et pourtant il s’en dégage une touche délicieusement poétique ; peut-être grâce aux rayons de lumière filtrant à travers les lattes en bois brut pour éclabousser une poignée d’outils suspendus au-dessus d’un établi marqué par le travail et les années. L’endroit sent la terre et le bois de chauffage, surement en raison des quelques bûches entreposées tout au fond, derrière deux coussins de jardin usés. En dépit de son atmosphère chaleureuse et nimbée de mystère, Aisling ne peut s’empêcher de ressentir une pointe de déception en constatant qu’il ne reste rien du nid que Sid s’est jadis creusé, pas même un mégot abandonné au fond d’un pot de fleur ébréché. « J’aurais tellement voulu voir comment c’était avant… » Elle bafouille en traçant une rivière sinueuse dans la sciure du bout des ongles. Remplie d’hésitation, sa voix n’est plus qu’un murmure quand elle ajoute : « Comment toi, t’étais avant. » Le doigt de Sid effleurant la courbe de sa mâchoire envoie un frisson le long de son échine et l’encourage tendrement à se détourner des rainures sombres pour le regarder. Les sourcils délicatement froncés et les lèvres entrouvertes, il semble sur le point de répondre quelque chose. Il n’en a pas l’occasion. Hypnotisée par la pointe rosée de sa langue taquinant son piercing, Aisling cède à l’attraction irrésistible qui la tiraille depuis tout à l’heure et comble d’un pas la distance qui les séparait pour placer ses paumes sur ses pectoraux. Leurs bouches s’effleurent et se retrouvent, apprivoisent la passion un peu désespérée qui tournoie entre eux, née de ces mots qui leur manquent à tous les deux pour exprimer les émois étreignant leurs cœurs. Portée par cet élan, Aisling noue ses bras derrière sa nuque et se cambre contre lui avec abandon. Sa langue remplace ses lèvres, caressent langoureusement celles de Sid comme pour lui demander la permission de s’insinuer entre elles. Il s’exécute avec un de ces soupirs qui la font immanquablement frémir de désir, referme ses paumes autour de sa taille qu’il attire fermement à lui. Le plaisir qu’elle ressent au contact de son corps pressé contre le sien s’accentue quand le bois de l’établi vient mordre la chair de ses fesses et lui arrache un petit gémissement surpris qui se transforme en rire à l’instant où elle reconnaît sa surface brute sous sa paume. Leurs regards se croisent, brûlants de désir. Une lueur complice s’allume dans celui de Sid alors que ses lèvres esquissent un sourire prometteur. La chaleur de ses paumes sur la peau nue de ses cuisses confirme son intuition. Suivant son impulsion, elle se détache du sol pour accompagner son mouvement alors qu’il la dépose sur la planche de bois sans cesser de l’embrasser et l’accueille entre ses cuisses. Surprise par l’onde de désir qui la traverse alors qu’il se niche tout contre elle, Aisling laisse échapper un soupir languissant. Ses jambes s’enroulent autour de ses hanches pour le retenir, ses lèvres se détachent des siennes pour remonter le long de sa mâchoire et parsemer une traînée de baisers sur la peau tendre de son cou. Ses mains câlinent ses épaules, s’égarent dans son dos, dévalent ses flancs fermes jusqu’à la lisière de son jean. Du bout des doigts, Aisling longe langoureusement l’étoffe jusqu’au bouton qui la retient avant de s’arrêter brutalement, déstabilisée par la certitude qu’une fille bien ne ferait jamais ça. Les sourcils froncés, elle ne peut s’empêcher de se demander ce qui a pu motiver la remarque d’Harold, et si le vieil homme avait perdu espoir de voir Sid se trouver une fille bien à force de l’avoir trop souvent surpris en compagnie des filles pas bien qu’il avait l’habitude de bécoter dans son abri de jardin. Les paumes caressantes de son copain absorbent en partie l’onde de jalousie qui menaçait son cœur, mais ne la distraient pas assez pour lui faire oublier la question qu’elle sent enfler entre eux. « Dis mon Sid… » Elle murmure en s’écartant juste assez pour accrocher son regard, tente d’insuffler dans le sien assez d’espièglerie pour camoufler son trouble. « Combien de filles t’as entraîné ici pour les séduire ? » Les joues brûlantes, elle effleure son nez du sien dans l’espoir d’atténuer l’inquiétude absurde qui la ronge chaque fois qu’elle songe aux instants d’intimité qu’il a vécu avant de la rencontrer.





you feel like heaven
Thunder in the blue skies, lightning in the daylight, storm clouds in our eyes. Tidal waves in my heart, earthquakes in the still dark, eclipses in the night.
F R I M E L D A

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Sid Bauer
Sid Bauer
le tatoueur au coeur tendre
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ÂGE : trente ans, né le 26 janvier 1990.
SURNOM : sid, c'est déjà bien assez court... et c'est déjà un surnom aussi, même si très peu de gens le savent.
STATUT : il a finalement trouvé le courage d'avouer ses sentiments à sa belle irlandaise...
MÉTIER : tatoueur, propriétaire de son propre salon, wild ink.
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PETIT PLUS : Il a un chat noir et blanc. • Il est bisexuel. • Il adore lire et regarder des documentaires. • Il a une sœur cadette. • Il déteste qu’on le prenne en photo. • Il n’a jamais touché à la drogue. • Il a arrêté de fumer et a réduit sa consommation d’alcool. • Il se spécialise dans les tatouages personnalisés. • Il adore dessiner. • Il aime les chats, la crème glacée à la pistache, les musées, les livres de recettes. • Il n'aime pas les épinards, les huîtres, le marron, les imbéciles et les gens bornés.
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wasted on you • and it seems like I've known you forever, I'll keep you safe for one more night, need you to know that it's all right. I see the real you, even if you don't, I do. I do.

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blood is thicker than water • we've taken different paths and traveled different roads, I know we'll always end up on the same one when we're old.
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INSCRIT LE : 01/03/2016
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Day 4: stay with me, you're all I see
And I'd give up forever to touch you, 'cause I know that you feel me somehow. You're the closest to heaven that I'll ever be and I don't want to go home right now. And I don't want the world to see me, 'cause I don't think that they'd understand. When everything's made to be broken, I just want you to know who I am. • Iris, Goo Goo Dolls

Sorti de nulle part, un bras se glisse autour de sa taille. La chaleur réconfortante d’Aisling se presse contre son flanc. « Eux aussi, ils savent que ce serait un crime de pas en prendre soin. » La gorge toujours un peu serrée, il hoche timidement la tête. Confusément, il sent que ce n’est pas seulement le fait qu’ils aient préservé son art qui le touche. C’est aussi cette impression qu’ils voulaient préserver en même temps leur lien presque familial, se souvenir pour toujours de l’ado rebelle et un peu amoché par la vie qu’ils avaient pris sous leur aile et qui se cache toujours derrière le paysage féérique. Comme si elle sentait ses émotions désordonnées, Aisling lui décoche un coup d’épaule affectueux avant de s’approcher de la peinture. Sa main se pose sur celle de Sid, se moule autour de la sienne. Ensemble, ils explorent le paysage du bout des doigts, guidés par leurs envies, sans vraiment savoir qui mène le mouvement. Ce n’est pas sans rappeler au tatoueur la dernière fois où leurs mains liées bougeaient en harmonie de cette façon. Le souvenir fait naître un éclat de désir imprévu dans son bas-ventre, heureusement dissipé en un frisson agréable qui remonte sa colonne vertébrale lorsque la voix songeuse de sa copine s’immisce entre eux à nouveau. « C’est fou à quel point c’est différent de c’que tu fais d’habitude… » Il est vrai que les paysages délicats comme celui-là ne font pas partie de son répertoire habituel. S’il ne déteste pas en dessiner, il préfère largement laisser libre cours à sa créativité, imaginer des personnages ou des décors de toute pièce plutôt que de simplement reproduire une photo ou ce qu’il a devant lui.

La main d’Aisling se resserre autour de la sienne, l’arrache à la peinture pour la guider entre eux tandis qu’elle pivote sur elle-même pour lui faire face. Il lui répond instinctivement, se tourne à son tour vers elle jusqu’à ce que sa main libre se pose sur sa taille. « Et pourtant, j’suis sûre que j’aurais deviné que c’était d’toi. » Touché, il lui offre un petit sourire. « Sûrement, oui… » murmure-t-il, convaincu qu’elle a raison. Ne serait-ce que parce qu’elle est à la fois sa plus grande fan et son public le plus assidu. Sans compter qu’elle a accès à des œuvres que personnes d’autre ne connaîtra jamais. Car il l’a déjà vue fouiner dans ses cahiers qui traînaient dans le salon alors qu’elle se pensait seule. Il la laisse faire à tous les coups, attendri par sa curiosité furtive et son air fasciné quand elle tombe sur un dessin qui l’interpelle particulièrement. Du reste, il range soigneusement les rares croquis qu’il veut garder pour lui dans les cartons dissimulés tout au fond de son armoire, avec les cahiers auxquels il n’a pas touché depuis des années, ceux dans lesquels il dessinait à répétition le visage de sa mère. « J’ai du mal à réaliser que j’suis dans le jardin d’ta maison. » Tandis qu’elle retrace d’un index léger la courbe de sa chaîne dorée sur sa clavicule, il balaie d’un regard un peu anxieux le jardin fleuri, la petite maison jaune, la ruelle étroite qui la sépare de celle des Jones. « Honnêtement, moi non plus,  » souffle-t-il en ramenant son attention sur Aisling. Avec soulagement, il constate que de se concentrer sur son visage familier calme les palpitations erratiques de son cœur en l’ancrant à son présent pour l’empêcher de basculer complètement dans son passé. « C’est tellement mignon… » Il ne la quitte pas des yeux, même lorsqu’elle se détourne pour observer à son tour le décor, une lueur mélancolique au fond de ses iris gris. D’un coup, elle vacille, se transforme en quelque chose de plus espiègle. « Tu m’fais visiter ? » Avec un froncement de sourcils confus, il se demande si elle parle de la maison de son enfance. Il est sur le point de lui rappeler que ce n’est plus sa famille qui habite là quand elle lui vole un baiser, un petit rire tendre au fond de la gorge. Il ne comprend la véritable nature de sa proposition que lorsqu’elle l’entraîne vivement vers la porte du cabanon.

D’abord, il ne voit pas grand-chose, mais une fois que ses yeux se sont habitués à la pénombre, il constate que l’intérieur du cabanon n’a pas vraiment changé. L’établi sous lequel Sid avait installé son nid avant que sa taille ne l’empêche de se glisser dans l’espace étroit est toujours là, surmonté comme autrefois d’une panoplie d’outils en parfait état. Un sourire aux lèvres, il songe que Mr. Jones semble toujours s’occuper de ses biens avec le soin maniaque qu’il lui connaissait à l’époque. Une pincée de nostalgie lui serre le cœur au souvenir de ces après-midis pluvieux qu’ils avaient passé ensemble à discuter dans ce cabanon, Sid installé sur ses coussins avec son cahier et ses fusains, et Harold perché sur son tabouret à nettoyer et huiler ses outils. Ils parlaient de tout et de rien, de sujets concrets, comme les devoirs que Sid reportait un peu trop souvent à plus tard, quand il n’oubliait pas totalement de les faire; ou plus abstraits, comme le boulot d’archiviste au Melbourne Museum de Mr. Jones. Il avait toujours une anecdote à raconter sur un artefact, qui, la plupart du temps, n’avait vraiment rien de fascinant, sinon la passion manifeste que son voisin avait pour son histoire. Avec une bouffée d’affection, le tatoueur songe que le vieil homme a réussi à nourrir sa curiosité naturelle mieux que n’importe lequel de ses professeurs, le poussant à rechercher des sujets dont il ne connaissait presque rien pour le simple plaisir d’épater son voisin lors de leur prochaine discussion. « J’aurais tellement voulu voir comment c’était avant… » La voix pleine de mélancolie d’Aisling l’arrache à ses souvenirs. Il fait un pas vers elle, la rejoint à côté de l’établi où elle s’est mise à dessiner des formes incertaines dans la poussière de bois. « Comment toi, t’étais avant. » Touché, il fait courir une main tendre sur la courbe de sa mâchoire pour l’encourager à relever la tête. Il veut la rassurer. Lui dire qu’il n’a pas tant changé, que l’homme qui se tient devant elle aujourd’hui ressemble encore beaucoup au gamin d’autrefois, avec plus d’assurance mais les mêmes vulnérabilités. Cependant, il n’a pas l’occasion de le faire. Ses pensées s’éparpillent aux quatre vents, chassées par l’intensité du regard qu’Aisling darde sur lui et la chaleur brûlante de ses paumes à travers sa chemise lorsqu’elle les pose sur sa poitrine.

Guidé par l’énergie quasi magnétique qui les entraîne l’un vers l’autre, il se penche vers elle jusqu’à ce que leurs bouches s’effleurent. Les bras d’Aisling se coulent sur ses épaules, lui arrachent un frisson délectable en s’appuyant sur sa nuque sensible. Le souffle un peu court, il accueille avec un soupir de plaisir la caresse de sa langue contre la sienne. En retour, il enroule ses mains autour de sa taille pour la retenir dans son emprise. Lentement, il la fait pivoter jusqu’à ce qu’elle se retrouve dos à l’établi, coincée entre son corps et la surface de bois. Elle pousse une exclamation de surprise, s’arrache un instant à leur baiser pour comprendre ce qui vient de se passer. Inspiré par le souvenir délicieux de leur étreinte passionnée sur la coiffeuse, dans les loges du centre où ils ont dansé pour leur spectacle de Noël, il relâche la taille d’Aisling, fait glisser ses mains jusqu’à ses cuisses. Sa peau douce frémit sous ses doigts tandis qu’il raffermit sa prise pour la soulever et l’installer sur l’établi. Elle n’hésite pas une seconde avant d’écarter les jambes pour lui permettre de s’avancer jusqu’à ce qu’il soit pressé tout contre son corps. Un instant, le souvenir désagréable de la veille s’insinue dans son esprit, rapidement chassé par la confiance manifeste qu’elle lui accorde à nouveau et la tendresse des baisers qu’elle presse délicatement dans son cou. Tandis qu’elle parsème de caresses sa peau recouverte de tissu, il trace des arabesques sur la peau veloutée de ses cuisses, remonte tranquillement jusqu’à sa taille, où il se risque à introduire des doigts téméraires entre les pans de jean de sa salopette pour effleurer la douceur de son ventre. Les mains d’Aisling longent la taille de son pantalon, s’attardent au bouton, qu’elles semblent vouloir détacher. Il a beau savoir que c’est une très mauvaise idée, que ses anciens voisins ne sont pas loin et qu’Harold ou Amelia pourrait les surprendre à n’importe quel moment, il ne peut se résoudre à l’arrêter. Car pour la première fois depuis qu’il s’est réveillé, il arrive à oublier le tourbillon d’émotions difficiles qui l’étreint en les noyant dans la passion fiévreuse qui les anime.

Sans doute dans un meilleur état d’esprit que lui, la jeune femme s’interrompt pourtant d’elle-même. Elle s’écarte légèrement, l’observe d’un air un peu inquiet. Curieux, il fronce légèrement les sourcils en effleurant ses cuisses d’une paume tendre pour l’encourager à partager les pensées qui semblent la tracasser. « Dis mon Sid… Combien de filles t’as entraîné ici pour les séduire ? » Amusé par la rougeur délicate qui se peint sur ses joues, il ne résiste pas à l’envie de poser un baiser tendre au coin de ses lèvres. Il se redresse légèrement, les mains toujours posées à plat sur ses cuisses, et croise son regard. « Une seule… Toi, » s’empresse-t-il de préciser pour prévenir une potentielle confusion. « Même si, techniquement, j’dirais que c’est plutôt toi qui m’a entraîné ici pour me séduire… » La lueur d’amusement embarrassé qui s’allume dans les grands yeux d’Aisling ne réussit pas complètement à chasser l’incertitude qui y brillait déjà. En se mordillant la joue, il songe qu’elle aura sûrement besoin de quelques détails supplémentaires pour être convaincue. Avec l’ombre d’un soupir, il se résigne donc à révéler la réalité peu reluisante dans laquelle il évoluait à cette époque. « J’étais un ado maladroit, Leen. J’savais pas parler aux filles. Encore moins les séduire. » Le lycée du quartier n’était pas énorme et des rumeurs circulaient au sujet des problèmes d’Adele. À ces circonstances déjà un peu difficiles s’ajoutait son amour des vêtements noirs, du maquillage et des tatouages qui, sans le mettre au banc des indésirables, le reléguait au minimum dans la catégorie des emo kids qui ne devaient en aucun cas se mélange à la population de normies de l’école. Vaguement embarrassé, il retrace du bout de l’index la courbe d’une bretelle sur l’épaule d’Aisling. « Et avec ma mère qui… n’allait pas très bien, je n’avais pas exactement le temps d’apprendre non plus. » Les lèvres pincées pour se retenir de grimacer, il relève les yeux, soulagé de croiser le regard attendri de sa copine.

Quelque peu tranquillisé par sa douceur sans faille, il hausse les épaules. « J’ai embrassé quelques filles au lycée, mais c’était leur idée, pas la mienne. » À ce jour, il est toujours convaincu sans jamais avoir pu le prouver qu’Emma Murphy lui avait seulement proposé une virée dans le placard du concierge – l’endroit de prédilection des ados hormonaux en manque d’intimité de l’école – parce qu’elle avait fait un pari stupide avec son groupe de copines. Même si ça l’avait un peu blessé à l’époque, il avait fini par conclure que c’était un moyen comme un autre de gagner un peu en expérience. Et puis, il devait avoir relevé le défi haut la main parce que deux autres filles du même groupe lui avaient proposé la même chose dans les semaines qui avaient suivi. Ou peut-être qu’il leur plaisait plus qu’elles ne voulaient le laisser paraître à l’époque, tout simplement. C’est aussi par hasard qu’il avait échangé son premier baiser avec un garçon, à l’occasion d’un jeu de la bouteille défectueux dans une soirée où il s’était laissé entraîner par son pote, l’un des rares soirs où Randy était à la maison. Il se doutait déjà à l’époque que son attirance ne se tournait pas seulement vers le sexe opposé et le baiser maladroit qu’il avait échangé avec le joueur étoile de l’équipe de rugby de l’école adverse un peu trop bourré lui avait permis de confirmer son hypothèse. « Un mec aussi, » résume-t-il sobrement. Il se penche pour effleurer le nez d’Aisling du sien avant de dévier vers sa joue, qu’il frôle du bout des lèvres. Il termine sa course à la hauteur de son oreille, en profite pour embrasser amoureusement le lobe tendre. « Mais jamais ici… » souffle-t-il avant de l’attraper délicatement entre ses dents. Un frémissement d’intérêt traverse le corps d’Aisling, appuyé par un soupir de plaisir qui s’échappe d’entre ses lèvres. L’ombre d’un sourire satisfait au coin des lèvres, il relâche son lobe et profite de sa liberté retrouvée pour presser une chaîne de baisers incandescents dans son cou. Il s’attarde un instant sur sa clavicule, en trace la ligne tranchante d’une langue agile avant de murmurer : « Ici, y’a que toi. » Une main appuyée contre sa nuque pour recueillir sa tête qui s’incline vers l’arrière, l’autre qui pétrit tendrement sa cuisse, il s’aventure sur son décolleté, le recouvre de baisers toujours plus audacieux jusqu’à ce qu’il atteigne la lisière de son haut. Il pose une dernière fois ses lèvres à la naissance de la vallée entre ses seins tout en regrettant de ne pouvoir s’aventurer plus loin pour le plaisir de continuer à sentir le corps de la jeune femme se tendre de fébrilité.

Le grincement désagréable de la porte du cabanon est le seul avertissement qui précède l’arrivée de Mrs. Jones avant qu’un flot de lumière n’envahisse l’abri de jardin. Le corps d’Aisling se contracte nerveusement autour du sien tandis qu’elle pousse un hoquet horrifié. Sid, quant à lui, fait un bond en arrière, et se redresse en passant une main dans ses mèches, l'air aussi innocent que possible. Même s’il y a des limites à l’aura d’innocence qu’il peut projeter quand les jambes de sa copine sont toujours enroulées autour de sa taille comme un étau et ses ongles, enfoncés comme des serres dans son bras. « Ah, vous êtes donc là les amoureux ! Je commençais à me demande si Harold n’avait pas imaginé ton retour, Sidney. C’est qu’il n’est plus tout jeune… » ajoute-t-elle d’un ton de conspiratrice, un grand sourire plein d’humour aux lèvres comme s’il n’y avait rien de plus normal pour elle que de trouver son petit-fils adoptif et sa copine dans une position compromettante sur l’établi de son mari. « Allez, je vous attends dehors. » Avec un hochement de tête indulgent, elle tourne les talons et ressort du cabanon, les laissant seuls avec leur embarras dans la pénombre. Les lèvres pincées, le tatoueur s’affaisse en se tournant vers Aisling. Son air absolument horrifié vient à bout de ses dernières résistances et il explose de rire. Il s’empresse d’étouffer sa gaieté contre l’épaule de la jeune femme en faisant courir une main réconfortante dans son dos. Au bout de quelques longues secondes, il sent son corps tressauter contre le sien tandis qu’un petit rire nerveux se rend jusqu’à ses oreilles. Une fois qu’il a l’impression d’avoir maîtrisé son hilarité, il se redresse, croise son regard par-dessus la main qu’elle a plaquée contre ses lèvres. « Je crois qu’elle nous a grillés… » L’expression ironique qui se peint sur le visage d’Aisling a raison de son contrôle ténu et il éclate de rire à nouveau.

Quand, au bout de quelques minutes, leur fou rire s’apaise assez pour leur permettre de reprendre leur souffle, Aisling essuie du bout des doigts les larmes qui perlaient au coin de ses yeux. « Tu sais… » murmure-t-elle en relevant un regard un peu espiègle vers lui, « moi j’suis sûre que j’aurais eu un crush sur toi si on s’était connus au lycée… mais j’aurais été beaucoup trop timide pour t’embrasser. » Sans doute gênée par sa révélation, elle lui échappe mais il s’empresse de la repêcher en glissant une main délicate sous son menton. Il aime imaginer cette Aisling timide qui aurait soupiré dans les cours en lui lançant des coups d’œil languissants ou qui lui aurait offert des sourires rougissants lorsqu’ils se croisaient dans les couloirs. Surtout, il aime penser qu’il l’aurait remarquée et qu’il aurait eu le courage de faire les premiers pas vers elle. Contrairement à cet hypothétique version adolescente de lui-même, Sid n’hésite pas un instant avant de se pencher vers Aisling pour cueillir un baiser langoureux sur ses lèvres, tout comme elle n’hésite pas à venir nouer ses bras derrière sa nuque pour le retenir tout contre elle. Conscient que le désir qui flambait encore entre eux quelques minutes plus tôt ne demande qu’à se rallumer, il s’écarte à contrecœur et enroule ses mains autour de la taille de la jeune femme. Un sourire taquin au coin des lèvres, il hausse un sourcil. « Heureusement qu’t’es plus aussi timide aujourd’hui ou on ne serait pas ici… » Amusé par le rose qui lui monte à nouveau aux joues, il effleure le bout de son nez du sien, lui vole un dernier baiser chaste comme pour mettre un point final à leur étreinte. Avec un soupir, il pince les lèvres. « Je suppose qu’on devrait probablement sortir… T’es prête ? » En dépit de son air franchement dubitatif, elle acquiesce. Il l’aide donc à descendre de son perchoir, la soulève légèrement pour lui éviter d’attraper des échardes sur le bois rugueux en glissant vers le sol. Sa main dans la sienne, ils font un pas vers la sortie lorsque le tatoueur remarque les sciures de bois qui sont restées collées à la salopette d’Aisling. « Attends, attends. » Ignorant son coup d’œil incertain, il balaie du revers de la main son derrière pour en chasser les particules de bois. Et, s’il est sérieusement tenté d’en profiter pour pincer une fesse rebondie, il s’en empêche, conscient qu’Aisling est déjà assez gênée comme ça sans qu’il en rajoute. « Voilà, t’es toute propre et présentable. » Toujours courageux, il émerge le premier du cabanon, Aisling à moitié dissimulée derrière lui. Amelia est debout à quelques pas de la porte, un châle coloré posé sur ses épaules étroites. Elle se tourne vers eux en les entendant approcher. « Ah, ce n’est pas trop tôt ! » Du pas vif et décidé qui la caractérise, elle traverse la distance qui les séparait pour entraîner Sid dans une étreinte étonnamment solide. Plus délicat, il lui rend son affection, heureux de retrouver son odeur de vanille et de sucre qui trahit les longues heures qu’elle passe encore dans la cuisine à préparer des pâtisseries. Il ne la relâche que lorsqu’elle choisit de s’écarter. « Tu as l’air heureux, mon chéri. C’est beau, » affirme-t-elle en pressant tendrement ses bras avant de se tourner vers la jeune femme avec un petit sourire. « Je suis certaine que ça a beaucoup à voir avec la jolie Aisling, n’est-ce pas ? » Amusé de constater qu’Harold n’a pas perdu l’habitude de tout raconter dans les moindres détails à sa femme adorée, le tatoueur laisse échapper un petit rire en aquiesçant. « C’est vrai qu’elle me rend heureux, ouais. » Amelia accepte la confirmation avec un petit hochement de tête satisfait en prenant Aisling par les épaules. Sans doute attendrie par son air embarrassé, la vieille dame s’empresse de la mettre à l’aise à sa façon : « Allons, ne fais pas cette tête, ma chérie. Tu sais, nous avons déjà eu vingt ans aussi, Harold et moi. Et nous non plus ne manquions jamais une occasion de vérifier que nous nous aimions encore. » Avec un clin d’œil taquin, elle la serre à son tour dans ses bras pendant que, de son côté, Sid tente de retenir la grimace qui menace de poindre sur son visage alors qu’il imagine ses grands-parents adoptifs s’embrasser passionnément dans un cabanon.

Manifestement, il n’est pas aussi discret qu’il le pensait parce que lorsqu’Amelia libère Aisling de son étreinte et se tourne à nouveau vers lui, elle hoche la tête d’un air amusé. « Bon, ne me regarde pas comme ça, ça ne te va pas du tout ! » Il s’efforce donc de lisser son expression, sans trop de difficulté grâce au sourire qui commence déjà à s’étirer sur ses lèvres, jusqu’à ce qu’une lueur d’approbation s’allume dans le regard de la vieille dame. « Ah voilà qui est mieux ! » D’un petit geste sec, elle resserre le châle qui avait commencé à glisser sur ses épaules en les balayant d’un regard mystérieux. « J’ai une surprise pour vous deux… » Il n’en faut pas plus pour réveiller la curiosité du tatoueur, qui hausse aussitôt un sourcil. « Ah oui ? » demande-t-il d’un ton aussi neutre que possible, dans l’espoir de camoufler à quel point il espère que c’est qu’une énorme assiette de ses biscuits aux pépites de chocolat les attend à l’intérieur. À ce jour, il n’a encore trouvé aucune recette aussi délicieuse que la sienne. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé. Il déchante rapidement quand elle agite plutôt d’une petite main excitée un trousseau de clefs devant leurs nez. « Avant de venir vous retrouver, j’ai appelé Rebecca, c’est notre nouvelle voisine, pour savoir si elle accepterait que je vous laisse entrer. Je lui ai dit que tu avais grandi ici Sidney et que ta jolie Aisling serait sûrement curieuse de voir à quoi la maison ressemble. Elle a redécoré, mais… » Le reste des paroles d’Amelia se perd dans le grésillement sourd qui se met à résonner aux oreilles du tatoueur alors qu’il tourne un regard craintif vers la maison. Son revêtement jaune pâle n’a pas changé depuis leur arrivée, mais les ombres semblent s’être accentuées d’un coup, comme pour lui donner un air beaucoup plus menaçant. Il a beau savoir que c’est son esprit qui lui joue des tours, il a du mal à chasser l’impression désagréable d’être entouré de fantômes. La certitude qu’il n’aurait pas à remettre les pieds à l’intérieur était sa seule protection, la mince armure qui lui donnait le courage de revenir confronter son passé, et il n’est pas prêt à l’abandonner. Pourtant, il sait qu’il n’a pas vraiment le choix parce qu’à ses côtés, Aisling vibre presque d’excitation, et aussi parce qu’Amelia s’est donné tout ce mal pour leur organiser cette petite visite. Ça n’empêche pas son cœur de palpiter désagréablement dans sa poitrine ou son estomac de se nouer nerveusement. La main d’Aisling qui se glisse dans la sienne le raccroche au présent et le fait tressaillir. Il comprend à son regard un peu inquiet, reflété dans les yeux ambrés d’Amelia, qu’elles attendent probablement une réponse de sa part. « Pourquoi pas, après tout ? » souffle-t-il avec l’ombre d’un sourire forcé.

En dépit de ses réticences, c’est lui qui fait le premier pas vers la maison, sa main toujours fermement accrochée à celle de sa copine. Ils refont à l’envers le chemin qui les avait menés jusqu’au jardin partagé, mais se faufilent entre les citronniers pour atteindre la porte d’entrée plutôt que de retrouver la sécurité de la rue. Tandis qu’Amelia déverrouille la serrure, elle leur parle de Rebecca, la jeune mère monoparentale qui a emménagé il y a quelques années déjà avec sa gamine, une « adorable petite blonde qui adore ses poupées », et avec qui les Jones, toujours aussi affables, se sont rapidement liés d’amitié. Sid ne l’écoute qu’à moitié, trop concentré sur la porte qui pivote sans émettre le grincement auquel il s’était habitué. « Allez-y en premier. Le couloir est étroit et puis tu connais le chemin, Sidney. » Il hoche timidement la tête sans quitter des yeux l’espace qui se dévoile à eux. En inspirant profondément, il s’avance, entraîne Aisling derrière lui en franchissant le seuil de l’entrée. Le papier peint hideux qui décorait le couloir a disparu, remplacé par une peinture gris pâle beaucoup plus moderne, mais l’odeur feutrée qui s’immisce dans ses narines est identique à ses souvenirs et le ramène aussitôt dix ans en arrière. Il s’arrête après quelques pas seulement et se tourne vers la gauche, où trois portes entrouvertes protègent les chambres. « La première était celle de mes parents. La deuxième, celle de Caro. » Là aussi, le décor a changé, transformé en chambre de fillette agrémentée de couleurs pastels délicates. Rien à voir avec les goûts beaucoup plus violents de sa petite sœur. « Imagine des murs violets trop foncés, une couette arc-en-ciel, des poupées terrifiantes partout… Elle avait l’imagination hyper fertile et adorait s’improviser sorcière. Elle m’a déjà demandé de lui dessiner un cercle vaudou sous son lit. » Il ne précise pas qu’il l’avait fait, convaincu que sa copine sait déjà qu’il ne pouvait rien refuser à sa petite sœur, même les lubies les plus étranges. Ils s’enfoncent d’un ou deux pas de plus dans le couloir et s’arrêtent devant la troisième porte. Cette dernière chambre a été transformée en bureau par la nouvelle propriétaire, mais Sid revoit sans mal le décor dans lequel il a grandi. « Et ça, c’était la mienne. Mes parents avaient refusé de peindre les murs en noir, donc j’avais dû me contenter d’un gris pâle. Ça m’avait fait chier à l’époque mais je les comprends aujourd’hui, » précise-t-il en songeant au mur rouge pompier de son appartement qu’il avait dû recouvrir de quatre couches de peinture neutre avant que la teinte rosée ne disparaisse complètement. « Et puis d’toute façon, c’est pas comme si on pouvait voir quoi que ce soit sous tous les posters de mes groupes préférés et… les photos que j’avais collées partout. » Il jette un coup d’œil en coin à Amelia, peu enclin à révéler l’existence des pages arrachées aux calendriers du club à la vieille dame. Du reste, le petit sourire en coin d’Aisling lui confirme qu’elle a tout compris.

La visite des chambres terminée, ils débouchent dans la salle à manger. Sid respire mieux dans cette pièce moins étroite que le couloir. La table trop petite à laquelle ils avaient parfois l’habitude de s’entasser avant qu’Adele n’ait plus l’énergie de manger que si elle était affalée dans son lit a disparu, remplacée par un meuble en bois massif beaucoup plus imposant. La cuisine, en revanche, n’a pas changé. Toujours aussi étroite que dans son souvenir, elle lui semble toutefois plus propre qu’à l’époque, avec des armoires bien blanches sans la moindre tache ou le moindre fil de poussière. « C’est ici que j’ai appris à faire des White Christmas… » souffle-t-il à Aisling avec un petit sourire nostalgique. Il se revoit, assis sur le comptoir à côté de l’évier à regarder sa mère couper des légumes en chantonnant. Il était tout jeune, cinq ou six ans peut-être au maximum. « C’était sa pièce préférée, je pense. Elle aimait cuisiner et elle a continué à le faire longtemps, même après qu’elle n’arrivait plus vraiment à faire quoi que ce soit d’autre. » Des souvenirs à moitié oubliés remontent, se coincent dans sa gorge, transformés en une énorme boule d’émotions. Longtemps, il a lui-même détesté cuisiner. Il se disait que c’est parce qu’il ne savait pas comment faire, que ce n’était pas pour lui, mais à la lumière de ces moments redécouverts, il se demande si ce n’était pas plutôt une façon de plus pour lui de rejeter sa mère et la souffrance qu’elle lui infligeait involontairement. « J’ai l’impression qu’elle va entrer dans la pièce à tout moment. » Un frisson désagréable lui remonte l’échine à l’idée de croiser son fantôme et il s’empresse de reprendre la visite. Il évite soigneusement la salle de bain, ne jette même pas un coup d’œil par la porte lorsqu’ils passent à côté en s’avançant vers le salon, incapable de se résigner à revoir cette pièce où il a si souvent retrouvé sa mère mal en point et où elle a fini par s’éteindre, désespérément seule et sans doute terrifiée. Avec soulagement, il voit les nuances de verts ondoyantes du jardin se dessiner à travers les grandes portes vitrées qui donnent sur la terrasse. Cette fois, il ne retient pas le soupir angoissé qui se fraie un chemin jusqu’à ses lèvres. Amelia, qui les suivait dans leurs explorations avec une réserve inhabituelle, s’avance vers eux de son petit pas cadencé. Un puits de tristesse au fond des yeux, elle pose une paume chaude sur le bras du tatoueur. « Tu sais, Rebecca adore cette maison. Sa fille aussi. J’aime penser que c’est parce qu’elles ressentent tout l’amour qui a imprégné les murs plutôt que la tragédie. » La mâchoire serrée pour contenir le flot d’émotions qui menace de déborder de ses paupières, il recouvre de la sienne la main fripée de la vieille dame, la presse délicatement. « Elle t’aimait tant, si tu savais… Lucide ou non, elle me parlait toujours de toi. De ta sœur aussi. Je sais qu’elle n’a pas toujours su le montrer, mais elle vous aimait vraiment. » Cette fois, il ne peut retenir la gouttelette salée qui dévale sa joue. Vaguement embarrassé, il l’essuie du revers de la main en hochant la tête. « Je sais. Je l’avais oublié, je pense. Mais… je sais. » Comme il sait tout à coup qu’il fera bon usage du document que Caro lui a envoyé. Car il y a trop longtemps qu’il n’a pas vu sa mère et, même s’il ne peut plus parler qu’à une pierre tombale, il ressent le besoin fulgurant de faire la paix avec elle une bonne fois pour toute. Parce que même si c’était à sa façon, même si c’était mal, même si ce n’était pas assez pour combler le vide dans son être, elle l’aimait comme une mère aime son enfant, et qu’il n’a jamais su s’empêcher de lui retourner cet amour, même quand il aurait voulu la détester.

Spoiler:
 





just kiss me in the dark
maybe i’m just as scared as you. it's alright, stay by my side on the edge of everything we know. it's alright, just don't look down and i will hold on and never let go. you're right beside me, so just close your eyes, i'll never let go. you're all that i need, so just close your eyes. • close your eyes, rhodes

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Dernière édition par Sid Bauer le Ven 5 Nov - 4:52, édité 2 fois
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Aisling Hayes
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ÂGE : 24 ans, née un 20 février
SURNOM : Ash par ses amis, Leen par son vampire-dandy. Ivana Rose sur instagram.
STATUT : Essaie d'écouter son cœur, de le confier à Sid malgré sa peur.
MÉTIER : Modèle alternative (Suicide Girls, OnlyFans) et effeuilleuse quelques soirs par semaine.
LOGEMENT : Appart' #353 à Redcliffe
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ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : Née en Irlande du Nord dans une famille très catholique, parle avec un accent gaélique. A troqué les rues pluvieuses de Belfast pour le soleil de Brisbane mais son existence est toujours aussi grise. Se croit bonne à rien si ce n’est à jeter son corps en pâture aux caméras. Faut bien payer le loyer et sa dette envers le club. Aisling se réfugie dans les morceaux de rock qui ouvrent son cœur à sa place. Le son à fond, elle danse pour extérioriser le tumulte de ses sentiments. Parfois, elle chante aussi… mal, elle trouve. Végétarienne, elle adore les animaux. Ancienne junkie sobre depuis 10 mois
RPs EN COURS : Sid [14]Sid 13Sinner [r.a.]Robin [2]Robin [3]LaoisePhoenix [3]

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Sid ♡ I won't turn back I won't cross that hidden danger line. It's a loud and dark world but I think I found the light. I need you to tell me everything will be alright, to chase away the voices in the night; when they call my name.

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Robin ♡ you lead the blind you lead the stream, the current ways are much to lean, you are the captain of the team!

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Phoenix ♡ I need a hero, I'm holding out for a hero 'til the end of the night. He's gotta be strong and he's gotta be fast, and he's gotta be fresh from the fight. He's gotta be larger than life!

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Lou ♡ Oh I love the taste of cyanide, oh how I love to feel it burn inside. I'm on the hour and I've been there for a long time but somehow I feel like I'm fading out of line.

RPs EN ATTENTE : Sid [f.b.2] ♡ Lou [3] ♡ Raelyn [2]

Je ne prends que 6 RPS à la fois.


RPs TERMINÉS : Sid ♡ [1] | [2] | [3] | [4] | [fb1] | [@] | [5] | [6] | [7] | [8] | [9] | [10] | [11] | [12]
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Phoenix ♡ [1] | [2]
Lou ♡ [1] | [2]
Owen ♡ [1]
AVATAR : Mellisa Clarke
CRÉDITS : loudsilence (avatar) + Frimelda (sign) + Loonywaltz (ub) + Sid (ub)
DC : Jameson la louve & Kyte le vieux type louche
PSEUDO : Whitefalls/Whitewolf
INSCRIT LE : 07/09/2016
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Message(#) Sujet: Re: kiss my lips and let’s run away together ♡ aisling kiss my lips and let’s run away together ♡ aisling - Page 4 EmptyLun 1 Nov - 20:32



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Day 4: let's roam these streets together
You know every part of me I let you in, I let you see all the dark in every corner of my room. Let me do that for you and tell me all about your past, why you painted those walls black, baby it's all right you're safe in here with me. Open up so I can see...

La question s’est à peine échappée d’entre ses lèvres que celles de Sid pressent un baiser à leur commissure. La gorge un peu nouée, elle puise dans la tendresse de cette caresse et la chaleur de ses paumes sur ses cuisses le courage de croiser timidement son regard. « Une seule… Toi. » Un petit pli incrédule se creuse entre ses sourcils devant cette confession inattendue. T’es sûr ? « Même si, techniquement, j’dirais que c’est plutôt toi qui m’a entraîné ici pour me séduire… » La taquinerie la prend de court, dépose un voile de bonheur rosé sur ses pommettes et la réchauffe de l’intérieur. « Sid… » Elle proteste pour la forme. Charmée par sa mine visiblement satisfaite, Aisling secoue la tête avec indulgence, une main placée devant ses lèvres pour contenir son amusement. Si t’étais pas irrésistible, aussi… Elle songe avec un petit pincement au cœur. Car en dépit de leur complicité, il lui est difficile de concevoir qu’elle est la première fille à frémir sous ses baisers à l’abri de ces planches. « J’étais un ado maladroit, Leen. » Il précise dans un soupir déterminé, comme s’il lisait dans ses pensées. « J’savais pas parler aux filles. Encore moins les séduire. » Il y a de la vulnérabilité dans sa voix, une innocence si pure dans les souvenirs qu’il lui dépeint qu’une vague de soulagement se déverse dans sa poitrine. Clairement, ça a bien changé… Elle constate en  frissonnant sous la caresse légère de ses doigts qui longent la bretelle de son débardeur. Agiles, ils parviennent presque à la distraire du voile assombrissant ses yeux pâles alors qu’il lui confie : « Et avec ma mère qui… n’allait pas très bien, je n’avais pas exactement le temps d’apprendre non plus. » Touchée par ces bribes de passé inconfortable qu’il lui laisse timidement entrevoir, elle place une paume contre son cou et laisse courir son pouce sur la ligne de sa mâchoire pour l’encourager à croiser son regard. « J’ai embrassé quelques filles au lycée, mais c’était leur idée, pas la mienne. » Il finit par lancer avec un haussement d’épaules faussement désinvolte. Un sourire attendri au coin des lèvres, Aisling tente de se représenter un tout jeune Sid au regard farouche et à la silhouette élancée, un grand gamin encore incertain de ses mouvements, peinant à apprivoiser ce corps qui se développe trop rapidement pour lui en laisser le temps. Au fond, elle n’est vraiment pas surprise d’apprendre qu’il est parvenu à s’attirer l’attention de quelques nanas en dépit de sa prétendue maladresse. « Un mec aussi. » Ah oui… forcément. Elle lui adresse un petit sourire amusé, heureuse de sentir qu’elle accueille sa bisexualité avec plus de flegme que par le passé. Avec tout ça, c’est sûr que t’as pas dû douter d’ton charme trop longtemps… Elle ne peut s’empêcher de penser, partagée entre la joie de savoir qu’il a pu explorer ses fantasmes adolescents malgré sa situation familiale difficile et la petite pointe de jalousie qui se niche inévitablement entre ses côtes à l’idée de toutes ces expériences auxquelles il a goûté bien avant de la rencontrer.

Elle n’a toutefois pas le temps de se laisser perturber davantage car le nez de Sid effleure le sien. Le frémissement que ses lèvres sèment sur sa joue et le murmure sensuel qu’il fait couler au creux de son oreille dispersent sans mal sa tristesse passagère. « Mais jamais ici… » La caresse acérée de ses dents remplace la douceur de ses baisers et un frisson de désir la traverse. Ses lèvres s’entrouvrent, laissent échapper un soupir languissant tandis que ses doigts agrippent le tissu fin de sa chemise pour le retenir tout contre elle. Il ne la relâche que pour mieux enfouir son visage dans son cou. Lentement, il explore sa peau offerte du bout des lèvres, la recouvre de baisers passionnés, s’applique à lui faire oublier du bout de sa langue agile l’étrange mélancolie qui l’étreint parfois face à ces sensations qu’elle découvre pour la première fois et qu’il connait depuis si longtemps déjà. « Ici, y’a que toi. » La promesse qu’il souffle contre son épiderme fait un baume sur son cœur et la morsure de ses doigts dans la chair tendre de sa cuisse ponctue son doux serment, lui rappelle qu’en dépit de toutes ces aventures, c’est elle qu’il a choisie pour être sienne. Vaincue par les ondes de plaisir que Sid lui procure, Aisling s’affaisse avec un soupir de volupté. Comme s’il savait qu’elle n’aurait d’autres choix que de s’abandonner ainsi à la volonté de ses baisers, il cueille sa nuque au creux de sa paume. Les yeux mi-clos, elle savoure la sensation de confiance et de vulnérabilité qui l’étreint à l’idée de remettre ainsi son corps et son cœur entre ses grandes mains. Ses doigts se contractent autour de ses épaules, remontent le long de sa nuque, se nouent entre ses mèches sombres pour le retenir tout contre elle et le supplier de continuer sa douce torture. Haletante de désir, elle ne peut retenir un petit gémissement étouffé lorsqu’il embrasse passionnément la peau fine à la naissance de ses seins, tendus comme pour mieux accueillir la caresse de sa langue, de ses dents, de ses mains.

C’est bien évidemment le moment que choisit Mrs Jones pour débarquer. Le grincement franc de la porte la fait sursauter, transforme ses soupirs de plaisir en un petit cri horrifié. Alerte, Sid bondit comme un lapin pour reculer. Elle devrait le laisser filer, creuser un peu la distance entre eux pour tenter de les innocenter. Seulement, c’est plus fort qu’elle. Ses jambes se contractent autour de sa taille et ses ongles s’enfoncent dans la chair de son bras. « Ah, vous êtes donc là les amoureux ! » Lance la bonne femme d’un ton jovial, comme si la scène qu’elle vient de surprendre n’avait rien d’anormal. Ça n’empêche pas Aisling de tirer lentement mais surement Sid par le poignet, dans l’espoir de le ramener légèrement devant elle comme un immense bouclier. « Je commençais à me demander si Harold n’avait pas imaginé ton retour, Sidney. C’est qu’il n’est plus tout jeune… » Un éclat d’amusement transperce le voile de sa gêne, dessine un petit sourire rieur sur ses lèvres pincées. « Allez, je vous attends dehors. » Elle décrète finalement avant de repartir aussi promptement qu’elle est arrivée, refermant la porte dans son dos pour leur laisser une chance de diluer leur embarras dans l’obscurité qui revient les envelopper. Ça ne marche pas vraiment. Les yeux écarquillés d’épouvante, Aisling relève vivement le menton. Elle ignore ce qu’elle espérait trouver dans le regard de Sid. La certitude de ne pas être la seule à paniquer, l’assurance de ne pas avoir tout gâché, une étincelle d’espoir, ou bien de regret… Mais certainement pas cette lueur amusée. « Sid ! » Elle s’indigne dans un couinement alarmé quand il éclate finalement de rire. Sans se laisser perturber par son air scandalisé, il se réfugie au creux de son cou, étouffe contre sa peau ses ricanements déplacés en promenant une main dans son dos pour la rassurer. D’abord, elle reste immobile dans son étreinte, si tendue qu’elle ose à peine respirer. Mais la bonne humeur de son copain est contagieuse, et bientôt c’est à son tour d’évacuer un peu sa nervosité à travers de petits soubresauts ponctuant le rire angoissé qu’elle tente de contenir au creux de sa paume. « Je crois qu’elle nous a grillés… » Il finit par lancer, les yeux pétillant d’un éclat espiègle auquel il est difficile de résister. Sans déconner… Elle songe avec un haussement de sourcils à la fois complice et affligé. Malgré son malaise, elle ne peut lutter contre le sourire ému qui s’étire sur ses lèvres en voyant les siennes trembler quelques instants avant qu’il ne se laisse happer par une nouvelle vague d’hilarité. Attendrie par l’insouciance touchante de ces éclats de rire qu’il semble incapable de contrôler, elle se laisse timidement entraîner jusqu’à ce que les dernières bribes de gêne se dispersent au fil des larmes de gaîté qu’elle essuie du bout de ses doigts.  

« Tu sais… » Elle finit par souffler en sentant qu’ils commencent à se calmer. « Moi j’suis sûre que j’aurais eu un crush sur toi si on s’était connus au lycée… mais j’aurais été beaucoup trop timide pour t’embrasser. » Ses joues prennent une teinte rosée, son regard accroche timidement celui de Sid avant de lui échapper. Un doigt glissé sous son menton, il retient son geste et l’encourage à lui revenir. Ses yeux brillent d’une lueur indéfinissable quand il se penche et presse ses lèvres contre les siennes, comme pour lui assurer que lui, il aurait osé. Aisling lui rend son baiser avec bonheur, s’empresse de le retenir contre elle en entourant sa nuque de ses bras. Consciente toutefois qu’ils ne peuvent pas vraiment se laisser entraîner sur cette voie une seconde fois, elle est presque soulagée de le sentir s’écarter et enrouler ses mains autour de sa taille. « Heureusement qu’t’es plus aussi timide aujourd’hui ou on ne serait pas ici… » Troublée, elle se demande s’il fait allusion au petit bisou irréfléchi qu’elle lui a volé dans le bus alors qu’ils n’étaient encore que des amis, au premier baiser maladroit mais plein de sentiments qu’ils ont échangé dans une ruelle mal éclairée le soir où ils ont décidé de laisser à leur relation une chance d’évoluer, ou bien à cette envie spontanée de l’entraîner à l’abri pour se bécoter. Quelle que soit son idée, elle  voudrait protester d’un petit Sid ! faussement indigné mais il presse un baiser plein de tendresse contre ses lèvres comme pour les sceller. Alors elle accueille sa caresse déloyale avec un soupir conquis et ne rouvre les yeux que lorsqu’il la libère pour lui confier : « Je suppose qu’on devrait probablement sortir… » On peut dire ça, oui. « T’es prête ? » Malgré la gêne qui cherche sournoisement à remonter dans ses veines, elle confirme d’un petit hochement de tête résigné. Sans perdre une seconde, il raffermit la prise de ses mains autour de sa taille et la soulève adroitement de son perchoir. « Merci. » Elle souffle quand ses pieds retrouvent le sol inégal du cabanon. Elle n’est pas certaine de vouloir le quitter mais ne résiste pas à l’impulsion de la main qu’il glisse contre la sienne pour l’en déloger, comme ils ne peuvent décemment pas s’abriter sous ces planches à jamais. A moins que… « Attends, attends. » Aisling s’exécute docilement sans pouvoir s’empêcher de relever un regard un peu inquiet en direction de son visage et comprend la situation en le voyant fixer son derrière d’un air concentré. Elle n’a toutefois pas le temps d’esquisser le moindre geste pour s’épousseter que la paume de Sid tapote ses fesses à travers le tissu épais de sa salopette pour les débarrasser des copeaux de bois qui s’y étaient accrochés avant de réserver le même sort à ses cuisses nues, envoyant un flash de désir inattendu le long de son échine. « Voilà, t’es toute propre et présentable. » Il lance comme si de rien n’était. Les joues brûlantes, elle le remercie d’une voix chancelante, soulagée de constater qu’il est trop occupé par la mission qu’il s’est donné de sortir en premier pour remarquer le trouble que les caresses fermes de sa main ont fait naître en elle.  

Sans perdre une seconde, il plaque une paume contre le bois ébréché de la porte pour la repousser. Une lumière vive les accueille sur le perron du cabanon, bientôt accompagnée par le reproche amical de Mrs Jones : « Ah, ce n’est pas trop tôt ! » Elle lance en traversant d’un pas vif la distance qu’elle avait creusé pour leur laisser un peu d’intimité. Pas encore tout à fait prête à renouer avec le monde extérieur, Aisling se terre a moitié derrière Sid jusqu’à ce qu’Amelia le lui arrache pour l’attirer dans une étreinte enthousiaste. Un peu en retrait, elle observe leurs retrouvailles avec un sourire en coin, touchée par l’affection débordante que lui réserve sa grand-mère d’adoption et à laquelle il répond par cette tendresse pleine de réserve qu’elle lui connait bien. « Tu as l’air heureux, mon chéri. C’est beau. » Elle décrète après s’être écartée pour mieux le regarder. « Je suis certaine que ça a beaucoup à voir avec la jolie Aisling, n’est-ce pas ? » Intimidée de voir leurs regards converger dans sa direction, Aisling croise les mains devant elle et tortille nerveusement ses doigts, vaine tentative pour se distraire de l’embarras nimbé de bonheur qui se répand sur ses pommettes quand Sid confirme dans un petit rire tendre : « C’est vrai qu’elle me rend heureux, ouais. » Elle n’a pas le temps de se concentrer sur la houle d’émotions que cette remarque éveille en elle que Mrs Jones comble la distance qui les séparait pour lui attraper les épaules. « Allons, ne fais pas cette tête, ma chérie. Tu sais, nous avons déjà eu vingt ans aussi, Harold et moi. Et nous non plus ne manquions jamais une occasion de vérifier que nous nous aimions encore. » Le commentaire léger n’a bien évidemment pas raison de sa gêne et les images qui se forment dans son esprit ne font que l’intensifier. « Euh… non non mais c’est pas ça c’est juste- » Aisling bafouille maladroitement, embarrassée par cette réputation de fille aux mœurs légères qu’elle aurait préféré éviter de renvoyer et ne sait comment rectifier. Aussi elle s’interrompt volontiers quand Amelia l’entraîne à son tour dans une étreinte musclée, soulagée de pouvoir dissimuler sa frimousse écarlate et son nez plissé dans les replis de son châle. Peu à peu, elle se laisse apprivoiser par sa chaleur pleine de générosité. Amadouée par son odeur de sucre vanillé, elle se détend totalement en retrouvant l’arôme si familier qui émanait des cheveux de sa mère chaque fois qu’elle préparait un gâteau d’anniversaire et lui laissait lécher la pâte restée au fond du bol pour la récompenser de l’avoir aidée à mélanger les ingrédients. Toute à ses souvenirs impromptus, Aisling fronce les sourcils de confusion quand elle entend Amelia rabrouer son copain : « Bon, ne me regarde pas comme ça, ça ne te va pas du tout ! » Intriguée, elle s’écarte de son ancienne voisine pour découvrir son joli visage froissé d’une petite grimace butée qui s’efface déjà au profit d’un sourire un peu fripon. « Ah voilà qui est mieux ! » Les lèvres pincées de tendresse, elle fait un pas dans sa direction pour enrouler son bras autour de sien. On lui pardonnerait tout quand il fait cette tête, hein ? Elle songe en le dévorant des yeux.

« J’ai une surprise pour vous deux… » La voix d’Amelia la tire de ses rêveries, tout comme l’enthousiasme presque palpable qui émane de Sid et qu’il essaie pourtant de dissimuler. Elle ignore s’il a quelque chose de précis en tête ou si sa voisine vient seulement de réveiller son insatiable curiosité. Elle sait seulement que la voir remuer ce trousseau de clefs juste sous leur nez n’est pas du tout ce qu’il espérait, si elle en croit la tension qui émane soudain de son corps. Les sourcils délicatement froncés, elle relève les yeux vers lui pour tenter de comprendre ce qui a bien pu le perturber comme ça, mais c’est dans les paroles de Mrs Jones qu’elle trouve l’explication à ce revirement brutal d’énergie. « Avant de venir vous retrouver, j’ai appelé Rebecca, c’est notre nouvelle voisine, pour savoir si elle accepterait que je vous laisse entrer. » Oh, mon Sid… c’est pas grave si elle a dit oui, on n’est pas obligés d’y aller si t’en as pas envie. Elle voudrait lui assurer, serre un peu plus fort son bras pour tenter de lui communiquer sa pensée et dissiper l’excitation indiscrète qui pétille dans son cœur. Elle s’en sort plutôt bien, jusqu’à ce que les précisions d’Amelia pulvérisent ses bonnes intentions. « Je lui ai dit que tu avais grandi ici Sidney et que ta jolie Aisling serait sûrement curieuse de voir à quoi la maison ressemble. Elle a redécoré, mais… ça devrait quand même lui permettre de se faire une idée. » Elle conclut d’un air à la fois tendre et satisfait. « Oh mais oui, j’adorerais ! » Elle s’exclame d’une petite voix emballée, toute prête à se laisser entraîner à travers ce voyage inespéré au cœur de son passé. Lorsque seul le silence lui répond, Aisling déchante rapidement. La gorge un peu nouée, elle jette un coup d’œil en direction de Sid, dont le regard s’est rivé sur la maisonnette qu’il a jadis habité avec une telle intensité qu’elle peut presque voir ses souvenirs se refléter dans ses grands yeux hantés. « Enfin, euh… si ça t’dit à toi aussi ? » Elle demande timidement en glissant sa main dans la sienne pour le ramener doucement à elle et lui apporter le réconfort qu’il n’ose pas réclamer. Il tressaille entre ses mains, s’arrache mollement à ses réminiscences pour la regarder. « Pourquoi pas, après tout ? » Sa voix tranquille ne la rassure pas totalement. C’est dans son air un peu absent, son petit sourire résigné, son regard fuyant. Les sourcils légèrement froncés, elle entrouvre les lèvres pour lui assurer qu’elle comprendrait s’il préférait ne pas y retourner, mais sa main se resserre fermement autour de la sienne alors qu’il reprend le chemin de la ruelle d’un pas déterminé.

Elle s’arrête à ses côtés devant la porte, observe en douce le tranchant acéré de sa mâchoire tandis qu’il fixe le bois peint. La voix d’Amelia se mêle au tintement des clefs qu’elle glisse dans la serrure, leur dépeint le portrait de la famille qui habite la maison désormais, composée d’une jeune mère, de sa fille et de quelques poupées. « Oh, vous l’adoreriez ! » Touchée par son assurance, Aisling lui adresse un sourire avant de reporter son attention vers la porte qui s’ouvre sur un couloir propret. « Allez-y en premier. Le couloir est étroit et puis tu connais le chemin, Sidney. » Il n’hésite qu’un instant avant de se lancer, remplissant ses poumons comme s’il devait faire la visite en apnée. Vibrante de curiosité, Aisling se laisse entraîner entre les murs gris pâle, effleure le sol de ses petits pas feutrés, comme effrayée à l’idée de menacer l’équilibre de ce lieu en dévoilant sa présence à travers un grincement de plancher. Sid n’a pas la même réserve. Ses pas le guident naturellement jusqu’au centre du couloir, où il s’arrête pour désigner les chambres desservies par les portes sur le mur opposé. « La première était celle de mes parents. La deuxième, celle de Caro. » Si elle doit faire un effort conscient pour ne pas s’en approcher sur la pointe des pieds, Aisling ne peut s’empêcher de se pencher légèrement afin de jeter un coup d’œil furtif par l’entrebâillement. Comme s’il sentait que c’est son passé et non pas l’intimité des nouveaux occupants qu’elle tente vainement d’apercevoir, Sid lui en peint une image vivace : « Imagine des murs violets trop foncés, une couette arc-en-ciel, des poupées terrifiantes partout… » Le sourire amusé qui ornait ses lèvres s’étire plus encore quand il lui décrit les lubies ésotériques de sa petite sœur. « Elle avait l’imagination hyper fertile et adorait s’improviser sorcière. Elle m’a déjà demandé de lui dessiner un cercle vaudou sous son lit. » Les yeux arrondis de surprise, elle se désintéresse momentanément de la chambre pour lui lancer un regard suspicieux. « Et toi tu l’as fait, pas vrai ? » Le silence obstinément dénué de précision qui suit sa question lui en dit bien plus qu’une longue explication. « J’espère que c’était pas pour ensorceler les Backstreet Boys… » Elle plaisante en secouant la tête, un sourire indulgent au coin des lèvres alors qu’elle le suit jusqu’au prochain point d’intérêt. N’empêche que si j’avais demandé un truc comme ça à mes frères, c’est sûr qu’ils m’auraient reniée… Cette pensée lui échappe bien rapidement, car Sid s’est arrêté devant la dernière pièce, dont la porte ouverte dévoile un bureau moderne et bien rangé. « Et ça, c’était la mienne. » Le cœur douloureusement serré, Aisling sent une boule de tristesse se former dans sa gorge en comprenant que le coin de son Sid tout plein d’individualité s’est ainsi transformé en une pièce si impersonnelle au fil des années. « Mes parents avaient refusé de peindre les murs en noir, donc j’avais dû me contenter d’un gris pâle. Ça m’avait fait chier à l’époque mais je les comprends aujourd’hui. » Elle n’imagine que trop bien la lubie adolescente de son petit artiste rebelle, la moue plissant ses lèvres alors qu’il tournait les talons pour aller s’enfermer dans sa chambre aux murs pas assez dark et se plonger dans les cahiers qu’il pouvait noircir à sa guise. Avec un sourire ému, elle fait courir sa paume sur son avant-bras et relève le menton pour croiser son regard. « Tu t’es bien rattrapé pourtant… » Elle le taquine en appuyant délicatement son épaule contre la sienne. Car quoi qu’il en dise, les murs de son appartement actuel reflètent fièrement son goût pour l’esthétique sombrement poétique qui leur plait tant. « Et puis d’toute façon, c’est pas comme si on pouvait voir quoi que ce soit sous tous les posters de mes groupes préférés et… les photos que j’avais collées partout. » Pour avoir souvent imaginé le décor de sa chambre depuis le brunch familial où il le lui a décrit, Aisling se représente sans mal cette décoration punk-rock à l’énergie un peu adolescente. Ainsi, quand son regard effleure une dernière fois les murs gris perlé, ils lui semblent soudain moins durs, moins froid, comme si les ailes fantômes d’un Batman imaginaire abritaient encore les souvenirs des groupes de rock et des pin-up brunes tatouées qui les ont jadis ornés. Comme s’il craignait soudain qu’Amelia puisse les visualiser à son tour, Sid lui lance un coup d’œil furtif avant de se tourner vers Aisling pour lui adresser un regard empreint de complicité. Ignorant la chaleur qui colore discrètement ses joues, elle y répond en esquissant un sourire discret. « Tes photos d’Batman ? J’crois que j’visualise bien, ouai. » Espiègle, elle pince ses lèvres pour retenir le petit rire tendre qui cherche à lui échapper. Elle voudrait lui poser tant de questions pour mieux se représenter la tanière qu’il s’était creusée. Où se trouvait son lit et de quelle couleur étaient ses draps, s’il laissait déjà ses croquis traîner un peu partout ou si le sol était plutôt jonché de CDs. S’il avait un chat roulé en boule à ses pieds pour lui servir de bouillotte à la nuit tombée. Et s’il se faufilait parfois par la fenêtre pour s’échapper, comme elle le faisait en quittant les combles où sa chambre se trouvait pour s’aventurer sur les toits mal éclairés.  

Elle n’en a pas l’occasion, car il se dirige vers la salle à manger, comme si les murs étroits du couloir lui paraissaient brusquement trop étriqués. Intriguée par l’architecture moderne de la petite maison, elle détaille la pièce qu’ils traversent sans pouvoir s’empêcher de laisser ses doigts courir sur la surface luisante d’une imposante table en bois brute ou l’accoudoir ferme d’un grand canapé. Sans s’y intéresser davantage, Sid l’entraîne plutôt vers la cuisine, un long couloir blanc bordé de meubles soignés. « C’est ici que j’ai appris à faire des White Christmas… » Il y a de la tendresse dans son regard, une nostalgie palpable dans son sourire. Comme si, pour la première fois depuis longtemps, les fantômes de son passé étaient plus doux qu’effrayants. « C’est un lieu béni alors, parce que j’vais plus pouvoir m’en passer maintenant qu’tu m’as fait goûter. » Elle plaisante d’une voix douce en pressant affectueusement sa main qui retient toujours la sienne. « C’était sa pièce préférée, je pense. » Il confirme avec un petit sourire de côté. Et il a beau ne jamais la nommer, Aisling sent l’essence de sa mère l’envelopper. « Elle aimait cuisiner et elle a continué à le faire longtemps, même après qu’elle n’arrivait plus vraiment à faire quoi que ce soit d’autre. » Un pli soucieux se creuse entre ses sourcils sombres et son regard se trouble à mesure que les souvenirs douloureux remplacent sans pitié chaque bribe de passé heureux pour mieux le hanter. « J’ai l’impression qu’elle va entrer dans la pièce à tout moment. » Alarmée par la détresse qui émane de lui, Aisling fait courir ses doigts sur son avant-bras pour le réconforter, mais déjà il remonte ses barrières et s’échappe rapidement de la pièce. Sans un regard pour la salle de bain, il se sauve vers le salon. Trottinant pour suivre ses grandes enjambées, Aisling ne peut s’empêcher de jeter un coup d’œil en arrière. Mrs Jones les suit d’un pas mesuré, ralentit là où Sid a accéléré. Avec un profond soupir, elle appuie le tranchant de sa main contre l’encadrement de la porte, et tapote le bois d’un petit coup empreint d’une tendresse déterminée. Un doute épouvantable lui tord les tripes, mais Aisling n’a pas le temps de le décoder car Sid s’arrête face à la baie vitrée avec un soupir angoissé. Le cœur serré, elle relève le menton et tente de lire sur ses traits s’il aimerait qu’elle l’enlace, le fasse rire, ou mine de n’avoir rien remarqué.

Elle hésite une seconde de trop, assez pour qu’Amelia décide de la devancer en posant une main ferme et délicate sur son bras. Intimidée, Aisling le libère et fait un pas en arrière pour leur donner un peu d’intimité. « Tu sais, Rebecca adore cette maison. Sa fille aussi. J’aime penser que c’est parce qu’elles ressentent tout l’amour qui a imprégné les murs plutôt que la tragédie. » Elle le réconforte d’une voix douce, trouve les mots pour l’apaiser auxquels Aisling n’aurait jamais pensé. « Elle t’aimait tant, si tu savais… Lucide ou non, elle me parlait toujours de toi. De ta sœur aussi. Je sais qu’elle n’a pas toujours su le montrer, mais elle vous aimait vraiment. » La gorge nouée, l’irlandaise se mord les lèvres pour retenir les larmes qui cherchent à lui échapper en voyant celles de Sid s’écouler sur son beau visage torturé. « Je sais. Je l’avais oublié, je pense. Mais… je sais. » Il murmure d’une voix un peu étranglée en essuyant sa pommette d’un revers de main décidé. « Et bien n’en doutes plus jamais ! » Réplique son ancienne voisine en tapotant sa joue pour le consoler ou peut-être bien le réprimander. Ils échangent un sourire chargé d’une affection que ni les années, ni les épreuves n’ont pu effacer. Puis, Amelia hoche la tête d’un air décidé et se tourne vers la baie vitrée pour la déverrouiller. Profitant de cet instant de flottement, Aisling franchit tout doucement la distance qui les séparait. Malgré la paume qu’elle place timidement sur son épaule pour lui indiquer sa présence, Sid tressaille sous ses doigts avant de se retourner. « Ça va ? » Les sourcils délicatement froncés, elle tente d’accrocher son regard qui la fuit obstinément, tend une main vers son visage mais a tout juste le temps d’effleurer ses mèches sombres qu’il se dérobe avant qu’elle ne puisse atteindre son front. Ignorant le sursaut de détresse que ce mouvement de recul inflige à son cœur, elle se fie à son regard tourmenté pour trouver le courage de réitérer. Ses mains coulent sur ses épaules, ses bras se nouent derrière sa nuque et Aisling l’attire contre elle, déterminée à lui apporter l’affection qu’il craint d’accepter. Rendant brusquement les armes, ceux de Sid s’enroulent autour de sa taille et ses mains se cramponnent à ses flancs comme s’il refusait de la voir s’éloigner. « J’suis là mon Sid, j’suis là. » Elle murmure en fermant les yeux pour contenir l’émotion qui cherche à lui échapper quand son visage vient se réfugier au creux de son cou. Secouée par sa vulnérabilité, elle enfouit ses doigts dans sa chevelure sombre, masse son crâne du bout des ongles et le berce doucement pour l’apaiser. « J’pourrais faire semblant d’trébucher et de m’fouler la cheville, t’sais ? J’veux dire, si t’as besoin d’une excuse pour filer… » Elle souffle après un moment. Pour le distraire de sa peine, et parce qu’elle ne serait pas incapable d’orchestrer un tel drame dans l’espoir de le soulager. Un petit rire incrédule agite le corps de Sid avant qu’il ne se résolve à se redresser pour l’interroger d’un sourcil relevé. « J’te jure que pour toi je l’ferais ! » Un sourire complice se peint sur leurs lèvres et leurs regards se chargent d’une tendresse passionnée. Touchée par l’émotion évidente qu’elle lit sur ses traits, Aisling se hisse sur la pointe des pieds pour lui voler un long baiser, plein d’affection et d’une ferveur mal contrôlée que seule l’exclamation émue et réprobatrice de Mrs Jones semble pouvoir réfréner : « Mais ils ne sont pas croyable ces deux là ! Tu as vu ça Harold ? Je n’peux même pas avoir le dos tourné une minute qu’ils en profitent déjà pour se bécoter ! » Les joues brûlantes, Aisling fait un petit bond en arrière pour s’écarter. Cette fois, c’est Sid qui la retient par la taille comme pour s’assurer qu’elle n’ira pas trop loin. « Allons Amelia, tu vas les embarrasser… » La réprimande gentiment Mr Jones depuis le bosquet contre lequel il s’était appuyé pour discuter avec sa dulcinée. « Sidney ne nous en a pas laissé l’occasion quand il était adolescent et je compte bien me rattraper ! » Un poing sur les hanches, Amelia laisse échapper un gloussement tendrement satisfait avant de leur faire signe de la rejoindre sur la terrasse. « Venez les amoureux, j’ai quelques biscuits yo-yo pour vous requinquer. » Malgré son enthousiasme à l’idée de déguster cette spécialité, Aisling lutte contre l’envie de la rejoindre en sautillant et relève plutôt le nez vers Sid pour s’assurer qu’il est prêt à refermer cette porte sur son passé. Il hoche la tête comme s’il comprenait, presse un baiser contre sa tempe en resserrant un instant son étreinte autour de sa taille avant de la relâcher. Aisling ne le laisse pas s’éloigner pour autant et récupère sa main dans la sienne avant de sortir par la porte vitrée.  

Quelques instants plus tard, elle se retrouve avec une pile d’assiettes entre les bras et la mission de les placer sur la table de jardin où Amelia a déjà renvoyé Sid avec quatre verres et une carafe de limonade maison. « C’est un bon garçon, Sidney. La vie ne lui a pas fait de cadeau pourtant. » Elle soupire en installant de jolis sablés aux allures de burger couleur pastel sur un plat fleuri. « Je sais… j’crois qu’c’est pour ça que lui il en fait tout l’temps. » La réflexion lui échappe avant qu’elle n’ait le temps de la retenir. Embarrassée, Aisling disparaît sous sa frange en faisant mine de gratouiller le rebord d’une assiette gravée. « Tu as sans doute raison. Tu sais, il était déjà comme ça quand il était petit. » Encouragée par la main qui se place sur son épaule, Aisling relève les yeux vers Amelia et s’étonne de surprendre une lueur de nostalgie un peu triste dans le regard qu’elle laisse errer vers sa longue silhouette élancée qui a rejoint son mari derrière la grande baie vitrée. « Harold et moi n’avons jamais eu d’enfant, alors c’était un vrai bonheur de voir Sidney et sa petite sœur gambader sur notre propriété. Lui, c’était un bébé calme, mais Caroline c’était une autre histoire ! Pourtant, même quand elle réveillait tout le quartier en pleurant au milieu de la nuit, je me prenais à penser que c’était une bénédiction, que de les avoir dans nos vies. » Touchée par ce partage inattendu, Aisling sent une petite boule d’émotion se former dans sa gorge en imaginant Harold et Amelia veiller sur Sid comme des grands-parents attentionnés, et ainsi apporter un peu de stabilité et de sérénité à une famille qui en avait cruellement besoin. « J’suis sure qu’ils pensaient la même chose de vous. » Elle voudrait lui dire qu’elle a éprouvé une intuition similaire le soir où leurs chemins se sont croisés. Raconter comme c’était la nuit aussi et qu’il y avait bien quelqu’un qui hurlait, sauf que c’était un chanteur et pas un bébé. Souffler enfin comme il l’a sauvée, ce soir-là et tous ceux d’après. Mais sa confession se dilue dans la peur de trop se dévoiler. Les yeux brillants, Amelia semble en proie à ses propres émois quand elle s’anime brusquement. « Mais qu’est-ce que tu fais encore ici, va donc les rejoindre, j’arrive tout de suite ! » Elle tempête gentiment en appuyant ses mains dans son dos pour la pousser vers la terrasse. Un peu déstabilisée, Aisling a tout juste le temps d’acquiescer qu’Amelia quitte la cuisine d’un pas décidé pour ne reparaître qu’une fois les assiettes et les couverts installés, ses bras encombrés de son plat de sablés et de deux livres à la reliure usée. « Mellie, tu n’es pas censée porter des charges aussi lourdes ! » La réprimande Harold en repoussant sa chaise pour la soulager. Sans prêter attention à sa tendre remontrance, elle balaie l’air d’une main impatiente avant d’installer les gâteaux colorés au centre de la table. « Servez-vous ! Je les avais préparés pour la petite, mais je me suis souvenue que mes yo-yo sont les biscuits préférés de Sidney ! » Elle roucoule plutôt en s’installant à leurs côtés. Curieuse, Aisling n’a pas besoin de tellement plus pour la convaincre de picorer un sablé rosé, qui s’effrite dans sa bouche et fond sur sa langue pour y déposer un arôme vanillé. « J’comprends pourquoi, ils sont délicieux ! » Visiblement ravie, Mrs Jones rosit de satisfaction en finissant de remplir l’assiette qu’elle dépose devant son mari. « Oh, il fallait le voir quand il les sentait cuire depuis le jardin… Tu te souviens comme tu te hissais à ma fenêtre pour m’épier ? » Ses yeux se font malicieux alors qu’elle cherche l’enfant qu’elle a connu au fond de ses iris bleus. « Alors ça, j’ai aucun mal à l’imaginer. » Réplique Aisling en chipant un autre biscuit. « Il m’a fait pareil à Noël pour me piquer des toasties... même si, forcément, il a pas mal grandi depuis. » Un sourire complice au coin des lèvres, elle presse tendrement sa main sous la table.

Ils ont à peine le temps de se perdre dans le regard de l’autre que Mrs Jones laisse échapper un long soupir. « C’est vrai que tu as grandi, mais je me souviendrai toujours de toi tout petit. » Ses longs doigts froissés parcourent les rebords du livre qu’elle a apporté et Aisling manque de s’étouffer sur sa bouchée en comprenant qu’il pourrait bien s'agir de l'album photo qui viendra enfin nourrir sa curiosité. D’une petite main décidée, Amelia tourne les pages remplies de clichés colorés, portraits de famille et sourires d’enfants anonymes qu’elle fait défiler jusqu’à ce qu’elle trouve finalement ce qu’elle cherchait. « Ah ! Je me disais bien que c’était dans celui-là… regarde ma chérie, il n’était pas à croquer ? » Le cœur battant la chamade, Aisling frotte ses paumes sur ses cuisses pour en retirer les miettes de biscuits et tend les mains pour recevoir l’ouvrage qu’elle fait glisser dans sa direction. Un instant, elle hésite à se tourner vers Sid pour lui demander la permission de plonger ainsi dans son passé, mais sa réserve s’efface à l’instant où ses yeux accrochent la minuscule silhouette aux cheveux blond-roux qui apparaît sur la page lustrée. « Oh mon Sid, mais t’étais adorable ! » Elle gazouille en reconnaissant aussitôt les grands yeux pâles, les lèvres étirées comme au milieu d’un éclat de rire et les bras délicatement enroulés autour d’une petite prune renfrognée et ébouriffée, enveloppée dans un genre cocon. « Attends… me dis pas que c’est Caroline ? » Le regard amusé de son copain confirme aisément ses doutes et elle ne peut retenir un ricanement réjoui. « Tu crois qu’on devrait la prendre en photo et lui envoyer ? » Chafouine, elle est prête à plonger dans son sac pour s’emparer de son portable quand l’éclat d’incertitude qui s’allume dans les yeux de Sid la retient. Ou peut-être pas… « Oh, tu devrais les voir le soir d’Halloween, ils étaient toujours si bien déguisés ! » Intervient Amelia en tendant la main pour tourner quelques pages et Aisling doit faire un effort conscient pour se retenir de garder jalousement l’ouvrage. Ses doigts se glissent entre ceux de son copain alors qu’elle fixe les images qui se succèdent trop vite pour tenter de s’imprégner des souvenirs qu’elles pourraient lui dévoiler. Un mini Sid allongé dans l’herbe avec un grand chat gris étendu à ses côtés, ou bien soufflant des bulles de savon qu’une Caroline hilare et à l’air franchement plus humain tente d’attraper. Quelques barbecues entre voisins enfin, et sa petite tête endormie sur l’épaule d’une jeune femme à la longue chevelure d’un blond-roux douloureusement familier. « Tiens, celle-ci date de 1999. Ils venaient toujours sonner chez nous en premier pour remplir un peu leurs paniers avant de s’aventurer dans le quartier ! » Vibrante de curiosité, Aisling reprend l’album et laisse échapper un couinement attendri en découvrant le déguisement dont il était affublé. « Oooh, mon mini Batman Vampire ! » Debout sur le perron des Jones, il semble flotter dans son costume trop grand, ce qui ne l’empêche pas de se cambrer de fierté, ses poings gantés dramatiquement serrés et une moue concentrée laissant entrevoir de longues canines ensanglantées. « C’est génial, c’était ton idée ? » Impressionnée par la créativité sans concessions dont il faisait déjà preuve à l’époque, elle presse tendrement son bras et se redresse pour déposer un baiser sur le tatouage ornant son cou à l’image de son personnage de fiction préféré. « Bon puis Caroline on la reconnaît bien, elle a pas trop changé. » Elle plaisante en découvrant la petite terreur emmaillotée dans des bandelettes comme sur la première photo mais pour ressembler à une momie cette fois-ci. « Oh elle avait tant de caractère, toujours prête pour une aventure et toujours fourrée avec son frère ! » Commente Amelia en secouant la tête avec indulgence, comme si l’énergie peu ordinaire de la cadette des Bauer continuait encore à la subjuguer aujourd’hui. « Ben… ça non plus ça n’a pas vraiment changé. »

La réflexion semble la satisfaire et l’encourage à replonger dans des souvenirs moins éloignés. « C’est dommage, j’ai moins de photos de Sid quand il était adolescent. » Elle lui confie en feuilletant le deuxième album, grommelant affectueusement qu’esquiver la caméra doit être un sport à cet âge comme ses nièces et neveux n’y ont pas coupé non plus. Les lèvres pincées, Aisling esquisse un sourire poli et se retient de préciser que Sid le pratique toujours assidument, douloureusement consciente que ce n’est pas l’entière vérité. Car elle sait à quel point il souffrait de devoir feindre le bonheur qu’on lui demandait d’afficher le temps d’un cliché. Un peu en retrait depuis la fin de la visite, il semble d’ailleurs encore plus réservé maintenant que les portraits qui s’impriment au fil des pages se font plus austères à mesure que l’innocence de l’enfance leur est progressivement retirée. Sensible à son malaise, Aisling place une main sur sa cuisse, la caresse affectueusement et relève le bout de son nez pour lui offrir un sourire plein de tendresse et lui rappeler que quelle que soit souffrance contenue dans ses souvenirs, il y a assez d’amour dans son cœur pour tous les recueillir. « Mais bon, j’ai quand même réussi à le capturer pendant qu’il peignait la fresque sur notre abri de jardin. » Avec un petit soupir nostalgique, Amelia remet cérémonieusement l’album devant eux et Aisling sent son cœur se serrer en découvrant l’adolescent si semblable au jeune homme qu’elle connaît, les traits encore adoucis par ses jeunes années. Non mais c’est sûr que j’aurais été complètement dingue de toi si j’t’avais connu au lycée… Car elle aurait été bien incapable de résister à son look emo à souhait, avec ses mèches sombres retombant devant son regard bleu glacier, les ongles peints de noir et les poignets couverts de bracelets, le hoodie gris rayé découvrant ses avant-bras délicats, encore dénués de tatouages mais recouverts de la peinture qu’il applique consciencieusement sur son canevas improvisé. « Tu sais c’que je t’ai dit tout à l’heure quand on était là-bas ? Ben c’est confirmé. » Elle lui souffle en langage codé, inquiète à l’idée que la rougeur brûlant ses joues ne trahisse le fond de sa pensée. « Oh, il était talentueux, n’est-ce pas ? » Se méprend Amelia, heureusement trop concentrée sur les souvenirs qu’elle aime tant partager pour saisir la teneur véritable de ses insinuations. « A l’époque, il passait son temps à griffonner dans son carnet ! Je dois en avoir une ou deux photos d’ailleurs… Tu dessines toujours, mon chéri ? » Elle lui demande en repoussant ses biscuits yo-yo vers eux pour les encourager à en piocher. « Oh ça oui, il en a même fait son métier ! » Trop soulagée par ce changement inespéré de sujet pour lui laisser une chance de s’exprimer, Aisling se redresse d’un bond. « Sid est tatoueur, il est vraiment super doué : c’est lui qui a fait quasiment tous mes tatouages, regardez ! » Elle explique en se contorsionnant pour lui montrer ses mollets, où les images colorées d’Halloween et de sa licorne sont fièrement encrées.  






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Thunder in the blue skies, lightning in the daylight, storm clouds in our eyes. Tidal waves in my heart, earthquakes in the still dark, eclipses in the night.
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